« Mon frère est devenu prêtre », témoignage

Carole habite Rennes et nous a livré son témoignage dans le n°285 d’Eglise en Ille-et-Vilaine (avril 2017).

Père Aymeric

Père Aymeric

Mon frère m’appelle un jour en disant «je passerai bien vous voir». Il travaillait alors dans les Ressources Humaines (eh oui, déjà!) à Paris, et nous, nous étions installés à Rennes, avec mon mari.

J’avais un pressentiment. Je ne m’étais pas trompée: il nous a annoncé entrer au séminaire 3 mois après. Ce fut une surprise «émouvante» mais finalement «possible» dans notre famille puisque nos grands-parents puis nos parents ont su nous transmettre cette foi. Cette transmission et surtout l’exemple de leur foi dans leur vie quotidienne ont été un repère pour moi, mon frère et ma sœur.

Un frère prêtre : cela a-t-il changé quelque chose dans notre famille ?

Tout d’abord, c’est une grâce : quelle chance de savoir que son frère a répondu à l’Appel reçu. Une découverte aussi car cet appel datait de ses 12 ans, quand un séminariste était venu témoigner à un camp scout. Il avait préservé ce secret toutes ces années même si a posteriori quelques signes pouvaient être repérés : il n’était pas tout-à-fait comme les autres !

Puis quelques années d’inquiétudes pour nos parents. Pendant le temps du séminaire rien n’est «acquis» et ces années-là sont précieuses pour cela. C’est, je pense, pour des parents, la crainte de ne pas réussir à être à l’écoute tout en étant au second plan et se demander s’ils seront capables de bien réagir si leur fils quitte le séminaire. Les différentes étapes importantes jusqu’à l’Ordination Diaconale nous permettent d’évoluer aussi à ses côtés et «d’apprendre à vivre» avec un futur prêtre.

La journée d’Ordination est bien sûr un grand moment, presque surréaliste où mon frère va être ordonné prêtre. Cette messe est un moment incroyable de communion, de prière où l’on sent bien la présence de la communauté. Enfin, la joie de la 1ère Bénédiction sur notre famille puis la 1ère messe !

Petite anecdote: devenir prêtre lui a permis de réaliser un de ses rêves d’enfant, aller en Australie : «chose faite» grâce aux JMJ.

Tous ces moments, nous avons pu les vivre avec nos garçons. Nous en avons 4, âgés de 15 à 9 ans.

Avoir un oncle prêtre est pour eux un honneur, une grande fierté, un repère. Ils ont vite été rassurés : leur oncle continue à jouer au foot avec eux, à aller à la plage. Et maintenant qu’ils sont plus grands, il les guide dans leur choix de musique, de films, de livres, de jeux, s’adressent des SMS…

Avec ma sœur et moi, il s’est toujours préoccupé de nos difficultés de parents, de notre vie de famille. Il est en prise avec notre quotidien. Et ses conseils sont souvent bien vus!

Comme tout prêtre de nos jours, il est hyper sollicité, mais ses neveux savent pouvoir compter sur lui et nous, nous aimerions bien le voir un peu plus souvent. L’important, c’est que nous le savons épanoui dans sa vocation.