Le Père Caffarel, fondateur des « Équipes Notre-Dame », déclaré vénérable

Le pape Léon XIV, le 23 mars 2026, a autorisé la promulgation du décret concernant la reconnaissance des vertus héroïques du père Henri Caffarel. Une grande joie pour les 45 « Équipes Notre-Dame » du diocèse.
Henri Caffarel (1903-1996) est ordonné prêtre dans le diocèse de Paris en 1930. Après s’être occupé de la formation spirituelle de jeunes laïcs au sein de la JOC ou dans des retraites, c’est pour les familles qu’il a concentré son activité.
Fonde les Équipes Notre-Dame en 1939
L’esprit des Équipes Notre-Dame (END), insufflé par le père Henri Caffarel, repose sur une conviction révolutionnaire pour l’époque : le mariage est une voie de sainteté à part entière, et non un « état de vie » de second rang. Dans cet esprit, il élabore les Points Concrets « d’Effort » – la marque de fabrique des END – des outils pour aider le couple à rester en veille spirituelle :
- Le Devoir de S’asseoir (un temps d’échange mensuel en couple, sous le regard de Dieu) ;
- L’Oraison personnelle chaque jour ;
- Écoute de la Parole de Dieu ;
- La Prière en couple ;
- La Règle de Vie (un effort personnel choisi pour progresser spirituellement) ;
- La Retraite annuelle.
Le but des équipes est de permettre au couple de faire rayonner l’amour de Dieu à travers leur amour humain. Le prêtre accompagnateur (conseiller spirituel) apporte le lien avec l’Église universelle et nourrit la réflexion.
En marge des « Équipes Notre-Dame », en 1945, le Père Caffarel fonde la revue L’Anneau d’Or sur la spiritualité conjugale et familiale, et crée les Centre de préparation au mariage.
L’amour conjugal est une image de l’amour du Christ pour son Église.

Développe une pédagogie pratique pour vivre l’oraison silencieuse
Pour le père Henri Caffarel, l’oraison n’était réservée à une élite, mais le « pain quotidien » nécessaire à tout chrétien, et particulièrement aux couples. Il a consacré une grande partie de sa vie à enseigner cette forme de prière silencieuse, notamment à travers les Cahiers sur l’oraison (créé en 1957). Il y présente une approche très concrète :
- La régularité : Il préconisait une durée quotidienne (souvent 15 à 20 minutes). La fidélité importe plus que l’intensité des sentiments.
- Le désencombrement : Faire taire le bruit intérieur, les soucis et les projets pour laisser place à l’Autre.
- L’accueil de la Parole : Souvent, l’oraison s’appuie sur un verset de l’Écriture qui sert de « rampe » pour ne pas s’égarer.
Le Père Caffarel était convaincu que sans ce contact direct et régulier avec le Christ, la vie spirituelle finit par s’assécher et devenir une simple morale. Pour lui, l’oraison est l’acte par lequel le baptisé « branche » sa vie sur la grâce divine.
Il a d’ailleurs fondé la Maison de prière de Troussures spécifiquement pour apprendre aux laïcs à prier ainsi, prouvant que la contemplation est accessible à tous, pas seulement aux moines.



