Homélie 13 août 2017

Jesus-Marche-Eau

19 ème dimanche ordinaire, a, 2017

L’évangile de ce jour met en lumière deux points importants concernant notre foi chrétienne : première chose … il nous faut connaître et reconnaître le Christ dans nos vies ; et deuxième chose… il nous faut faire confiance au Christ dans nos vies.

– Tout d’abord, connaître et reconnaître le Christ dans nos vies.

Les disciples qui se trouvent dans la barque prennent peur à la vue de Jésus marchant sur les eaux. C’est un fantôme, disent-ils. C’est vraiment étonnant comme réaction, pour eux qui cheminent avec lui depuis un bon moment, ils ne le reconnaissent pas. Comment peuvent-ils avoir peur de Jésus ? Ils ne le connaissent donc que si peu ? Une chose est certaine, leurs réactions nous montrent combien la foi ne nous est pas naturelle. Avoir la foi, ça s’apprend, ça se cultive. Connaître Jésus, ça s’apprend, ça se cultive. Il faut du temps. Et cela nous renvoie à tous ces chemins que nous avons parcourus pour connaître le Christ, pour nous mettre sur le chemin de la foi. Il nous a fallu l’éducation chrétienne en famille, il nous a fallu apprendre à prononcer le nom de Jésus sur les genoux de notre mère, apprendre à prier. Puis ça été la catéchèse, et tout ce que nous avons vécu ou que nous vivons comme approfondissement de notre foi : la fréquentation de la parole de Dieu, des sacrements, des lectures, des temps forts spirituels, des retraites… la participation à un mouvement. Bref, la liste peut être longue pour dire les moyens que nous prenons pour connaître le Christ et vivre de son message. Et on n’aura pas assez de toute notre vie pour connaître le Christ.

Ce sont aussi ces moyens que vous proposerez (qui seront proposés) à vos enfants et petits-enfants à la rentrée : les inscrire à la catéchèse, venir avec eux à l’éveil à la foi des 3-7 ans au cours de l’année, parler de Jésus en famille, prier en famille. Voilà une première chose que l’évangile d’aujourd’hui met en lumière : il faut prendre du temps et des moyens pour connaître le Christ, et c’est le travail de toute notre vie.

– Une deuxième chose que l’évangile met en lumière : la confiance dans le Christ. 

Avoir la foi, c’est placer notre confiance dans le Christ, au cœur-même de toutes les tempêtes de notre vie, dans tous ces moments noirs et difficiles qui peuvent surgir à tout instant dans notre vie, juste après des grands moments de bonheur. Faire confiance au Christ au cœur-même de nos pauvretés et de nos fragilités.

Au cœur de la tempête, Pierre pose un acte d’audace et de courage en demandant à Jésus : ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau… mais il oublie qu’il y a des tempêtes plus fortes que d’autres, et celle-ci en est une. Il a pris son courage à deux mains, mais son courage et son audace ne suffisent pas. Au contact des vagues et du vent, il prend peur, et il commence à s’enfoncer dans les flots déchainés. Alors ce qui va le sauver, c’est d’abord et avant tout un cri : Seigneur sauve-moi. C’est un véritable cri de confiance. Car cet appel à l’aide adressé au Seigneur est un aveu de faiblesse et de fragilité dans la tempête, mais il exprime surtout un aveu de confiance, une victoire de la confiance sur le doute, sur la peur. Le cri de Pierre dans la tempête ne dit pas seulement : Seigneur viens à mon secours, parce que je ne parviens pas à m’en tirer tout seul, il dit surtout : je crois Seigneur que mes difficultés, mes souffrances et même ma peur te touchent, que rien ne t’est indifférent de ce que je vis. Je crois que tu prends à cœur mes difficultés. Alors j’ose te les dire. J’ose croire que tu feras tout pour m’aider, même si les difficultés ne disparaitront pas.

Le prophète Elie, dans la première lecture, après un coup dur dans sa mission fuit sur la montagne de l’Horeb, découragé, parce que la reine Jézabel lui en veut. Alors il part sauver sa vie, sauver sa peau. Et il fait l’expérience que sa vie sera sauvée, mais par Dieu qui se révèlera à lui simplement dans le murmure d’une brise légère, alors qu’il le cherchait dans l’ouragan. Et nous, nous voudrions que Dieu intervienne dans nos vies avec un peu plus de fracas. Nous avons parfois la conception d’un Dieu de puissance, alors que Dieu est humble, discret.

Alors cette expérience de Pierre, et aussi d’Elie, nous montre que la foi n’est pas uniquement de notre côté, mais qu’elle est aussi et surtout du côté de Dieu. Lorsque nous doutons, lorsque nous nous enfonçons et que nous crions vers Dieu, Dieu nous saisit, Dieu ne cesse de nous tendre la main. Nous pouvons douter de lui, nous éloigner de lui, l’abandonner, Dieu lui ne nous lâche pas. La fidélité, la solidité de la relation n’est pas du côté de l’homme, elle est du côté de Dieu : il est le Dieu fidèle.

Frères et sœurs, quand nous sombrons dans la tempête, les difficultés de toutes sortes, quand la maladie nous atteint, quand nous nous enfonçons dans le mal et la mort, le Seigneur peut nous apparaître à nous aussi comme un fantôme. Mais dans la nuit, nous pouvons apercevoir aussi des formes de vie qui résistent au mal et à la mort, nous pouvons ressentir l’envie de marcher courageusement sur les forces du mal et de la mort… Mais surtout, que ce récit de la marche sur les eaux nous aide à faire un pas supplémentaire : qu’il nous aide à lancer vers Dieu le cri d’appel à l’aide de Simon-Pierre : « Seigneur sauve-moi ». C’est la plus simple et la plus courte des prières. « Seigneur sauve-moi »