Parole de Mgr d’Ornellas : Que la joie vous habite !

En ce temps de l’Avent, la joie est offerte car nous savons que Jésus, lumière du monde, est né à Bethléem et qu’il est ressuscité des ténèbres de la mort. Nous savons surtout qu’il naît dans les cœurs.

Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°281, décembre 2016

Depuis qu’elle a brillé à Bethléem,
la lumière qu’est Jésus ne cesse de se répandre
et d’éclairer de nouveaux visages.

En ce temps de l’Avent, la joie est offerte car nous savons que Jésus, lumière du monde, est né à Bethléem et qu’il est ressuscité des ténèbres de la mort. Nous savons surtout qu’il naît dans les cœurs.

Voilà le fait le plus têtu de l’histoire : Jésus ne cesse de naître dans les cœurs, ici ou là-bas, cœurs pétris de nos cultures occidentales, ou façonnés par des cultures africaines, ou encore sculptés par des cultures orientales et asiatiques. Oui, malgré les épisodes tragiques, petits et  grands,  des  histoires  de  chaque nation,  la  lumière  se  lève  dans  les cœurs ! Telle est la joie insolite qui habite les chrétiens.

Arrêtons-nous un instant à une nation particulière, le Laos, pays de l’ancienne Indochine  française.  Ce  11  décembre, dix-sept catholiques y seront béatifiés, comme martyrs. Parmi eux, Joseph Boissel, un enfant de chez nous, né au pays du Loroux où il a grandi. Des membres de sa famille et des habitants du Loroux se souviennent bien de lui. Voilà aussi un motif de joie : un breton de chez nous a été appelé par Dieu pour porter au loin la Lumière. Ayant versé son sang pour qu’elle brille, il est un saint.

Joseph est béatifié avec seize autres dont dix autres missionnaires venus de France (sauf un venu d’Italie), et six laotiens : un prêtre diocésain assassiné à l’âge de 35 ans ; trois catéchistes (dont un hmong) tués respectivement à 19, 28 et 32 ans ; un père de famille tué à 36 ans ; un jeune catéchisé tué à 16 ans. Ce dernier s’appelle Thomas ; il fut assassiné le 12 mai 1968. Les autres l’ont été entre 1954 et 1970. Après avoir subi des persécutions, l’Église catholique est officiellement reconnue depuis 1979. Le Laos est touché par la lumière du Christ, lumière de paix, d’amour et de pardon. Merci aux témoins qui la lui ont apportée !

> Béatification du père Joseph Boissel au Laos

Depuis qu’elle a brillé à Bethléem, la lumière qu’est Jésus ne cesse de se répandre et d’éclairer de nouveaux visages. Elle se transmet grâce à des témoins.  Comment  ne  pas  penser à la phrase des Actes des Apôtres : « La  parole  de  grâce  se  répand » ? À leur époque, ils n’avaient en vue que les petites communautés chrétiennes répandues  dans  l’Empire  romain.  Que dire aujourd’hui alors que nous constatons que la foi chrétienne est une lumière brillant dans tous les pays du monde !

Avons-nous conscience qu’elle est venue jusqu’à nous ? Savons-nous identifier les témoins qui ont permis qu’elle brille en nos cœurs ? Noël pourrait être une belle occasion d’élever vers le ciel notre gratitude, et d’exprimer notre reconnaissance envers ces témoins. Car enfin, si une famille fête chrétiennement Noël avec joie, c’est bien que la lumière lui a été transmise. Noël, c’est remercier Dieu et ses témoins.

À notre tour de faire briller la lumière là où elle n’éclaire pas encore. Qu’il serait beau si chacun de nous faisait quelque chose pour que des voisins, des amis, des collègues de travail, au lieu d’être enfermés par la spirale  commerciale  appelée  « Noël », s’ouvrent à la bienheureuse lumière qui ne s’éteint pas. Cette lumière est joie. Noël, c’est la porter, grâce à notre amour, auprès de personnes seules, isolées et tristes.

 

 

Mgr d'Ornellas_©Michel Ogier

Mgr d'Ornellas © Michel Ogier

Monseigneur Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo,
Président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat,
chargé des questions bioéthiques pour les évêques de France