Homélie de la Fête patronale de la paroisse Saint Jean XXIII

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Fête patronale de notre paroisse Saint Jean XXIII

La liturgie de ce dimanche insiste sur l’importance de la prière. La première lecture, tirée du livre de l’Exode, nous montre Moïse sur le sommet de la montagne. Les mains levées, il supplie le Seigneur pour son peuple qui lutte contre ses ennemis. C’est grâce à la prière confiante et persévérante que le peuple a triomphé. En accueillant ce récit, nous comprenons la force de la prière personnelle et communautaire, la force de la puissance de Dieu vis-à-vis de notre faiblesse humaine. En ce dimanche de notre fête patronale, nous comprenons que c’est la prière communautaire, que c’est notre prière communautaire du dimanche qui fait de nous une communauté de frères-.

En ce dimanche, nous entrons dans la semaine missionnaire mondiale. Comme Moïse nous nous mettons en prière pour soutenir tous ceux qui annoncent la bonne nouvelle sur les 5 continents. Nous pensons à tous ces peuples qui doivent se battre pour que leur dignité humaine et leur liberté religieuse soient respectées et reconnues. C’est à nous maintenant de lever les mains vers le Seigneur. Ils comptent sur nous pour soutenir nos frères de notre prière personnelle et communautaire. Ensemble, en ce dimanche, faisons nôtre la prière du psaume 120 : levons les yeux vers les montagnes car le secours me viendra du Seigneur. Il gardera notre vie au départ et au retour, maintenant et à jamais.

La lettre de Saint-Paul à Timothée est aussi un appel à la mission. Les paroles de Paul nous rappellent que les Saintes Ecritures ont le pouvoir de nous communiquer la sagesse. C’est aussi à nous, à chacun de nous, qu’il fait cette recommandation : proclame la parole, interviens à temps et à contre-temps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. A travers cette exhortation, l’apôtre nous encourage à prendre du temps pour découvrir la Parole de Dieu, pour nous tenir devant la parole de Dieu, afin d’acquérir une vraie sagesse de vie. Cette parole de Dieu a conduit le peuple de l ‘ancien-testament. C’est cette même parole qui peut nous aider à conduire nos vies aujourd’hui.

En effet cette bonne nouvelle de la parole, nous l’accueillons, nous nous en nourrissons pour en être les messagers là où nous vivons. Ce don que nous avons reçu, nous ne pouvons pas le garder pour nous. C’est comme une lumière qui doit rayonner et se communiquer au monde entier. C’est ce que nous essayons de faire aujourd’hui avec les enfants en catéchèse, leur donner le goût de la parole de Dieu pour qu’ils la mettent en pratique dans leur vie d’enfants, pour qu’ils grandissent dans leur foi et leur vie chrétienne. Nous essayons de les initier aux 3 sacrements de la vie chrétienne : le baptême, l’eucharistie, la confirmation.

Les enfants sont heureux de vivre leur première communion. Beaucoup découvrent peu à peu l’eucharistie du dimanche, en particulier à travers la messe des familles. Certains enfants, non-baptisés, deviennent désireux de recevoir le baptême. Des jeunes souhaitent vivre le sacrement de confirmation, comme ça été le cas pour 11 jeunes de notre paroisse l’an dernier. Et ça les a fait prendre des responsabilités, des engagements… Très concrètement, chacun de nous peut se poser la question par rapport à ces 3 sacrements de l’initiation chrétienne : comment je les vis ? Et tout d’abord,  est-ce que je les ai reçus ? Par exemple, est-ce que j’ai reçu le sacrement de confirmation, la force de l’Esprit-Saint, pour conduire avec sagesse ma famille, ma profession, mes engagements ? Vous savez qu’il y a la possibilité chaque année de préparer ce sacrement en 4-5 rencontres en paroisse, pour le recevoir à la cathédrale la veille de la Pentecôte.

Et enfin, l’évangile de ce dimanche nous rappelle que tout commence dans la prière. Jésus nous raconte l’histoire de cette pauvre veuve qui supplie que la justice lui soit faite. Elle a des démêlées avec une justice corrompue, avec un juge qui se fiche pas mal des pauvres et des faibles. Elle insiste tellement que le juge finit par lui accorder tout ce qu’elle demande. Cette veuve symbolise la pauvreté et l’impuissance des exclus, des sans-voix et des marginaux. Ils sont nombreux chez nous et dans le monde entier. Nous pensons à toutes les victimes des injustices, des conflits, des attentats, des persécutions. Beaucoup meurent chaque jour sous les bombes. C’est toute cette souffrance que nous présentons au Seigneur dans la prière, dans notre prière communautaire du dimanche. Prier, c’est insister comme des enfants qui reviennent sans arrêt à la charge, jusqu’à obtenir gain de cause, car notre Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants et qui veut leur bonheur.

Alors le Christ conclue sa parabole en nous posant une question très importante : le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? Trouvera-t-il des disciples missionnaires ? Le pire ennemi de la foi, c’est le découragement, c’est la tiédeur, c’est quand on dit que Dieu n’est jamais là ou qu’il nous a abandonnés. Jésus nous met en garde contre ce danger. Croire c’est s’obstiner dans la prière, c’est crier vers Dieu jour et nuit sans baisser les bras. Et l’exemple de la veuve est là pour nous apprendre l’obstination. En ce mois du Rosaire, nous faisons passer notre prière par Marie. Elle est là pour nous ajuster à l’amour de son fils Jésus qui nous renvoie vers nos frères. Ensemble, nous nous tournons vers le Seigneur. Nous le prions avec tous les chrétiens du monde. Que le Seigneur nous garde dans son amour. Au milieu de nos travaux, de nos joies et de nos peines, qu’il nous fasse vivre en enfants de Dieu, disciples et missionnaires.(A. FERRE)