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article publié dans Eglise en Ille et Vilaine n° 192 du 31 janvier 2011

La liberté, un bien précieux

La liberté est toujours fondamentale. Avec l’unité, elle est un bien précieux. Les évènements de Tunisie nous rappellent encore une fois qu’on ne la blesse pas impunément. Elle est constitutive de la personne humaine.

Elle est son apanage. Elle caractérise sa dignité. Elle est au cœur de la foi chrétienne puisque « le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres » (Galates 5, 1), et que nous vivions dans « la liberté des enfants de Dieu » (Romains 8, 21).

Chaque période de la vie a ses expressions de la liberté. L’adolescent a les siennes et le vieillard aussi. Elles suscitent parfois des incompréhensions entre les générations, mais aussi entre les cultures. L’éducateur véritable sait comment se manifeste la liberté d’un enfant, d’une personne handicapée ou d’un immigré. Souvent, nous confondons les manifestations de la liberté avec la liberté elle-même.

Qu’est-ce donc que la liberté ? Non pas seulement un choix entre deux voies ou entre deux choses. Ni le caprice qui se croit libre en faisant ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut. Comment être sûrs de ne pas être esclaves de nos désirs, de la mode, du regard des autres, de l’opinion, etc. ?

L’Église enseigne une belle définition de la liberté : « C’est toujours librement que l’homme se tourne vers le bien » (1). Elle continue : « Cette liberté, nos contemporains l’estiment grandement et la poursuivent avec ardeur… La vraie liberté est dans l’homme un signe privilégié de l’image divine. Car Dieu a voulu le laisser à son propre « conseil » (Siracide 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérent librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude. »

Est donc vraiment libre celui qui, par lui-même, choisit le bien, uniquement parce que c’est un bien pour lui et pour les autres, sans recevoir des influences de ses peurs ou de ses caprices. Certes, il est nécessaire de demander et de recevoir des conseils. Mais ceux-ci ne contraignent pas, ils aident à choisir librement le bien. Le « Bon Maître » qu’est l’éducateur sait combien il est beau de voir un jeune réfléchir, trouver quel est son bien, et s’y lancer avec joie.

À la source de la liberté, il y a la liberté religieuse qui concerne le domaine le plus intime et le plus grand de la personne. Elle relie la conscience la plus personnelle à Dieu lui-même. Elle est le droit le plus fondamental. Quand celui-ci est respecté, la liberté religieuse est source de paix et explique la conversion comme un acte de liberté.

Dans ses vœux, Benoît XVI a évoqué la liberté religieuse devant les 178 Ambassadeurs auprès du Saint-Siège. Il reprenait ce qu’il a écrit dans son Message pour la paix du 1er janvier 2011 : « L’ouverture à la vérité et au bien, l’ouverture à Dieu, qui est enraciné dans la nature humaine, confère une pleine dignité à chaque personne et elle est garante d’une respect mutuel et plénier entre les personnes. C’est pourquoi la liberté religieuse peut être comprise non seulement comme une absence de la coercition, mais d’abord comme une capacité d’ordonner ses choix selon la vérité » (n° 3). Et « la vérité, enseigne l’Église Catholique, ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. »(2)

(1) Vatican II, Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps, n° 17.
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(2) Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse, n° 1, citée par le Message du 1er janvier 2011.
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Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Février 2011

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