Eglise Saint Martin de Broons sur Vilaine

Avant la restauration de l’église

Eglise Saint Martin de Broons/Vilaine avant la restauration

UN RECTEUR BATISSEUR

A son arrivée à Broons, en 1825, M. Julien-Marie DANIEL, le nouveau recteur, trouva la paroisse sous-équipée matériellement : il n’y avait point de sacristie.

Homme d’action et de décision, il se mit immédiatement au travail ; il en donna le plan, dirigea les travaux et paya les ouvriers.

Les charrois furent faits par les habitants.

A la prière de M. DANIEL, M. l’abbé SALMON de l’AUBOURGÈRE, chanoine honoraire et Supérieur du Grand-Séminaire de Rennes, délégué par l’évêque Mgr de LESQUEN, fit la bénédiction de la sacristie le 15 septembre 1827, en présence de douze ecclésiastiques et d’un grand nombre de fidèles.

Le même jour, à vêpres, eut lieu la cérémonie de l’inhumation des ossements qu’on avait trouvés en creusant les fondements de la sacristie.

Démolition du vieux clocher et construction de la tour de l’église.

M. DANIEL était lancé ; il ne devait plus s’arrêter.

Il fit enlever un vieux clocher, au milieu de l’église, soutenu par quatre poteaux, qui masquaient tout le haut de l’église.

A la place, il fit bâtir la tour du bas de l’église, contre le gré des paroissiens qui croyaient l’ouvrage impossible et peu utile.

Piqué au vif, le recteur se chargea de tout ; il demanda seulement aux paroissiens de faire les charrois et aux propriétaires de la commune de fournir le bois nécessaire.

Alors, M. DANIEL, qui se sentait une âme d’architecte, donna le plan, surveilla les travaux et paya les ouvriers.

Mgr de LESQUEN, évêque de Rennes, bénit la première pierre le 5 novembre 1827 ; il célébra la Sainte Messe, prêcha et donna la Confirmation à 110 personnes ! Sans doute, à la suite des troubles de la Révolution, il y avait beaucoup de confirmations en retard.

Le 8 août de l’année suivante, car les travaux n’avaient pas traîné, Mgr de LESQUEN revint à Broons pour bénir la tour : il célébra encore la Sainte Messe, prêcha et donna le sacrement de Confirmation à 25 personnes.

La vie religieuse de la paroisse redevenait plus normale.

Construction du Presbytère

Le recteur habitait une maison, qu’on appelle toujours le « (Vieux-)Presbytère », éloignée de l’église et, de plus, fort délabrée. Il acheta un terrain dans le bourg et demanda à M. l’abbé RUAUT, supérieur du Petit-Sémiflaire de Vitré, délégué par l’Evêque, de bénir la première pierre.

La cérémonie eut lieu le 12 mai 1831, en présence d’un grand nombre de prêtres » et d’un concours immense de fidèles, accourus de toutes les paroisses voisines.

M. DANIEL s’était donc donné un répit de trois années avant d’entreprendre la construction du nouveau presbytère. Comme de coutume, il établit le plan, dirigea les travaux, acheta et paya tous les matériaux nécessaires. Il paya aussi tous les charrois.

Il faut dire qu’à cette époque la route actuelle de La Bouêxière n’existait pas. En partant de Châteaubourg, après le « Chesnot », il y avait un mauvais chemin qui passait derrière la ferme de la Baluère (faisant partie alors du château, car la nouvelle route a emprunté sur un kilomètre l’avenue du château, bordée de grands arbres, et a coupé en deux la propriété).

Ce chemin débouchait tout près de l’ancien presbytère, traversait le bourg, passait par les villages de la Croix, de la Piélière et de la Graffardière avant de rejoindre la forêt.

Ceux qui, comme moi, ont connu — il y a 25 ans — l’état épouvantable de ce chemin de la Graffardière peuvent se faire une idée des difficultés qu’éprouvaient les charretiers de 1830 pour aller chercher la pierre à bâtir dans les carrières de La Bouèxière.

Donc, M. DANIEL paya tous les charrois et tous les ouvriers. En un mot, est-il écrit dans le LIVRE de PAROISSE, le presbytère nouveau est la propriété du dit M. DANIEL, recteur. Il est vrai qu’il possédait une certaine fortune personnelle.

Mgr de LESQUEN (décidément, il devait bien connaître la paroisse, car il était souvent revenu) vint bénir solennellement le nouveau presbytère, le 11 juin 1833. »

Sa Grandeur dit la Sainte Messe solennellement, prêcha, confirma ce jour-là 66 personnes. Monseigneur coucha au presbytère, dans une chambre où personne n’avait encore couché.

Elle avait été préparée exprès pour Monseigneur l’Evêque. C’est pour cela qu’on appelle cette chambre la chambre de l’Evêque ».

Les prédicateurs que je reçois au presbytère ne se doutent pas qu’ils couchent dans la chambre de l’Evêque » ! Joseph JOUZEL.

Bénédiction de 2 cloches

. Deux ans après la construction du presbytère, M. DANIEL, recteur qui n’était pas resté inactif, s’employa à équiper en cloches la tour de l’église qu’il avait élevée en 1828.

Tout d’abord, il plaça une petite cloche dans la lanterne de la tour, celle qui sert actuellement pour la sonnerie des heures de l’horloge. Mgr de LESQUEN, évêque de Rennes, délégua M. le Chanoine SALMON de l’AUBOURGÊRE, supérieur du Grand Séminaire, pour la bénédiction.

M. le Chanoine GARNIER, professeur d’Ecriture Sainte au Grand Séminaire, « fit une instruction très distinguée et qui fit beaucoup d’impression. La cérémonie eut lieu le lundi des Quarante – Heures, en présence de 28 prêtres et d’une multitude de fidèles de toutes les paroisses voisines.

Cette cloche se nomme : Marie-Louise Julienne Catherine.

Le parrain fut M. DANIEL, recteur, et la marraine fut Catherine COUDRAY, femme de René VEILLARD, maire de Broons. »

L’année suivante, le 12 octobre 1836, les mêmes délégués de l’évêque revinrent pour la bénédiction de la grosse cloche.

Et, nous dit encore le Livre de Paroisse, « M. le Chanoine GARNIER fit une instruction très distinguée.

Cette cloche fut nommée : Rose Hippolyte Reine Marie .

Le parrain était M. du BOT, propriétaire de la Riaudais. La marraine était Mme CORBINEAU, propriétaire du château de la Balluère.

La bénédiction eut lieu en présence d’un grand nombre de prêtres et de fidèles ».

Reconstruction de l’église

. Je ne résiste pas au plaisir de transcrire intégralement ce passage du Livre de Paroisse concernant la reconstruction de l’église.

L’an 1843, M. DANIEL proposa aux paroissiens de reconstruire l’église, qui était beaucoup trop petite, car ce n’était qu’une petite nef élevée seulement de « onze pieds de maçonnaille.

Les paroissiens s’y opposèrent, croyant que la chose était tout à fait impossible et qu’il eut fallu ruiner la paroisse. De là s’en suivit une opposition formelle de toute la paroisse.

M. DANIEL, sans faire attention aux opposants (ce fut la même tactique que pour la construction de la tour), fit abattre l’église le 23 avril 1843.

Il avait fait auparavant réunir beaucoup de pierres et de bois qu’il avait achetés. M. DANIEL, à son habitude, n’avait point pris d’architecte ni consulté l’autorité supérieure civile ; il s’était chargé de tout, à ses frais et dépens. Le dimanche 28 août 1843, M. DALIGNY, sous-préfet de l’arrondissement de Vitré,accompagné du Procureur du Roi et de l’agent-voyer de l’arrondissement, se présentèrent au moment où l’on allait célébrer l’office divin et signifièrent à M. le Recteur l’ordre de cesser les travaux de l’église, jusqu’à ce que les formalités voulues par la loi n’eussent été remplies.

Un architecte, nommé M. DROYAUX, de Vitré, fut envoyé par l’autorité civile du département d’Ille-et-Vilaine.

M. DANIEL, sans se déconcerter, fit presser les travaux qui étaient déjà bien avancés. Il allait tantôt à la Préfecture et tantôt à la Sous-Préfecture, et toujours cherchait à gagner du temps.

Pendant tous ces pourparlers, l’ouvrage avançait. Enfin, la charpente fut montée ; et, au moment de couvrir, on somma encore M. le Recteur de cesser les travaux.

M. DANIEL fut trouver le Préfet du Département et lui dit que les travaux étaient très avancés, prêts à recevoir la couverture. Et, gagnant toujours du temps, la couverture fut placée promptement.

M. le Recteur paya un peu cher les ouvriers, mais aussi ils travaillaient presque jour et nuit.

Le 15 juin 1844, le même M. DALIGNY, sous-préfet, revint à Broons. Il trouva les travaux extérieurs terminés ; il trouva aussi l’ouvrage très bien fait, loua beaucoup M. le Recteur sur son zèle et son courage.

Enfin, l’église fut construite par les soins et avec l’argent de M. DANIEL, recteur de Broons. Il en fut l’architecte, et tous les ouvriers furent employés et payés par le dit M. DANIEL.

Les travaux durèrent trois ans ; et, pendant tout ce temps, il eut presque continuellement des ouvriers. M. DANIEL ne demanda rien à la paroisse. Ceux qui voulurent faire des charrois ou des journées se présentèrent d’eux-mêmes : le nombre n’en fut pas très grand …

Ajoutons, pour terminer, que l’ancienne école privée, spoliée en juillet 1907, fut également léguée à la paroisse par M. DANIEL.

Quand je passe auprès de son tombeau accolé à l’église, du côté du midi, il m’arrive de lire l’inscription à demi effacée et j’ai alors une pensée pour mon lointain prédécesseur, auquel la paroisse actuelle doit son visage et son âme.

Ses successeurs n’auront plus qu’à meubler et entretenir tous ces bâtiments. Ce n’est déjà pas si simple quand on songe que la population est tombée de 800 à 350 habitants. Joseph JOUZEL, Recteur de BROONS-sur-VILAINE.

Après la restauration de l’église

Broons2

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