Dimanche 2 août : la multiplication des pains

La foule est suspendue aux lèvres de Jésus. Il a l’art et la manière de dire les choses. C’est un orateur hors pair. Avec lui, on ne voit pas le temps passer. On l’écouterait des heures et des heures.

Oui, mais voilà, le jour baisse. Pour les Apôtres, pleins de bon sens, il faut renvoyer cette foule pour qu’elle puisse acheter de la nourriture, sinon elle ne va plus écouter le message du Christ. C’est bien connu : « Ventre affamé n’a point d’oreilles. » « L’endroit est désert, font remarquer les Apôtres, et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Jésus est mis devant le fait accompli. Comment nourrir cette foule ? On est loin de tout. Il n’y a pas de supermarchés dans la région, et les épiceries du coin sont fermées.

Je ferai trois remarques au sujet de ce miracle de la multiplication des pains opéré par Jésus.

– Tout d’abord, Jésus ne nourrit pas la foule à partir de rien (« ex nihilo » disent les théologiens) Il utilise cinq pains et deux poissons trouvés par hasard dans la foule. Aujourd’hui encore, Jésus utilise ce que nous avons : notre bonne volonté, notre savoir-faire, nos faibles moyens. Il part des petits riens que nous avons pour faire de grandes choses.

– Ensuite, avant de multiplier les pains, Jésus prie : « Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction. Il rompit les pains et les donna aux disciples. » Ces gestes rappellent incontestablement ceux du Jeudi-Saint, à la dernière Cène, repris à chaque messe. Ce parallèle n’est pas neutre. En effet, le vrai pain qui nourrit le cœur de l’homme et apaise sa faim d’absolu, c’est la Pain de l’Eucharistie consacré et distribué à chaque messe.

– Enfin cette foule rassasiée par le Christ ne doit pas nous faire oublier tous ceux qui ne mangent pas à leur faim dans le monde. N’oublions pas ceux qui ne font qu’un seul repas par jour ou qui mangent des pâtes 5 ou 6 fois par semaine. Nous vivons dans une société de consommation qui mange trop et qui a du cholestérol, alors que d’autres meurent de faim. De grâce, ne nous habituons pas à cette mauvaise répartition des richesses : « Dieu a dressé pour toi la table, vers l’abondance il t’a conduit : à toi de faire le partage du pain des hommes, aujourd’hui. »

Père Gilles Pajot