Heureuse nouvelle

Communauté Chrétienne n°   –  Avril 2022

Un nouveau diacre à la paroisse St Luc : Maurice Hellec-Thuriau

Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes, vient d’appeler au diaconat permanent deux hommes mariés et un célibataire. Jacques de la Masselière, Samuel Marquet et Maurice Hellec  seront ordonnés le dimanche 1er mai à 15h à la cathédrale de Rennes. 

Voici le témoignage que nous offre Maurice.

Identité

Je suis né en 1960 et j’ai vécu dans une commune rurale près de Pontivy. J’ai toujours été scolarisé à l’école publique. Ma famille ne pratique pas.
J’ai été élevé dans un café épicerie en milieu rural ce qui m’a permis de connaître la plus grande partie de la population de la commune et d’être à l’écoute des conversations d’adultes de toutes opinions et sensibilités.
Mon père était charpentier et ma mère tenait le commerce qui était ouvert 7 jours sur 7. Mon père est décédé en 1998 et ma mère va allègrement vers ses 90 ans cet été. J’ai deux frères et une sœur. Mes frères vivent près de Pontivy, ma soeur, près de Lyon.
Aujourd’hui j’ai 61 ans et je suis célibataire.
Je vis à Villejean, un des quartiers populaires de Rennes et je suis engagé dans la paroisse St Luc. Communauté qui accueille de nombreuses nationalités aux deux messes du samedi et du dimanche.
Professionnellement, je suis journaliste et  je dirige RCF Alpha depuis 2 ans, une des radios diocésaines d’un réseau national de 64 stations locales.

Conversion 

J’ai vraiment découvert la foi en lisant le Nouveau Testament que le recteur de la paroisse avait offert à tous les jeunes qui faisaient leur profession de foi.  Seul dans ma chambre, je l’ai ouvert en priant pour être éclairé, et ce fut pour moi une révélation et une véritable conversion. Je me découvrais avec toutes mes limites tout en méditant chaque page des Evangiles. Des angoisses, des cauchemars qui m’habitaient alors ont disparu au bout de quelques mois de lecture priante dans le silence et la solitude. Ça m’a permis de rester fidèle à la pratique dominicale dans ma paroisse où les jeunes étaient peu nombreux.
Par la suite, j’ai rencontré des groupes de jeunes dans le canton, et j’ai suivi une année de formation chrétienne interparoissiale en 1979. C’est là que j’ai commencé à m’impliquer dans l’animation des messes.
Arrivé à Rennes comme étudiant j’ai fait la connaissance de personnes engagées dans des groupes de prière. C’est dans ce cadre que j’ai fait partie de l’équipe d’animation du Café La Parole sur le quai de la Prévalaye en 1986. On accueillait des personnes à la rue dans ce café sans alcool. C’est là que j’ai reçu un appel téléphonique pour entrer à Radio Alpha en tant que technicien-animateur polyvalent. J’ai débuté mon contrat le 17 février 1987 et j’y suis toujours depuis 36 ans. L’annonce de La Parole me tient à cœur après l’avoir découverte adolescent.

Engagement dans l’Eglise et dans le monde 

A 61 ans, je dirige la radio chrétienne RCF Alpha qui fait partie d’un réseau de 64 radios diocésaines  en France et en Belgique.
Journaliste, je rencontre depuis 35 ans des personnalités aussi diverses que les ministres de passage à Rennes, le préfet, les maires et présidents de Région et de Département…les acteurs du monde économique, social, culturel, associatif et religieux…mais aussi  les personnes à la rue ou en voie d’intégration. Et régulièrement, j’interviewe des paroissiens de St Luc, que ce soit des enfants avant Noël, les participants aux rencontres Laudato Si, les prêtres de la paroisse et les fidèles engagés dans “l’arbre à palabre”…et plus largement les responsables et les représentants des  forces vives du diocèse…
Marqué dès l’adolescence par la découverte des évangiles, je me suis mis au service de La Parole de Dieu dans mon travail et à la paroisse.
Dans le quartier, je préside le conseil syndical d’un immeuble de 120 appartements sur la dalle Kennedy, et je travaille à tenter de pacifier les relations des résidents et de notre employée chargée du ménage avec un environnement marqué par la délinquance et les dégradations des halls. Le début de l’année 2020 a été marqué par des tirs de rafales de fusils automatiques à proximité de chez moi. Les périodes de confinement et de couvre-feu ont été marquées par des moments de tensions très vives entre la police et des bandes de jeunes peu réceptives aux consignes sanitaires.

Interpellation 

J’ai été interpellé par l’équipe pastorale de la paroisse St Luc en août 2017. Il semblerait que le diacre de St Luc ait eu l’intuition d’engager cette démarche. Ma présence au cœur du quartier de Villejean et mon engagement de plus de 30 ans à la radio ont incité l’équipe paroissiale à m’interpeller.
Après avoir suivi un chemin de discernement et de formation depuis 2017, j’ai répondu “oui” à l’appel de mon évêque pour servir l’Eglise en tant que diacre permanent. Ordonné célibataire le 1er mai, je m’engagerai ce jour-là à rester dans cet état de vie.

Sens du diaconat 

Le sens du diaconat permanent ne consiste pas à participer aux célébrations à côté du prêtre mais à être un témoin de la charité au cœur du monde. Il se tient sur le seuil de l’Eglise représentant tous ceux qui ne sont pas là.
A la radio j’ai toujours été sensible aux réalités humaines marquées par la fragilité : je collabore ainsi régulièrement avec les Collectifs du 6 rue de l’Hôtel Dieu, notamment Dignité Cimetière.  J’ai réalisé plusieurs reportages et rédigé des  livrets reprenant des témoignages avec des personnes sorties de la rue; même type de réalisation avec ATD Quart Monde lors  des 3 grands anniversaires ( les 60 ans du mouvement, les 30 ans de l’institution de la Journée Mondiale du Refus de la Misère, et les cent ans de la naissance du père Joseph Wrésinski fondateur d’ATD); également avec  La Demeure des Sources (qui accueille des malades psychiques), mais aussi avec la Société Saint Vincent de Paul…Livrets réalisés bénévolement et remis gratuitement à ces associations en version papier et numérique.
J’ai découvert également le sens du diaconat dans mon engagement de président du conseil syndical de la copropriété. Par-delà les questions administratives, il s’agit d’assurer une présence quotidienne aux côtés de ceux qui vivent dans l’immeuble quand sévit la délinquance et son lot de dégradations en tous genres…Le fait de parler de notre quotidien avec les résidents et l’employée de la copropriété permet de se sentir moins seul et d’évacuer une partie de la tension générée par des trafics et des comportements plus ou moins agressifs. Là je suis dans l’euphémisme !

En 2020 j’ai perdu deux amies de 82 et 90 ans en quelques mois. Nous nous fréquentions depuis 1981. Quand j’étais étudiant, je me rendais chez elles à Villejean une fois par semaine. Nous avons échangé pendant des heures et des heures ce qui nous habitait profondément. Nous partagions souvent un repas et fêtions ensemble nos anniversaires et les grandes fêtes de l’année. La maladie les a emportées successivement en 10 mois. Dès l’hospitalisation de Marie à Pontchaillou en août 2019, ses ami(e)s se sont mobilisés pour lui rendre visite quotidiennement. Une véritable chaîne de la solidarité s’est spontanément créée pour ne pas la laisser seule un seul jour. Ce fut pour moi un temps fort, car j’ai mesuré plus que jamais combien une présence amicale est capitale pour le moral des personnes hospitalisées. Une véritable interpellation diaconale à servir par l’écoute fraternelle dans les situations les plus douloureuses.
Après une brève rémission au début de l’automne, Marie est partie vers le Père au mois de janvier. Ses obsèques ont été l’occasion de témoigner de notre attachement à celle qui fut une oreille attentive à nos joies et nos peines. Bernadette, qui partageait son appartement depuis des dizaines d’années, a admirablement vécu ce long chemin de souffrance et d’espérance. J’en suis témoin. Mais ses problèmes de santé ont pris le pas dans les mois qui ont suivi le départ de Marie, et elle ne trouvait plus la force de combattre la maladie. Elle s’est éteinte quelques jours après son anniversaire. Ses obsèques ont été célébrées à Saint Luc dans un cadre sanitaire contraint avec qu’une petite partie de ses amis. Ce fut un rassemblement intime autour d’une amie, qui avec Marie, avait permis la rencontre de tant de personnes pendant des décennies.

Le sens du diaconat, c’est aussi plus modestement, de créer de la convivialité à la sortie de la messe du dimanche, en participant aux conversations des uns et des autres, même si la crise sanitaire nous a davantage portés à l’isolement et la distanciation.
C’est également mettre mes compétences professionnelles pour animer une rencontre paroissiale thématique : présentation des forces vives du quartier lors de la visite pastorale de l’archevêque, animer une soirée sur la pédocriminalité ou un autre sujet…
En paroisse c’est bien évidemment proclamer la Parole au cours de l’Eucharistie en faisant les lectures du jour…et bientôt l’Evangile.

Je remercie tous ceux qui m’ont accompagné vers le diaconat permanent, l’équipe de la paroisse Saint Luc et les animateurs diocésains de Formadiac, mn accompagnateur spirituel, ainsi que ceux qui ont animé la formation Saint Matthieu et les soirées de philosophie, exégèse et théologie de l’IFT…et bien sûr l’archevêque de Rennes, Mgr Pierre d’Ornellas qui m’a appelé.

Je ne sais pas encore quelles missions l’archevêque va me confier en tant que diacre permanent mais peut-être que ces quelques points rappelés ici peuvent constituer une piste de réflexion. 

Toujours est-il que je donne rendez-vous avec Jacques et Samuel

le dimanche 1er mai à la cathédrale de Rennes à 15h pour l’ordination

où tout le monde est bienvenu.  

lundi 25 avril à 19h30 dans l’église St Luc : veillée de prière et présentation du diaconat suivie de vos questions

 

logo St Luc1

Coordonnées

 

"A noter dans votre agenda"

Eveil à la foi et catéchèse
Samedi 17 février

  • de 10h à 11h30 pour les 3-6ans  : partage autour de la Parole de Dieu , bricolage , goûter , prière
  • de 9h30 à 12h pour les 7-11 ans  : rencontre caté, « Chemin de Carême - chemin de vie, en route vers Pâques »

Temps de convivialité et partage
Le mardi :

  • à 10 h 15, partage sur l’évangile du dimanche suivant
  • de 15 h 30 à 16 h 30, moment convivial autour du chapelet.

le Vendredi :

  • de 9h30 à 11 h : Café paroissial au cœur du marché, dans les salles sous l’église. Accueil, partage, informations. Ouvert à tous.

Les autres paroisses

> Toutes les paroisses