Diocèse de Rennes

Rencontre précarité, fragilité…

« Les personnes, les travailleurs en situation de précarité, de fragilité sont au cœur du projet missionnaire de l’ACO ».

Cette priorité de l’ACO, votée à la rencontre nationale d’Angers, a motivé le secteur de Rennes sud-ouest  pour organiser une rencontre conviviale sur ce thème, le 7 février dernier.Relais RSO

La précarité concerne  les aspects financiers, de travail, de santé, de famille, de logement, de migration…Nous-mêmes, ou nos enfants, nos relations, nos voisins, nos collègues, vivons peut-être  des situations précaires qui rendent fragiles.
Ce relais avait pour but :
  • Pour certains, de partager leurs difficultés et galères tout en disant comment ils peuvent rester acteurs de leur vie et  comment le « vivre ensemble » permet de s’en sortir, de rebondir…
  • Pour d’autres, de dire comment ils sont témoins, dans leur vie et leurs engagements, de ces situations parfois difficiles à vivre, et dire aussi comment les personnes qui nous entourent nous bousculent et nous enrichissent.
    Le chant de la Rencontre Nationale « Au bord du chemin » nous a accompagnés au cours de ce relais.

Voici trois TÉMOIGNAGES (résumés)

Aude     

J’ai 35 ans… Depuis plus d’un an je travaille à temps partiel. Mon conjoint est en intérim.  Ce qui nous amène à des fins de mois difficiles, à des calculs de budgets et des choix de dépenses. On va à l’essentiel.
Et pourtant je ne me sens pas en précarité, on a un appartement dans lequel on se sent bien, on a de quoi manger, se déplacer… et surtout on est bien entouré. Pour moi c’est le plus important.
Des semaines sans travail de l’un ou de l’autre engendrent un mal être, un sentiment d’inutilité. Cela provoque parfois des tensions dans le couple. On reste soudé grâce à notre entourage, la famille et les amis qui nous soutiennent. Je suis persuadée qu’il n’y a rien de pire que d’affronter les difficultés tout seul.
Il est important de ne pas s’isoler. Avoir des rencontres permet de relativiser la situation : « il y a pire que nous ! »
Ce que je vis, c’est une épreuve à passer ; ma mère m’a appris à regarder autour de moi avec empathie, à relativiser et à tirer le positif des périodes difficiles.
Dans les périodes difficiles de fragilité, avoir quelqu’un à qui parler, se confier, ça remotive, me réconforte. Entourée par mes proches, je me sens bien, en confiance et aimée.
Le plus important pour être heureuse ne passe pas par ce que je possède, ou pas, mais par des moments  simples qui amènent  de la joie au quotidien, des petits gestes de solidarité, de partage, d’affection, d’amitié et d’amour.

Jessie

Je m’appelle Jessie, j’ai 24 ans…
Je voulais être photographe, j’ai fait preuve de motivations, j’en ai poussé des portes ! Sans succès… j’ai dû changer de voie.
J’ai fait différents stages puis une seconde professionnelle en pâtisserie. Après une année je suis tombée enceinte et j’ai arrêté.
Mon conjoint est en intérim depuis ses 14 ans, il alterne entre promesse d’embauche et galère.
En 2014 on me propose une Prestation d’Orientation Professionnelle. Beaucoup de stages qui n’ont rien donné !
En 2015 j’entre à l’AFPA (Association Formation Professionnelle pour Adultes) en formation d’agent de restauration et j’ai eu ma 2ème fille.
Depuis j’ai travaillé avec l’aide d’une association intermédiaire : Relais Emploi. J’ai de petites missions ponctuelles.
Et mon mari est au chômage.
Je suis actuellement en formation de cuisinier à l’AFPA, ce qui,  j’espère, me permettra de trouver un travail stable.
Je suis toujours obligée de me battre pour m’en sortir au quotidien. Ce n’est pas toujours facile quand on a un très petit budget, mais je ne m’inquiète pas car je sais que j’ai la capacité de rebondir.
Cette force je la tiens de mes parents. Mon père est peintre en bâtiment et nous vivions à six avec son seul salaire ! Je savais à peine lire que je savais ce qu’était un huissier. Mes parents nous ont appris le système D et le rafistolage. On a parfois rigolé avec le scotch orange à mon père qui servait à tout réparer !
Ce qui me permet de toujours vouloir avancer, sans renoncer, c’est la solidarité qui m’entoure. J’aime ma vie, mon mari, mes enfants, ma famille, mes amis. Je pense n’avoir pas de quoi me plaindre mais je me battrai pour améliorer ma situation

 

Laetitia

J’ai 44 ans et à ce jour je n’ai jamais eu de CDI mais toujours des CDD. Pourtant j’ai commencé à travailler dès la fin de mes études de secrétariat et comptabilité, j’avais 20 ans.
  • Ce fut d’abord un contrat de qualification de 18 mois, puis une période de chômage de 1 an, puis un contrat aidé de 1 an ½ dans une association qui devait déboucher sur un CDI, mais il n’y a pas eu de suite. Donc, à nouveau en période de chômage.
  • Ainsi se sont enchaînés divers contrats et périodes de chômage au fil des années.
  • Suite à mes 2 congés parentaux, j’ai dû suivre des formations de remise à niveau. Un contrat aidé à ½ temps de 2 fois 6 mois dans une école m’a permis de rebondir, de reprendre confiance en moi, en mes compétences, et de retrouver un rythme de travail, une vie sociale.
  • Mon contrat finissant fin juin, dès le mois de septembre j’ai retrouvé un emploi pour un remplacement de congé maternité puis parental. : 3 ans, c’est le plus long contrat dans la même entreprise.
  • J’ai enchaîné par un contrat de 10 mois à temps plein où j’ai subi du harcèlement moral. J’ai eu beaucoup de mal à m’en remettre. J’avais perdu toute confiance en moi, je n’avais même plus l’énergie pour mes recherches d’emploi.
  • C’est avec une association de bénévoles d’aide à la recherche d’emploi que j’ai repris pied. Ils m’ont vraiment épaulée.
  • Après 2 ans j’ai enfin retrouvé un contrat aidé de 1 an. J’avais beaucoup d’espoir, mais 2 jours avant la fin du contrat, le directeur m’a averti qu’en raison d’une baisse de subvention, le contrat n’était pas reconduit.
  • Après 1 an de chômage, j’ai trouvé mon poste actuel, 1 CDD de 7 mois ½ à temps plein. Il vient d’être renouvelé pour 7 mois… mais après ?
    Il est très difficile de s’investir pleinement, de trouver sa place quand on sait qu’on est de passage. Comment pouvoir se projeter dans l’avenir sans situation professionnelle stable ? Comment projeter mes adolescents vers leur avenir professionnel alors que moi-même je vis dans l’incertitude qui crée une instabilité, des peurs, des doutes sans compter la précarité financière à laquelle il faut faire face. Chaque changement de situation demande beaucoup d’énergie pour s’adapter, que ce soit pour un nouveau travail ou lorsqu’il prend fin.
    Ce qui m’aide à tenir et à persévérer ce sont d’abord mes enfants, ma famille, les rencontres notamment au cœur de l’ACO et les bénévoles de l’association d’aide à la recherche d’emploi,  et surtout ma foi qui m’a permis de tenir et d’accomplir ce chemin.

Quelques expressions d’un demandeur d’asile présent au relais :

« Suite à une manifestation contre le gouvernement à Kinchassa j’ai été pris et mis en prison. J’ai fui en Angola. Avec un passeur je suis arrivé au Portugal, je ne parlais pas la langue. On me disait que j’étais angolais parce que j’ai quitté l’Afrique à partir de l’Angola, mais je suis congolais. Avant ils ne regardaient pas le pays de départ…
Je suis en Ille et Vilaine, mon dossier est examiné par Délit Solidarité, je rencontre aussi le collectif sans papiers… je fais mes démarches à la préfecture… j’ai été envoyé en centre de rétention de St-Jacques. Je loge chez un compatriote. Je vais aux réunions des collectifs et associations pour les sans-papiers. »
Il exprime sa peur en rapport avec son statut, l’incertitude face au lendemain, l’attente de papiers et les démarches épuisantes, ainsi que la suspicion et le regard des gens.
Nous pouvons rajouter :
« On nous a mis en tête qu’il y a les bons migrants et les mauvais migrants ».
« C’est compliqué quand on ne veut pas accueillir »

Pour retrouver l’intégralité de cet article avec :

  • la relecture du relais
  • quelques extraits du débat
  • quelques constats pouvant interroger le mouvement
  • nos CONVICTIONS et PAROLES DE FOI :
Vous pouvez  le télécharger ici : Précarité-fragilité ACO35 n° 44
Logo ACO

Action Catholique Ouvrière (ACO)

Maison diocésaine
45 rue de Brest, CS 34210, 35042 Rennes cedex
Tél. : 02.99.14.35.57
Mél. : aco35@outlook.fr
Site : http://acofrance.fr/
Permanences :
Lundi, Jeudi, Vendredi  : 9h-12h30 / 13h30-16h
Mardi 9h-12h / 13h30-17h15
Responsables :
Présidente : Marie-Christiane Moranzoni
Permanente : Laetitia Gautier

Les autres mouvements et associations

> Tous les mouvements et associations