Pépites en rural

Tout un chemin pour une maman, un couple, une famille…

Dans la région de Fougères, des « cafés des parents » proposés sont des lieux de parole, de discernement, de paix pour la famille.

Dans le cadre de la classe maternelle de sa fille, une maman s’inscrit dans un « café des parents ».  Elle s’y sens bien dans ces  rencontres vraies  où l’on s’écoute sans se juger. Elle qui est veuve, se sent  moins seule, elle est comprise et cela fait évoluer sa relation mère/fille dans la bienveillance, la complicité. Mais après quelque temps, elle doit déménager.

Elle entreprend alors, de proposer un café des parents dans la nouvelle école pour que d’autres parents en profitent  et qu’elle-même  trouve un appui pour son nouveau couple et les deux petits qui sont arrivés.

Après 2 ans, cela se met en route. Sa persévérance tranquille et sa patience , son envie de poursuivre ce type de partage profond et respectueux ont convaincu quelques parents .Être dans un groupe  de parole , c’est comme une « récré », c’est respirer ,avoir un peu de temps pour soi .  Prendre du recul sur la vie quotidienne, procure de la paix  et çà  créée ,par ricochet, une ambiance familiale plus  posée , plus détendue.

Entre-temps, elle participe, avec son mari, à une soirée « St Valentin autrement ». puis ils poursuivent en couple dans une fraternité –couples Fondacio.

Le chemin continue dans la joie simple  du  dialogue en famille , avec d’autres.La vie va continuer de s’inventer !

L’évangile n ‘est pas loin, qu’ils disent…


A la recherche d’un chemin pour l’évangélisation du Monde agricole

Cinq expériences particulières d’une expression de foi ont été rapportées lors d’une rencontre d’agriculteurs, le 18 octobre 2016. Ce texte à été distribué aux prêtres du diocèse de Rennes lors d’une retraite à Poissy les 21-24 novembre 2016.

Une célébration avec le diacre Xavier Romé

La fête des labours à Guipel, depuis 5 ans. La louange a pris place petit à petit dans cette journée. Pour la 1ère fois, des jeunes, et pas seulement les responsables de la paroisse, ont pris part à la préparation. Guidés par Xavier, ils ont préparé une célébration en s’appuyant sur les lectures et les chants de la messe du dimanche. Ils ont construit un autel au plein milieu du champ. Après avoir entonné l’inévitable « un grand champ à moissonner », et pour conclure la prière, l’ambiance a gagné toute l’assemblée qui est partie dans une farandole en se donnant la main au rythme : « donne la paix, donne la paix à ton frère. »

Xavier témoigne : « cela a été l’occasion de rappeler que le Seigneur nous donne tout. Le cadre était beau, bien aménagé ; la célébration a redonné espoir et gaité en ces périodes difficiles pour beaucoup. Les anciens ont félicité les jeunes. » Les jeunes ont remercié Xavier. Il leur répond : « J’ai accueilli votre demande et je vous ai aidé à réaliser une belle célébration. »

L’intervention de Mgr d’Ornellas à la fête départementale des Jeunes Agriculteurs aux Iffs, le 27 août 2016.

Bernard, agriculteur bien impliqué dans la préparation de ce rassemblement lui a demandé de venir présenter l’encyclique ’’Laudato si’’ dans le cadre de la fête. Cet agriculteur souhaitait que la parole du pape François atteigne ces jeunes pris dans les techniques de production agricole. La causerie était intitulée :’’Une chance pour la planète selon le pape François.’’ Regarder la terre avec beaucoup de respect : « cultiver et garder est une des missions la plus noble de l’homme … On n’est plus un « exploitant » agricole, mais on devient ‘’cultivateur’’ Le lendemain, une messe a été célébrée avec bénédiction des tracteurs. Dans notre soirée, cette bénédiction a suscité un débat. Dans le coeur de ceux qui sont en difficulté, le gros tracteur est symbole de la toute-puissance, du non-respect de l’environnement et parfois de l’endettement.

Une année de cheminement : d’une fête de la Création à une 2ème fête de la Création. Dans la paroisse du Bois-Renou, à Saint-Méloir des Ondes, le curé, Joseph Cado, avec son EPP, a vécu sur une année, en s’appuyant sur la visite pastorale de l’Evêque, une participation active des agriculteurs à la fête de la Création, depuis les semailles du blé jusqu’à la fabrication du pain, avec une messe en plein air, puis un repas, face au Mont Saint-Michel, le 2 octobre 2016.

A la relecture de ce parcours proposé par Joseph, une femme note un lien entre les repas préparés en paroisse et les repas avec Jésus dans les évangiles. Par la convivialité qu’il permet, le repas participe à enraciner l’Eglise dans un terroir. Autre point : une année de cheminement permet de valoriser le travail de l’homme et de découvrir le travail de la nature. L’homme participe au beau par ses créations. Il est invité à contempler

Une agricultrice témoigne de la dimension spirituelle dans la fabrication de son fromage.

La fabrication de fromage de brebis et le suivi du troupeau où la dimension spirituelle et affective est indispensable pour fabriquer un bon produit. Marie-Christine nous a dit : « Pour travailler avec le vivant, faire du très bon fromage, il est nécessaire de passer par la contemplation, d’avoir la paix en soi, une paix intérieure, prendre le temps de regarder, d’être bienveillant avec la matière vivante qui nous est donnée… J’ai dû me dépouiller de mon raisonnement scientifique, me retrouver moi-même humblement face à ce que donne la nature. Ce n’est pas la technique qui fait le bon et le beau fromage, c’est l’amour que l’on y met.

Un jour une cliente lui dit : « On sent l’amour dans ton fromage. » Cela l’a interpellée sur sa manière de le fabriquer et reconnait qu’elle investit beaucoup d’amour dans le regard qu’elle porte sur les animaux, le lait, la matière vivante. Il faut accepter de recevoir la vie telle qu’elle est et l’accompagner pour sa transformation. « On devient l’ouvrier du Créateur. On coopère avec du vivant (brebis bactéries…) pour une meilleure qualité du produit fini. C’est respecter ce que Dieu nous a donné. Dans la bible on nous apprend ’’tu ne tueras pas’’. Moi j’applique ce commandement jusqu’à ne pas tuer les cellules vivantes du lait, les bactéries.» Son mari, Jean Claude, est le berger. Il parle de la même manière de son rapport avec les brebis qu’il affectionne. Faisant les marchés, il récolte les compliments des connaisseurs.

Conférence de Véronique Chable,ingénieure à l’INRA de Rennes, à l’initiative du groupe diocésain de « Chrétiens Unis pour la Terre », le 30 septembre 2016 : Changer de regard avec ’’Laudato si’’ et ’’Saint François’’ dans le rapport au vivant.

Tout vient des semences ! On récolte ce qu’on a semé. On devient ce que la nature nous offre. Depuis 2003, 80 associations paysannes rassemblées, association Triptolème. Sème ta résistance : en semant des semences paysannes, on résiste aux grands semenciers. La semence est un don et se partage. Toute la mémoire des plantes est dans la semence. La diversité des végétaux fait la diversité des hommes et des cultures sur la planète.
A une question, « les OGM peuvent être une solution », Véronique Chables répond avec saint Paul : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas bon (profitable) » … « Tout m’est permis, mais moi, je ne permettrai à rien de me dominer. » 1 Cor 6-12.
Laudato Si 108 : Le seul regard scientifique est réducteur. La réalité est plus complexe que ce que la science connaît. Il faut sortir du matérialisme, du « paradigme technocratique ». Avec la manipulation génétique, on casse l’évolution. On n’est plus dans la collaboration avec la nature. Il faut co-évoluer avec la nature, en laissant agir la complexité. Il y a deux logiques : vouloir tout maîtriser, ou bien co-évoluer, garder l’harmonie du sol et de la plante. L’homme intervient avec la plante et non contre la plante. Il faut du discernement.
Ces rencontres et ces témoignages portent des fruits d’espérance dans le coeur de celles et de ceux qui agissent pour que les personnes et la Terre soit respectées.
Pour nous, ce sont les prémices d’un chemin qui aide l’homme de la Terre à louer Dieu… C’est en germination. On sent que cela rejoint des attentes. On souhaite faire connaître ces expériences, ces paroles de foi et de respect de la Création.
C’est aussi une invitation aux paroisses à marquer le mois de la Création voulu par le pape François, du 1er septembre jusqu’à la fête de saint François d’Assise. Accompagner les paroissiens dans leurs initiatives. Ces fêtes donnent beaucoup de joie à la communauté et c’est intergénérationnel.

Repris par François Prodhomme, Laurence Simon-Roy et Jean-Yves Leborgne

Pour continuer :

– En paroisse, on peut susciter des rencontres avec des témoignages, en particulier, donner témoignage de notre relation avec le Créateur.
– Faire découvrir la relation au vivant, à l’homme, à Dieu.
– Accueillir l’autre dans sa différence. Prendre soin de la diversité des publics.
– Partir d’où sont les personnes. Aller les rejoindre sur leur terrain. Les écouter. Leur faire raconter leur travail.
– Réapprendre à contempler, créer du beau, du bon.
– Vivre des fêtes très belles et porteuses d’espérance.