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article paru dans Eglise en ille et Vilaine n° 219 du 30 avril 2012

Les Filles de la Sagesse quittent Rennes

Propos recueillis par Marie-Christine Train

Soeurs Marie-Louise Le Goc, Philomène Mandin, et Michèle Peltier, de la congrégation des Filles de la Sagesse, quittent la Maison diocésaine de Rennes où elles résidaient depuis 2004. Ce départ, le 15 mai prochain, marque le terme de 288 ans de présence de la congrégation à Rennes. Pour les sœurs, c’est une nouvelle étape dans la vie religieuse qui s’ouvre, « un temps pour être et non plus pour faire » dont elles parlent avec sérénité.

Les Filles de la Sagesse sont présentes à Rennes depuis 1724, pouvez-vous présenter la congrégation et sa spiritualité ?

La congrégation a été fondée en 1703, à Poitiers, par saint Louis-Marie Grignon de Montfort et la Bienheureuse Marie-Louise Trichet.

Après des débuts difficiles à Poitiers (Hôpital Général) et La Rochelle (enseignement pour les enfants pauvres), Louis- Marie Grignon dit à Marie-Louise : « il y a une maison à Rennes où vous irez ». C’est ainsi que fut fondée « À la Maison du Verger » à Rennes, (rue de Brest), en 1724, la première communauté après la fondation de la congrégation ! Ensuite, elle s’est développée en France et à l’étranger.

Le charisme de la congrégation est une manière particulière de vivre l’Évangile à la lumière de cette phrase clé de saint Louis-Marie : « Ceux que le monde délaisse, doivent vous toucher le plus ». Au départ, il est donc orienté vers les pauvres, les malades et l’enseignement, puis il y a eu diversification. L’appellation de « Filles de la Sagesse », illustre parfaitement la spiritualité du fondateur qui s’enracine dans la contemplation de la Sagesse : la seconde personne de la Sainte Trinité qui s’est incarnée en Jésus-Christ par Marie. Les Filles de la Sagesse cherchent donc à mettre leurs pas dans ceux du Christ qui a révélé l’Amour fou de Dieu pour l’humanité blessée.

Quelles étaient vos missions à la Maison diocésaine depuis 2004 ?

Au long de ces années, ce fut prioritairement une mission de « présence et de prière. »

Quels sont vos prochains lieux de résidence ?

Soeur Michèle : à Poitiers. Soeur Philomène : à la Flotte-en-Ré. Soeur Marie-Louise : à la Châtaigneraie, près de Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Vous allez être séparées, comment appréhendez-vous cette nouvelle vie ?

« Je me dis que Dieu me demande cela et certainement il me donnera sa grâce. C’est vrai que cela me coûte de nous séparer car nous étions très fraternellement unies ».

« Sereinement, avec confiance… vers une nouvelle étape ».

« Le fait d’avoir fait des voeux dans une congrégation où il y a la mobilité et la disponibilité, cela nous prépare aux départs et aux séparations. »

Les Filles de la Sagesse éprouvent quelque nostalgie et tristesse de quitter Rennes, lieu où la fondatrice, la Bienheureuse Marie-Louise de Jésus, est venue en personne ouvrir la 1re communauté. Dans des situations très diverses d’enseignement, de soins aux malades (clinique de la Sagesse)…d’aumônerie et diverses autres missions, les Filles de la Sagesse ont été présentes à Rennes jusqu’à maintenant. Elles partent… Un jour peut-être, d’autres prendront le relais. Dieu seul le sait !

Propos recueillis par Marie-Christine Train

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Célébration d’au revoir aux sœurs de Rennes
24 avril 2012

C’est au nom de Sr Madeleine Cadour, Provinciale des Filles de la Sagesse de France, et de son Conseil, que je suis là aujourd’hui – accompagnant Sr Marie-Louise, Sr Philomène et Sr Michèle – au moment de leur au revoir.

Tout d’abord, je veux exprimer ma reconnaissance à Mgr d’Ornellas qui, malgré un emploi du temps certainement très chargé, a présidé cette célébration, à Mgr Souchu, au Père Franck Téhel, à tous les amis présents, de plus au moins longue date ; un merci très particulier aux Ami-e-s de la Sagesse qui cheminent depuis plusieurs années avec les sœurs pour découvrir et vivre de notre spiritualité.

C’est en 1724 que Sr Marie-Louise de Jésus, notre fondatrice, a ouvert elle-même, dans des conditions difficiles, une petite école à Rennes avec quelques Filles de la Sagesse. Progressivement, cette présence s’est élargie à un orphelinat, à l’accueil de pensionnaires, à une garderie, un patronage, un cours ménager, à la prise en charge des malades avec la clinique de la Sagesse de 1910 à 1982. Ce qui est frappant, c’est l’attention constante des sœurs aux besoins qui surgissaient, selon les époques, pour tenter d’y répondre, et leur courage pour y faire face. Elles ont subi et traversé les épreuves de la Révolution française, celles de l’interdiction d’enseigner, et des deux guerres de 1918 et 1940.

Dans quelques jours, une page d’histoire de notre Congrégation va se tourner à Rennes. Pour les responsables, il est toujours difficile d’envisager la fermeture d’une communauté, mais, chez les Filles de la Sagesse comme dans bon, nombre de Congrégations, le vieillissement se fait fortement sentir et il n’y a pas suffisamment de relève pour nous permettre d’assurer le renouvellement et le maintien de toutes nos Communautés.

Nous le savons, quitter un lieu connu, aimé, où bien des relations se sont nouées : depuis 30 ans pour Sr Marie-Louise, 18 pour Sr Micheline et 12 pour Sr Philomène, cela représente une rupture difficile, douloureuse, c’est un chemin « pascal »… Pour elles, ce chemin fait écho un peu au passage vécu par notre fondatrice Marie-Louise de Jésus lorsqu’elle a dû quitter Poitiers pour La Rochelle. Mais je sais aussi personnellement, pour avoir dialogué avec elles, qu’elles le vivent avec beaucoup de courage, dans la foi, la disponibilité et je les en remercie vivement.

Si partir est un grand investissement personnel et communautaire, l’arrivée dans une nouvelle communauté, avec d’autres sœurs, est aussi un autre investissement important. Chacune à sa manière s’y prépare depuis plusieurs mois. Ensemble, elles ont essayé de se laisser transformer par l’Amour de la Sagesse, de se laisser guider par l’Esprit, témoignant de leur vie fraternelle et de leur joie, attentives à toutes les personnes rencontrées.

Sr Philomène , tu es envoyée à la Flotte en Ré, lieu que tu connais déjà.

Sr Marie-Louise , tu es envoyée dans la communauté de La Chataigneraie, en Vendée, pas très loin de St Laurent sur Sèvre.

Sr Michèle , tu es envoyée dans une de nos communautés de Poitiers, ville chère à notre fondatrice.

Même si vous êtes envoyées dans des lieux différents, mais plus adaptés à votre âge et à votre santé, vous continuerez à vous entraider par la prière ; les liens tissés entre vous et avec vous tous et toutes ne pourront s’effacer et s’exprimeront autrement.

Soyez certaines du soutien et de la prière des sœurs de la Providence de France.

Allez, avec la force du « oui » de Marie, sur vos nouveaux chemins de vie.

Vous avez eu à cœur de transmettre notre spiritualité, de transmettre ce qui vous faisait vivre et je suis sûre que les Ami-e-s de la Sagesse sauront à leur tour vivre de l’esprit de Montfort et de Marie-Louise et en témoigner dans leur quotidien.

Au cours de cette Eucharistie, nous avons rendu grâce au Seigneur pour ce qu’Il a permis de faire germer au long de ces 288 années de présence des Filles de la Sagesse à Rennes. Le Seigneur appelle toujours à Le suivre, que des hommes et des femmes se lèvent encore aujourd’hui et osent répondre à une vocation particulière dans la vie religieuse ou sacerdotale, afin que l’Evangile continue d’être annoncé au plus près de la vie du monde.

A vous tous et toutes, je redis notre gratitude pour votre présence aujourd’hui autour de nos Sœurs.

Sœur Thérèse, FDLS,
Conseillère provinciale

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Octobre 2012

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