Journée mondiale du migrant et du réfugié le 15 janvier 2017

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Le 15 janvier 2017, l’Église universelle célèbre la 103e Journée mondiale du migrant et du réfugié pour laquelle le Pape François a choisi comme thème de réflexion et de prière : « Mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».

On pourrait croire que cette Journée du migrant et du réfugié est liée à l’actualité mondiale de ces dernières années… et c’est en fait la plus ancienne de nos journées mondiales proposées aux catholiques ! Elle date en effet de… 1914. On pourrait se dire que le sujet est bien trop complexe et dangereux pour que nous, simples croyants, soyons concernés. Et pourquoi ce phénomène de société justifierait une journée pour prier ?

La mobilité humaine n’est pas un phénomène nouveau et l’Église manifeste depuis longtemps un grand intérêt pour les migrants, se préoccupant de leur sort, au travers notamment d’un accompagnement pastoral adapté.

Le phénomène migratoire est indéniablement une réalité complexe, difficile à gérer, mais nous aurions tort d’oublier que celui-ci, avec la grâce de Dieu, est l’Avent « d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre », où nous nous découvrirons frères les uns des autres, enfants d’un même Père.

> Voir le site du Service National de la Pastorale des Migrants et des Personnes Itinérantes

Un thème : les enfants

Pour 2017, le Pape François propose de se pencher sur le sort des mineurs, pauvres parmi les pauvres.

« En attirant notre regard sur les plus jeunes, enfants et adolescents, le Pape nous invite à être attentifs à ceux qui sont une promesse d’avenir, aussi bien pour leurs parents – lorsque ceux-ci les accompagnent – que pour notre société dans laquelle nombreux sont ceux qui grandiront et feront leur vie. » explique Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes et nouvel évêque référent auprès de la Pastorale des migrants pour la Conférence des évêques de France.

Temps consacré à la prière, cette journée nous pousse aussi à la réflexion puis à l’action :  « Le Saint-Père nous invite à nous engager plus fortement pour la protection de l’enfance, pour l’éducation des jeunes, pour la transmission de nos valeurs afin qu’ils soient intégrés dans notre pays et ne demeurent pas des étrangers. » Mgr Coulomb précise : « Grâce à ses institutions éducatives, à ses associations, notre Église a, sur ce point, beaucoup à partager et à leur apporter. » Il ajoute, citant Sainte Teresa de Calcutta : « l’heure n’est pas à la polémique, elle est à la charité ».

Le message du pape François

Migrants mineurs, vulnérables et sans voix

> Lire le Message du pape François pour la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 2017 (15 janvier 2017)
> Voir notre dossier « Migrants et réfugiés »

Approfondir votre lecture

  • Chers frères et sœurs,

    « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé » (Mc 9, 37 ; cf. Mt 18, 5 ; Lc 9, 48 ; Jn 13, 20). Par ces mots, les Évangélistes rappellent à la communauté chrétienne un enseignement de Jésus qui est enthousiasmant et, à la fois, exigeant. Ces paroles, en effet, tracent la voie sûre qui conduit à Dieu, en partant des plus petits et en passant par le Sauveur, dans la dynamique de l’accueil. L’accueil même, donc, est une condition nécessaire pour que se concrétise cet itinéraire : Dieu s’est fait l’un de nous, en Jésus il s’est fait enfant et l’ouverture à Dieu dans la foi, qui alimente l’espérance, se décline dans la proximité affectueuse aux plus petits et aux plus faibles. Charité, foi  et espérance sont toutes impliquées dans les œuvres de miséricorde, soit spirituelles, soit corporelles, que nous avons redécouvertes durant le récent Jubilé Extraordinaire.

    Mais les Évangélistes s’arrêtent aussi sur la responsabilité de celui qui va à l’encontre de la miséricorde : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu’il soit englouti en pleine mer » (Mt 18, 6 ; cf. Mc 9, 42 ; Lc 17, 2). Comment ne pas penser à ce sévère avertissement en considérant l’exploitation perpétrée par des gens sans scrupules aux dépens de nombreux enfants contraints à la prostitution ou pris dans le circuit de la pornographie, asservis dans le travail des mineurs ou enrôlés comme soldats, impliqués dans des trafics de drogue et dans d’autres formes de délinquance, forcés à la fuite par des conflits et par les persécutions, avec le risque de se retrouver seuls et abandonnés ?

    C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, je tiens à attirer l’attention sur la réalité des migrants mineurs, en particulier ceux qui sont seuls, en demandant à chacun de prendre soin des enfants qui sont trois fois sans défense, parce que mineurs, parce qu’étrangers et parce que sans défense, quand, pour diverses raisons, ils sont forcés à vivre loin de leur terre d’origine et séparés de l’affection de leurs proches.

    Les migrations, aujourd’hui, ne sont pas un phénomène limité à certaines régions de la planète, mais touchent tous les continents et prennent toujours plus les dimensions d’une question mondiale dramatique. Il ne s’agit pas uniquement de personnes à la recherche d’un travail digne ou de meilleures conditions de vie, mais aussi d’hommes et de femmes, de personnes âgées et d’enfants qui sont contraints d’abandonner leurs maisons avec l’espérance de se sauver et de trouver ailleurs paix et sécurité. Ce sont les mineurs qui paient en premier lieu le prix élevé de l’immigration, provoquée presque toujours par la violence, la misère et par les conditions environnementales, facteurs auxquels s’ajoute également la globalisation dans ses aspects négatifs. La course effrénée vers des gains rapides et faciles comporte aussi le développement d’aberrants fléaux tels que le trafic d’enfants, l’exploitation et l’abus de mineurs et, en général, la privation des droits inhérents à l’enfance entérinés par la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant.

    L’âge de l’enfance, par sa délicatesse particulière, a des exigences uniques et inaliénables. Avant tout le droit à un environnement familial sain et protégé pour pouvoir grandir sous la conduite et avec l’exemple d’un papa et d’une maman ;  ensuite, le droit-devoir de recevoir une éducation adéquate, principalement en famille et aussi à l’école, où les enfants pourront grandir en tant que personnes et protagonistes de leur propre avenir et de celui de leur nation respective. De fait, dans de nombreuses régions du monde, lire, écrire et faire les calculs les plus élémentaires est encore un privilège réservé à peu de personnes. Tous les mineurs, ensuite, ont le droit de jouer et de se livrer à des activités récréatives, ils ont, en somme, le droit d’être des enfants.

    Parmi les migrants, par contre, les enfants constituent le groupe le plus vulnérable, parce que, alors qu’ils se lancent dans la vie, ils sont invisibles et sans voix : la précarité les prive de documents, en les cachant aux yeux du monde ; l’absence d’adultes pour les accompagner empêche que leur voix s’élève et se fasse entendre. Ainsi, les migrants mineurs échouent facilement aux plus bas niveaux de la dégradation humaine, où l’illégalité et la violence brûlent en une flambée l’avenir de trop d’innocents, tandis que le réseau de l’abus des mineurs est difficile à rompre.

    > Lire la suite du message du pape François

  • Gloria Ybokou : un parcours de migrante et un appel à la fraternité

    Émission du 15 décembre 2016