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L’Avent est le temps de l’espérance

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de rennes, Dol et Saint-Malo

Spontanément, pour vous tous, me vient ce mot : « Bon Avent ! » Comme si, en ce temps d’hiver, je vous disais du fond du coeur : « Tenez bon dans l’espérance ! »

Tenez bon, non pas avec la force du poignet dans une sorte de force imbécile qui ignorerait l’hiver, c’est-à-dire les difficultés.

Non, mais plutôt la force sereine qui, dans la lucidité les reconnaît de façon claire. Oui, tenez bon dans l’espérance, celle que Dieu verse dans les coeurs, celle qu’Il nous donne.

L’Avent est le temps de l’espérance, ce moment de nos vies où, dans la nuit, nous voyons la lumière.

D’ailleurs, celle-ci ne brille jamais mieux que dans la nuit. Il ne s’agit pas d’une espérance qui attend que la nuit passe en espérant sans cesse le printemps, c’est-à-dire les lendemains meilleurs.

Le don que Dieu nous fait est plutôt cette espérance qui nous met debout au creux même de la nuit. Dans nos pays, l’Avent est au mois de décembre, le mois où la nuit est la plus longue. Il est un temps liturgique qui est significatif de notre vie : l’espérance est notre force et notre lumière.

Charles Péguy, ce poète français décédé trop tôt en 1914, s’est fait le héraut de l’espérance. Connaissez-vous cette page* où il fait parler Dieu ? Lisez-la ou plutôt, méditez-la :

« L’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne. Moi-même. Ça c’est étonnant.Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux. Qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin. Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce. Et j’en suis étonné moi-même. Et il faut que ma grâce soit en effet d’une force incroyable. Et qu’elle coule d’une source et comme un fleuve inépuisable.

(…) Quelle ne faut-il pas que soit ma grâce et la force de ma grâce pour que cette petite espérance,
vacillante au souffle du péché,
tremblante à tous les vents,
anxieuse au moindre souffle,
soit aussi invariable,
se tienne aussi fidèle,
aussi droite, aussi pure ;
et invincible, et immortelle,
et impossible à éteindre ;
que cette petite flamme du sanctuaire.
Qui brûle éternellement dans la lampe fidèle.

Une flamme tremblotante a traversé l’épaisseur des mondes. Une flamme vacillante a traversé l’épaisseur des temps. Une flamme anxieuse a traversé l’épaisseur des nuits. Depuis cette première fois que ma grâce a coulé pour la création du monde. Depuis toujours que ma grâce coule pour la conservation du monde. Depuis cette fois que le sang de mon fils a coulé pour le salut du monde. Une flamme impossible à atteindre, impossible à éteindre au souffle de la mort.

Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.

Et je n’en reviens pas. Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. Cette petite fille espérance. Immortelle. »

Oui, l’espérance que Dieu donne est la boussole qui oriente le monde. Soyons-en les témoins en ce mois de décembre où tant d’hommes et de femmes, de vieillards et de jeunes, cherchent dans la nuit la lumière de l’espérance.


* Le porche de la deuxième vertu, la Pléiade 1975 pages 534-535.

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Novembre 2009

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