Homélie de la Journée mondiale missionnaire : 22-23 octobre 2016

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Journée mondiale missionnaire

Nous célébrons aujourd’hui la journée missionnaire mondiale.

Nous allons faire le commentaire de la parole de Dieu à 2 voies : je vais passer tout d’abord la parole à Marta qui est une étudiante tchèque et qui nous livre le témoignage de sa foi, telle qu’elle la vit dans son pays. (ou Anna, Gabon.)Nous l’écoutons…

La richesse de la parole de Dieu de ce dimanche nous permet d’entrer au cœur de la journée mondiale missionnaire « Annoncer la miséricorde de Dieu ». La première lecture nous rappelle que le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes, c’est-à-dire que Dieu est impartial envers les personnes, il ne fait pas de préférence, il ne juge pas sur les apparences, mais le Seigneur regarde le cœur. Dans l’ancien-testament, le pauvre, l’opprimé, l’orphelin et la veuve étaient considérés comme les 4 principales situations de pauvreté et de précarité. La loi invitait tous les croyants à protéger et à prendre soin de ces personnes défavorisées selon l’exemple de Dieu, plein de bonté et riche en miséricorde.

Le texte de la seconde lecture est considéré comme le testament missionnaire de l’apôtre Paul. Depuis sa prison, il livre une sorte de relecture de sa mission à son ami Timothée, pour l’encourager et lui passer le relais, le témoin de l’annonce de la Bonne nouvelle : j’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Il dit sa confiance dans le Seigneur. Ca été sa source et sa force dans son ministère si dynamique qui lui a permis de parcourir le monde en témoignant de sa foi. Le langage de Paul nous fait penser au monde du sport, comme si Paul était dans son rôle d’entraineur ou de conseiller sportif pour nous encourager à bien vivre notre mission propre, pour vivre la course de relais pour la mission universelle, en Eglise et dans l’Eglise. Oui, il nous faut savoir passer le témoin aux autres, et il nous faut savoir prendre le relais des autres, car, nous dit Paul le Seigneur nous a remplis de force pour que nous puissions jusqu’au bout annoncer l’Evangile et le faire entendre à toutes les nations, ici et ailleurs.

Et puis St Luc, dans l’évangile, raconte cette histoire, tellement ordinaire, de ces 2 hommes dont l’un était pharisien et l’autre publicain, collecteur d’impôts. Voilà 2 hommes qui montent au temple pour prier. Mais que s’est-il donc passé pour qu’à la fin de leur prière, seul le publicain soit désigné comme exemple par Jésus ? Simplement un tout petit mot qu’il n’a pas dit et que, par contre, on trouve dans la bouche du pharisien : le mot comme. Je te rends grâce, dit le pharisien, parce que je ne suis pas comme les autres hommes. Il se met à part, et pire, il se compare aux autres, à son avantage naturellement. Voilà la racine de son péché.

Se comparer aux autres ne peut qu’engendrer en nous une foule d’attitudes négatives : de l’autosatisfaction (Dieu merci, je ne suis pas comme les autres), ou bien de la dépression (je suis bon à rien). L’orgueil engendre le mépris des autres, et l’envie engendre la jalousie. Et tout cela vaut non seulement pour les individus, mais pour tous les groupes humains : nations, classes sociales, sans oublier les confessions religieuses et même les paroisses.

Alors cette parole de Dieu nous invite une fois de plus à faire la vérité en nous, à faire la vérité sur notre vie.

Ce qui permet au publicain d’être justifié par Jésus, c’est qu’il se situe dans la vérité de son existence : il ne peut pas mentir à Dieu, il ne va donc pas se mentir à lui-même. Il est réellement pécheur. Et il le reconnaît. Et plus encore, il demande pitié à Dieu. Et il est exaucé, parce qu’il est ajusté à Dieu dans sa prière C’est cela son miracle : il reconnaît sa misère et en fait état devant Dieu, en vérité : il étale sa misère devant la miséricorde de Dieu. Le malheur du pharisien, c’est de mettre sa confiance en lui seul, en ses actes. Au fond, il n’a pas besoin de Dieu ni de personne. Il est seul. C’est tout juste s’il ne demande pas à Dieu de l’admirer. Il se pense comme un monument de vertu. Il n’est pas ajusté à Dieu.

Alors, dans cette eucharistie, demandons à Dieu cette transparence de notre cœur qui ne met pas d’obstacle à la rencontre, et qui nous situe en vérité devant Dieu, nous ajuste à Dieu, et nous ajuste aussi à nos frères, dans notre vocation et notre mission propre à chacun. Puissions-nous accueillir en vérité au plus profond de nous-mêmes cette parole de l’évangile : qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. (Alain FERRE)