Léon XIV donne en exemple Marcel Callo

Le vendredi 25 septembre 2026, le pape Léon XIV a donné en exemple le bienheureux Marcel Callo aux 80 000 jeunes rassemblés au Stade de France. Thomas Gueydier, postulateur de la Cause de canonisation du bienheureux Marcel Callo, revient sur cette référence historique au jeune jociste rennais par le Saint-Père.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que le pape Léon XIV avait évoqué Marcel Callo devant ces 80 000 jeunes réunis au Stade de France ?

J’étais moi-même sur place, où j’accompagnais les séminaristes de Rennes, en tant que membre du Conseil du Séminaire Saint-Yves.

J’ai été très surpris dans la mesure où de nombreux autres saints français étaient représentés durant le spectacle donné avant la prise de parole du pape. Léon XIV a donc choisi de parler de Marcel Callo et de quelques autres figures de sainteté françaises seulement, dont les 50 martyrs du STO, qui vécurent exactement la même chose que Marcel Callo.

Le pape Léon XIV n’est certes pas le premier pape à évoquer la figure de Marcel Callo. Outre saint Jean-Paul II, qui le béatifia le 4 octobre 1987, le pape Benoît XVI y a fait référence lors de son voyage apostolique en Allemagne, en 2011, dans de son homélie du 24 septembre sur la place de la cathédrale d’Erfurt.
Et surtout, le pape François l’a fait figurer, en 2019, parmi les douze modèles de sainteté proposés aux jeunes du monde entier dans son exhortation apostolique Christus vivit, aux côtés de sainte Thérèse de Lisieux et de sainte Jeanne d’Arc.

Mais, cette fois-ci, l’exhortation à mettre ses pas dans ceux de Marcel Callo a été particulièrement vigoureuse et précise.

En quoi Marcel Callo est-il un exemple, selon le pape Léon XIV ?

Voici exactement ce qu’a dit le pape :

« Chers amis, la dynamique qui caractérise l’existence chrétienne porte un nom précis : elle s’appelle chemin de sainteté. C’est le chemin que le Seigneur ouvre devant chacun de nous, en nous accompagnant tout au long de la route. Et combien de fils et de filles de cette terre bien-aimée de France se sont laissés conduire sur cette voie ! Pensons, par exemple, au bienheureux Marcel Callo, un jeune Français, scout et ouvrier qui, dans l’obscurité du camp de concentration, n’a pas cessé de tendre vers le bien, en restant libre intérieurement. »

Cela me fait penser à cette phrase que Marcel Callo prononça avant de partir en Allemagne, le 8 septembre 1940, dans le cadre d’un discours destiné aux jocistes de sa paroisse :

« La force brutale, la contrainte peuvent agir sur des corps, il est facile d’entraîner ceux qui souffrent par d’alléchantes promesses, mais elles ne réforment pas les cœurs et surtout elles n’empêchent pas de penser. »

Le fait est que Marcel Callo, une fois soumis à la force brutale, dans le camp de Mauthausen, ne succomba jamais à la violence. Il fut habité, jusqu’au bout, par la foi, la charité et l’espérance.

Le pape Léon a déclaré que Marcel Callo n’a cessé de « tendre vers le bien ». Qu’est-ce à dire ?

La réponse à cette question est à chercher dans la suite du discours du pape Léon XIV :

« Au fur et à mesure que nous avançons sur ce chemin de la sainteté, il apparaît clairement qu’il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien. Il ne s’agit pas d’un principe abstrait, ni d’une affirmation évidente : choisir le bien est l’acte propre de la liberté par lequel celle-ci se réalise, se rectifie et mûrit. Pour faire les bons choix, souvenez-vous de ce critère : le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais. Le bien prend soin, il ne prend pas pour lui-même. »

Cela me fait penser à une autre phrase qui se trouve, cette fois-ci, dans une lettre écrite par Marcel Callo à sa famille, le 1er novembre 1943, plus de sept mois après son arrivée en Allemagne :

« […] le soir quand je reviens à ma baraque je trouve que cela va bien pour moi car en ayant fait du bien aux autres je m’en suis fait à moi-même, que je suis heureux d’être militant chrétien, je sens à tous moments le Christ à mes côtés, Il est mon soutien et mon réconfort, sans Lui je ne sais ce que je deviendrais. »

Faire du bien aux autres ne nous enlève rien, dit, en effet, Marcel Callo. Le sacrifice, dans la foi chrétienne, est toujours joyeux. De lui découle la communion, le bonheur de l’autre et son propre bonheur.

Tout cela prouve que le pape Léon connaît parfaitement les écrits du Bienheureux Marcel Callo. Ces écrits sont cités, en partie, dans le livre écrit par Mgr Pierre d’Ornellas à l’occasion des JMJ de Lisbonne (1), dont Marcel Callo était l’un des saints patrons.

C’est une véritable invitation à (re)découvrir sa vie et son message !

(1) Mgr Pierre d’Ornellas, Marcel Callo, apôtre de la fraternité (éd. Salvator, 2023).

Quelle est la prochaine étape ?

La Postulation vient de commencer à travailler à une édition bilingue (français-anglais) de toutes les lettres de Marcel Callo, celles qu’il a écrites à sa famille et à sa fiancée, Marguerite Derniaux. Il va sans dire que cette présentation de Marcel Callo par Léon XIV comme un modèle de liberté intérieure nous donne du cœur à l’ouvrage !

Cette édition devrait être lancée le 18 février prochain (jour de la sainte Bernadette !), lors d’une conférence sur Marcel Callo que je donnerai à l’Université Duquesne de Pittsburgh, en Pennsylvanie.