Diocèse de Rennes

Près de 300 chrétiens d’Ille-et-Vilaine s’informent sur la bioéthique

Le diocèse de Rennes organisait le 13 mars 2018 une soirée d’information sur les Etats Généraux de la Bioéthique. Un sujet complexe, voire inquiétant, suivi pas 280 personnes… mais un message rassurant : informez-vous et intervenez !

Yann Béguin

Dans l’amphithéâtre du collège Saint-Gabriel de Pacé, comble, cette animatrice en aumônerie explique que cette soirée pourrait lui « permettre de répondre aux interrogations des jeunes en aumônerie. Ils se posent des questions sur les manipulations génétiques, la fin de vie… Ils sont curieux et ils veulent connaître la position de l’Eglise par rapport à ce qu’ils entendent à la télévision. »

A CONSULTER EN PRIORITÉ :
> Notre dossier sur les États Généraux de la Bioéthique

La bioéthique concerne chacun

Devant cette affluence, Mgr Pierre d’Ornellas s’exclame : « Vous me faites comprendre que la bioéthique n’est pas une affaire de spécialistes ! La bioéthique concerne chacun d’entre nous puisqu’il s’agit tout simplement de notre vie. ».  Puis, conscient des graves questions posées : « Les questions sont complexes, des inquiétudes sont présentes, des expérimentations existent ici ou là dans le monde, mais vous savez aussi que dans toutes les avancées scientifiques, grâce à Dieu, la sagesse est toujours possible et que le défaitisme n’est pas pour le chrétien. »

Thérapies géniques, intelligence artificielle, PMA, fin de vie, santé et environnement : les cinq thèmes sélectionnés pour la soirée – parmi les neuf des Etats généraux – ont été présentés à tour de rôle par cinq experts, tous professionnels des domaines concernés. Chacun a donné quelques éléments de compréhension pour montrer en quoi des questions éthiques nouvelles se posent aujourd’hui, sans pouvoir bien sûr synthétiser l’ensemble du domaine en 10 minutes ! Puis l’assemblée était invitée à poser quelques questions.

S’informer et agir ?

Impossible bien sûr de faire le tour de tous les sujets, comme le remarque un participant qui attends plutôt « une méthode, une façon d’aborder les choses. Je suis dans l’équipe pastorale d’une paroisse rurale : c’est difficile de sensibiliser les gens mais il doit y avoir moyen d’organiser un temps de rencontre. »

La référence pour toutes ces interventions : les fiches bioéthiques publiées par la Conférence des évêques de France. Pour l’instant au nombre d’une douzaine, elles donnent un aperçu synthétique de chaque thème et des questions soulevées. L’objet de la rencontre était bien sûr d’orienter les fidèles vers cette première source d’information, afin de suivre plus facilement le débat médiatique en cours… voire même de donner envie d’y prendre part.

Je veux m’informer

  • Le dossier d’Église en Ille-et-Vilaine : n° 294 de février 2018
  • Le dossier du site du diocèse de Rennes (textes de référence, vidéos, liens…) : rennes.catholique.fr/egb2018
  • Le site de l’Église (avec les fiches et de nombreux articles) : eglise-bioethique.fr

Je veux agir

  • S’exprimer sur le site national : etatsgenerauxdelabioethique.fr
  • Organiser une sensibilisation dans sa paroisse, son école, son mouvement : si besoin demander conseil à Jean Matos, chargé des questions bioéthiques auprès de Mgr d’Ornellas (jean.matos@diocese35.fr)

Ouvrir un dialogue

Dans l’assistance, certains ont une expérience professionnelle, associative ou personnelle qui les rendent déjà un peu « expert » au moins sur un des sujets. Comme cette jeune femme qui travaille en maison de retraite : « Ce sont des sujets qu’on aborde entre collègues. J’aimerai avoir des clefs pour ouvrir un dialogue qui ne rentre pas dans un conflit d’opinions opposées, qui permette un échange de points de vue. »

Dans sa conclusion, Mgr d’Ornellas a mis en garde : « Il y a de la souffrance. C’est impossible de considérer ces questions sans entendre cette souffrance et sans entrer dans l’empathie. » Il a aussi suggéré d’être attentif, dans les débats, à repérer « d’où vient la parole : ce n’est pas tout à fait pareil si elle vient d’un scientifique, d’une instance, d’un médias… Ces registres de paroles sont important à distinguer pour que nous ne nous laissions pas aller à des peurs stériles. »

Enfin, l’Archevêque a partagé sa réflexion sur une tension sous-jacente à ce débat de société – et qui l’éclaire ! – « entre le désir de toute-puissance et la peur de la vulnérabilité, entre la maîtrise et la gratuité. Nous sommes entrés dans une société technique. Celle-ci est un pouvoir qui nous donne plus de maitrise sur notre vulnérabilité. Mais jusqu’où va ce pouvoir ? »

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