Quelle place pour les plus pauvres dans nos communautés ?

La 3e rencontre des solidarités paroissiales a réuni, samedi 19 octobre, des représentants des diaconies paroissiales et des acteurs de la charité du diocèse de Rennes. Le rassemblement a relevé le défi de donner largement la parole aux personnes en situation de pauvreté.
« Comment les plus pauvres peuvent être aussi au cœur de la vie de nos communautés ? » interrogeait en ouverture le père Olivier Gazeau vicaire général du diocèse.

« Dans le ventre de a mère, j’étais déjà habillé de la misère de ma mère. Un milieu où rien ne pousse à part la haine. » Ainsi s’est présenté Marcel le Hir, en ouverture de la rencontre à l’église Saint-Augustin de Rennes. Après « 30 ans de galère » il a rencontré « des samaritaines et samaritains ». « Une seule rencontre peut sauver quelqu’un. Mais si on n’y met pas l’amour du Christ, cette rencontre ne nous servira à rien. » Marcel poursuit : « Par la fraternité, une paix intérieure s’est installée en moi. Jésus m’a fait retourner au baptême pour devenir créateur de ma vie. »


« Les pauvres sont nos maîtres »
Plusieurs témoignages ont ainsi été partagés pendant cette journée, dont le thème était « les pauvres sont nos maîtres ». « Les personnes en situation de grande précarité ont une place à prendre dans l’Église et des choses à dire sur leur vie et leur foi, et cela permet à tout le monde de grandir. » a expliqué Pascale Jousset, délégué diocésaines pour le service diaconie et solidarité du diocèse de Quimper. « La diaconie doit être d’abord au service de la dimension spirituelle. Elle vient combler ce manque d’attention spirituelle dont parle le pape François quand il dit que c’est la pire discrimination dont souffre les pauvres. »

Lors de la célébration eucharistique, Mgr Pierre d’Ornellas a évoqué « cette petite flamme de l’attention spirituelle des uns pour les autres, qui est aussi une écoute attentive. On n’a jamais fini d’entrer dans ce regard que le pape François appelle le regard contemplatif, le regard qui s’émerveille de ce qu’il voit. Pour cela, nous avons toujours besoin de nous convertir à cette présence mystérieuse de l’Esprit, qui est là dans chaque rencontre. »

« Les pauvres sont nos maîtres en espérance »
A travers une quinzaine de panneaux, des diaconies paroissiales se sont présenté. Un temps de forum a permis aux participants d’échanger avec les acteurs de ces paroisses, avant d’écouter deux tables-rondes qui rassemblaient différentes réalités vécues dans le diocèse. La première a offert plusieurs témoignages autour de cette question : « comment les plus pauvres deviennent acteurs de la vie de l’Église et de la diaconie ? » La deuxième a proposé un débat sur le sujet « comment la diaconie favorise la communion paroissiale ? » Une intervenante faisait remarquer que dans leur équipe, on ne reconnaissait pas toujours qui était un aidant et qui était une personne en précarité.

« Oui, les pauvres sont nos maîtres, car ils sont les premiers à recevoir la Révélation. » s’est exclamé, en fin de cette rencontre, Vincent Massart, délégué général de la Diaconie Brétillienne, qui organisait la journée. « Les pauvres sont nos maîtres en espérance. Nous avons à découvrir l’espérance telle que les plus pauvres peuvent nous l’annoncer ! »
