Futurs prêtres : Luc et Dominique témoignent

Luc Métayer et Dominique Tessier

Les quatre séminaristes ordonnés le 27 juin prochain ont dévoilé leur parcours au micro de Maurice Thuriau sur RCF Alpha. Après Paul et Joseph-Marie, découvrez Luc Métayer et Dominique Tessier le 21 juin. Extraits.

Luc Métayer

Luc Métayer

« Mon ministère, à la suite du Christ, c’est porter tout ce que les gens me donnent pour le donner à Jésus. »

Je vais avoir 33 ans. Je suis originaire du Pertre près de Vitré, j’ai une sœur. Mon père était agriculteur.

Le terreau de ma foi a été donné par la famille, et je rends grâce aujourd’hui pour ça. La règle était : « Tant que tu es à la maison tu vas à la messe avec nous le dimanche. » Et même si je traînais parfois des pieds, cela m’a formé.

Avant ma Confirmation, j’ai fait ma première retraite à Tressaint, là j’ai eu le déclic : mais Il existe vraiment ! Après ma Confirmation, une amie me dit : « Il y a quelque chose qui a changé en toi. Tu es toujours joyeux ! ». Je me suis rendu compte alors que le Seigneur habitait vraiment en moi, qu’Il était présent. Et depuis ce temps-là, je n’ai jamais cessé de prier.

Après des études de commerce et management, j’ai été adjoint de direction dans la restauration rapide. J’y suis resté 5 ans manageant une cinquantaine d’employés. Le travail a été pour moi une école d’humanité. Pourquoi ? Parce que j’y ai rencontré énormément de monde et mon statut de manager faisait que les gens venaient se confier à moi : c’est la rencontre de l’homme, de la femme, avec ses misères et ses joies.

Je me suis rendu compte que le Seigneur habitait vraiment en moi. Depuis ce temps-là, je n’ai jamais cessé de prier.

Je ne sais pas ce que sera mon ministère de prêtre. Je sais que je veux être proche de ceux qui sont assez éloignés, aller à la rencontre des gens, des fidèles.

Déjà en tant que diacre, je suis identifié et les gens osent venir poser des questions, nous inviter, et c’est souvent là que les relations se nouent, là que l’on reçoit ce que les gens portent… La pandémie a bien fait ressortir que le manque de relation tue. Les gens sont heureux de pouvoir parler. Et moi, mon ministère, à la suite du Christ qui a tout porté pour le glorifier sur la croix, c’est porter tout ce que les gens me donnent pour le donner à Jésus.

J’ai une grande confiance en l’Église, aucune institution n’a perduré plus de 2 000 ans comme l’Église malgré les tempêtes, parce qu’il n’y a qu’un seul vainqueur, c’est Jésus et c’est à lui que je donne ma confiance. Je ne sais pas ce que sera l’Église matériellement dans les prochaines années mais, ce que je sais, c’est que l’Église du Seigneur sera toujours là !

Écouter les interviews

« Forum de la rédaction » à partir du 21 juin
Lundi 11 h, mercredi 19 h 30, samedi 9 h 30
Dominique Tessier

Dominique Tessier 

« Je m’engage en tant que serviteur et je souhaite rester serviteur. »

Je suis natif de Bain-de-Bretagne, issu d’une fratrie de 3. J’ai 54 ans. Concernant la pratique religieuse, on avait surtout une pratique sociale. Je pense que ma vocation trouve sa résonance dans l’appel que j’ai eu quand j’avais 10 ans, comme quoi le Seigneur va chercher dans des milieux qui semblent perdus d’avance !

Je posais beaucoup de questions à maman sur la foi auxquelles elle n’a pas su répondre. J’ai fait part de mon appel à mes parents mais ils ne l’ont pas entendu. Est arrivée l’adolescence où j’ai tout abandonné, puis carrément mis Dieu à la porte.

Mais Il a su refrapper à des moments douloureux de ma vie vers 21-22 ans. Je suis tombé sur des gens en souffrance, avec des problèmes de drogue, d’alcool. Ils reflétaient la joie car ils s’étaient relevés. Je me suis dit : ils ont réussi, alors je peux réussir. Ils ont été des véritables témoins pour m’aider à me relever et à me nourrir de spiritualité catholique.

Et l’appel au petit enfant résonnait toujours en moi. Un jour, j’ai fini par comprendre que Dieu me voulait totalement et que Lui seul pouvait me combler. Là, j’ai approfondi ma foi, avec une pratique très régulière. Un jour je suis allé rencontrer l’Évêque, je lui ai raconté mon histoire. Il m’a dit qu’il fallait creuser. C’était en 2008. J’ai fait plusieurs petites retraites selon les Exercices de saint Ignace. En 2014, j’ai fait la retraite d’un mois. L’appel était toujours là à l’issue de la retraite. L’Évêque me dit : « Vous êtes séminariste et je vous envoie étudier à Paris à la faculté Notre-Dame. » J’avais 49 ans !

J’ai fini par comprendre que Dieu me voulait totalement et que Lui seul pouvait me combler.

Être prêtre, c’est une belle opportunité pour nous d’aller au contact des gens. Je porte vraiment ce souci de ne pas me contenter des paroissiens. J’ai pour projet de me donner une heure ou deux par semaine pour partir dans la rue et aller rencontrer les gens. L’autre fois, j’avais une homélie à écrire sur le Pain de vie, je suis allé voir les gens de la rue et je leur ai dit que je travaillais sur un écrit : Les hommes ne se nourrissent pas que de pain. Alors, en discutant, on est passé par le sandwich, la bière, et en creusant, en creusant, on est arrivé à dire que la nourriture est tout autre. On a fini par dire qu’on avait besoin de Dieu. C’était une façon d’évangéliser. Ils ont su à la fin que j’étais en voie d’être prêtre.

C’est une nécessité d’aller chercher les brebis comme Jésus l’a fait et c’est ce qu’il nous demande de faire, et particulièrement avec les plus pauvres.