Le nouvel orgue de l’église Saint-Paul de Rennes

Yves Yollant

Président de l’APO 35

 

Version PDF : Le nouvel orgue de St Paul

Origine

L’établissement scolaire Saint-Vincent Providence s’est doté en 2010 d’un orgue pour la petite chapelle de la Providence.

Cet orgue a été donné par la paroisse de Frindsbury (en Angleterre dans le Kent près de Rochester) à condition de l’enlever avant Noël 2010. Un «commando» a donc été monté et deux équipes se sont succédées début décembre pour démonter et ramener cet instrument.

C’est un orgue intéressant. Il a été construit en 1889 (année de la tour Eiffel) par les facteurs d’orgues Forster & Andrews de Hull : il porte le numéro 1033.

La composition de cet instrument est aujourd’hui la suivante.

Grand orgue 56 notes Récit expressif 56 notes Pédale 30 notes
Open Diapason 8  *Trumpet 8  Bourdon 16
Hohlflöte 8  Stopped diapason 8  Bass Flûte 8 (extension)
Dulciana 8  Salicional 8  Octave Flûte 4 (extension)
Principal 4  Voix céleste 8
Flûte 4  Principal 4
Harmonic Piccolo 2  Fifteenth 2
Mixture 3 rgs  **Sesquialtéra 2rgs

* On trouvait à l’origine un Hautbois à la place de la Trumpet.
** Le Bourdon 16 actuellement à la pédale était à l’origine au Récit avec appel indépendant pour la Pédale. Ce jeu avait été remplacé par une Mixture de 2 rangs sans caractère. A la restauration d’aujourd’hui, la mixture a été remplacée par une Sesquialtéra de 2 rangs afin de disposer d’un jeu de solo au Récit, la Trumpet étant trop puissante pour jouer ce rôle de solo.

L’orgue comporte 17 jeux et 994 tuyaux.

Compte tenu du peu d’utilité de cet orgue, il a été cédé à l’église Saint-Paul de Rennes en 2018. Il a été déménagé et est prêt à être remonté au printemps 2019.

Qui étaient Forster & Andrews ?

C’était une très grande entreprise qui a employé jusqu’à 300 personnes.

Ces facteurs ont joué un rôle important pour l’évolution de la facture d’orgue anglaise.

L’entreprise Forster et Andrews a été créée en 1842 à Hull, port du nord-est de l’Angleterre, par James Forster Alderson (1818-1886) et Joseph King Andrews (1820-1896) : ils ont 24 et 21 ans !

Ils ont été formés l’un et l’autre dans la manufacture londonienne James Chapman Bishop.

La manufacture de Hull et son personnel en 1887

L’entreprise se développe et devient l’une des plus grandes maisons du Nord de l’Angleterre.

C’est l’époque où, sous l’influence de Mendelssohn et du facteur Hill, l’Angleterre amorce un virage révolutionnaire dans la facture d’orgue.

  • On abandonne le doublement des 8 pieds pour passer aux mélanges (Mixtures, Plein-jeux) comme les Allemands et les Français.
  • On normalise l’étendue des claviers qui commencent désormais au do avec 56 notes.
  • On introduit le pédalier à l’allemande.
  • On s’intéresse aux Flûtes triangulaires.
  • On découvre la Sesquialtéra.
  • On introduit des anches puissantes comme le Tuba mirabilis.

Au début de leur travail, Forster et Andrews font la connaissance du constructeur Allemand Edmund Schulze (1823-1878), et ils passent un accord commercial qui permettra à Schulze de construire des instruments en Angleterre. Puis en 1850 Forster et Andrews font un voyage chez Schulze en Allemagne qui va influencer toute leur production.

La récente restauration de l’orgue Schulze de Saint-Barthélemy à Armley a mis en lumière le génie du constructeur allemand.

Armley – orgue Schulze

Bien qu’il ait construit peu d’orgues en Grande-Bretagne, son influence a été immense. Schulze est dans la continuation du travail des Silbermann. La firme commence vraiment à acquérir une réputation au XIXe siècle avec de nombreux contrats importants en Allemagne et, de plus en plus, à l’étranger.

Déjà dans ces instruments, nous voyons la normalisation des spécifications et des compositions de mélange, avec l’expérimentation de jeux de solo et «de couleurs». Schulze normalise les claviers et rend la pédale indépendante. Il supprime les doublements de jeux à l’unisson. Il introduit des jeux inconnus comme le Quintaton, le Liebliech Gedeckt, le Gemshorn, les Mixtures avec des Quintes et non des Tierces comme le font les Anglais, la Flûte traversière etc…

Il encourage l’utilisation du Spotted (alliage de plomb et d’étain) et en 1862 il utilise la machine Barker.

Il présente un orgue à l’exposition de 1851 (Great exhibition) au Crystal Palace qui marque les débuts de l’intérêt des Britanniques pour Schulze. Sont exposés onze orgues anglais, un de Ducroquet, un de Schulze et un italien.

En 1847, Forster et Andrews collaborent avec Courcelle, tuyautier et harmoniste Français chez Ducroquet, avec Abbey, puis en 1862 avec J. W. Walker, le célèbre facteur allemand.

La soeur de Schulze vient tenir l’agence commerciale de son frère en Angleterre et se marie en 1866 à Hull avec l’un des principaux collaborateurs de Forster et Andrews : Christian Otto.

Le fils de Forster, James, va faire ses études en Allemagne avant de prendre des responsabilités en 1868, puis finalement assurer la direction de l’entreprise en 1888, c’est-à-dire au moment de la construction de l’orgue de Frindsbury.

Southport, Saint-Cuthbert

Southport, Saint-Cuthbert

En 1870, au moment de la faillite de Schulze en Allemagne, Vogel, harmoniste chez ce dernier, est embauché comme chef harmoniste chez Forster et Andrews. Il y restera jusqu’en 1913. D’autres ouvriers rejoignent également l’Angleterre : harmonistes, tuyautiers, etc.

En 1900 le personnel travaille 54 heures par semaine de 5h30 à 20h30.

La société est reprise par John Christie en 1924 et cesse toute activité en 1956.

L’orgue de Frindsbury

L’orgue a pu être financé grâce à un don de 105 livres fait par Peter Gumming et Catherine, sa femme, en mémoire de leur fils aimé.

L’orgue a été construit en 1889. Cette année-là, la firme construit 27 instruments neufs. Celui de Frindsbury porte le numéro 1053, c’est l’un des derniers de l’année.

Il est signé Jop EDG. Sur une entretoise du sommier médium du Bourdon de 16 on a remarqué la signature de T. A. FENTON. Les claviers sont signés par S. W. Browne.

Les gueuses de fonte servant de lest au réservoir sont marquées F. A. Sur le toit du récit une étiquette indiquait Forster & Andrews (il fallait la trouver !).

     

Cet orgue initialement placé dans le chœur de Frindsbury a été déplacé dans la nef en 1987 par Browne & Sons de Douvres. A cette occasion, les modifications suivantes sont effectuées :

  • La pédale est électrifiée et les 23 notes aiguës du Bourdon 16 déplacées du Récit vers un petit sommier auxiliaire.
  • A la place, sur la chape devenue libre, est installée une mixture de 2 rangs.
  • Le Hautbois est remplacé par une Trompette.
  • Des bagues d’accord sont placées sur les tuyaux.

L’orgue est prévu pour fonctionner à une pression de 70 mm d’eau.

L’instrument avait été endommagé par une inondation suite au vol de la toiture en plomb au-dessus de l’orgue. Vous pouvez voir la vidéo à ce sujet : http://www.youtube.com/watch?v=6VKZam-ZJ30

Le démontage de l’orgue a été assuré par des bénévoles de Saint-Vincent début décembre 2010 avec l’aide partielle de deux facteurs d’orgues anglais.

Les conditions climatiques étaient épouvantables et sont restées gravées dans le souvenir des bénévoles. L’orgue a été stocké dans la chapelle et la restauration a commencé fin 2011.

Il avait été envisagé de placer l’instrument sur la tribune, mais suite à l’aménagement de l’internat, il n’y a plus d’accès et il aurait fallu créer un escalier qui entrainait des frais trop importants. L’emplacement retenu a donc été au sol, au pied de la tribune. La conception de la charpente de l’orgue est d’une telle robustesse que ce dernier n’a aucun besoin d’être amarré à un mur.

Cette église a été fréquentée par Charles Dickens quand il habitait Rochester

L’orgue de Frindsbury avant démontage

L’église de Frindsbury sous la neige

L’orgue en cours de démontage

Suite à l’inondation, grâce à une construction robuste, seuls les sommiers et le réservoir ont été gravement endommagés. Il a fallu donc reprendre les sommiers, les soupapes et repeausser le réservoir.

Les sommiers en cours de restauration

Les sommiers en cours de restauration

Les claviers

La transmission mécanique

Les électro-aimants de la Pédale

Les tuyaux du GO

L’orgue à la chapelle de la Providence du collège Saint-Vincent

Paroisse Saint-Jean XXIII
35 rue de Brest 35000 Rennes
Téléphone : 02.99.59.01.04
Courriel : paroissejean23rennes@gmail.com

Curé : Père Guénael Figarol
Auxiliaire pastoral : Père John Britto Amalraj
Résident : Père Bernard Heudré

Diacres
André Poullain - Jean-Michel Audureau

Accueil (7 rue du Père Lebret)
Lundi et mercredi 15h-17h
Mardi, jeudi, vendredi et samedi 10h-12h

Site internet : rennes.catholique.fr/paroissejean23
Newsletter : jeanxxiiirennes@gmail.com

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