Diocèse de Rennes

Edito

« Je suis avec toi tous les jours” (cf. Mt 28, 20) !

Message de notre Pape François pour la première journée mondiale des grands parents et des personnes âgées (fête de Sainte Anne et Saint Joachin le 25 juillet cette année).

C’est ce message que je voudrais reprendre « je suis avec toi tous les jours ». C’est pour tous les grands parents, mais aussi chacun de nous. C’est un message aussi pour nos « communautés » qui semblent porter le poids de l’âge, et de la difficulté du renouvellement. Comme une forme de stérilité. Le Seigneur connaît chacune de nos souffrances actuelles. Il est aux côtés de ceux qui font l’expérience douloureuse d’être mis à l’écart ; notre solitude, (j’ajoute notre inquiétude, notre petit nombre ne lui sont pas indifférents ). Une tradition raconte que saint Joachim, le grand-père de Jésus, avait lui aussi été exclu de sa communauté parce qu’il n’avait pas d’enfants ; sa vie – tout comme celle de sa femme Anne – était considérée comme inutile. Mais le Seigneur lui envoya un ange pour le consoler. Alors qu’il se tenait tout triste aux portes de la ville, un envoyé du Seigneur lui apparut pour lui dire : « Joachim, Joachim ! Le Seigneur a exaucé ta prière insistante ».

Le Seigneur nous envoie aussi ses messagers à travers la Parole de Dieu, qu’il ne fait jamais manquer à notre vie. Lisons chaque jour une page de l’Évangile, prions les Psaumes, lisons les Prophètes ! Recevons aussi avec joie ceux que le Seigneur nous envoie : les prêtres, les religieuses, les diacres, les laïcs en mission ecclésiale (catéchèse, jeunes, secrétariat, aumônerie), laïcs qui acceptent une responsabilité dans les services, conseils pastoraux ou économiques qui partagent le poids du jour. Regardons-les toujours comme des « envoyés du Seigneur », sinon nous serons toujours dans un monde d’illusion clôt sur nous-mêmes.
Nous serons surpris par la fidélité du Seigneur à travers la diversité des missions et des personnes. En effet, il envoie les ouvriers à sa vigne à toutes les heures de la journée (cf. Mt 20, 1-16), à chaque saison de la vie. « Je peux moi-même témoigner d’avoir reçu l’appel à devenir Évêque de Rome au moment où j’avais atteint, pour ainsi dire, l’âge de la retraite et je ne pensais plus pouvoir faire grand-chose de nouveau. Vous savez que le Seigneur est éternel et ne prend jamais sa retraite, jamais ! » – Pape François.
Jésus dit aux Apôtres : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » Mt (28, 19-20). Ces paroles s’adressent aussi à nous aujourd’hui et nous aident à mieux comprendre que notre vocation est celle de
conserver les racines, de transmettre la foi aux jeunes et de prendre soin des plus petits. « Écoutez bien : quelle est notre vocation aujourd’hui, à notre âge ? Conserver les racines, transmettre la foi aux jeunes et prendre soin des plus petits. N’oubliez pas cela. »
Amis fougerais, c’est aussi un appel pour nos communautés avec ces trois dimensions : vous aimez conserver les racines… bravo. Le pape François nous y invite. Mais il nous invite aussi à renouveler notre confiance pour transmettre la foi aux jeunes et prendre soin des plus petits. Il y a des moyens nouveaux à vivre et inventer : un lieu pour jeunes et enfants (Ste-Madeleine), le lien internet, le réconfort mutuel en se réunissant par service en doyenné (exemple de la diaconie paroissiale), savoir « trouver les plus petits de l’aujourd’hui » (les écrasés de la vie, blessés affectifs ou de l’histoire).
« Il y a donc une vocation renouvelée pour toi aussi à un moment crucial de l’histoire. Tu te demandes : comment est-ce possible ? Mon énergie s’épuise petit à petit et je ne crois pas pouvoir faire grand-chose. Comment puis-je commencer à me comporter différemment lorsque l’habitude est devenue la règle de mon existence ? Comment puis-je me consacrer à ceux qui sont plus pauvres alors que j’ai déjà tant de soucis pour ma famille ? Comment puis-je élargir mes horizons quand je ne parviens même plus à quitter ma résidence ? »

N’étions-nous pas tournés que vers notre seule résidence ? Notre manière de vivre l’église et notre liturgie. Le Pape nous invite constamment à « sortir ». A inaugurer aussi comme Marie la pastorale de la visite, la pastorale de la « sonnette » (Je viens te visiter au nom de Jésus (Mgr Eric de Moulin Beaufort).

« Je suis toujours avec toi ». Le Pape François continue : « Ta prière est une ressource très précieuse : c’est un poumon dont ni l’Église ni le monde ne peuvent se priver «  (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 262).

Merci au Pape de nous réveiller vers la mission. Merci de l’avoir partagée avec vous tous. Je vous bénis au nom du Seigneur Jésus.   Père Jean

 


Pour chaque scout, qui lève le camp, il y a deux choses qu’il faut qu’il laisse derrière lui : rien et ses remerciements, à Dieu pour la joie qu’Il lui a donnée et au propriétaire du terrain qui lui en a permis l’usage. Baden Powell.

Voilà, nous quittons le campement, nous sommes envoyés ailleurs le Père Philibert et moi, et nous accueillons de nouveaux prêtres pour nos paroisses, c’est l’inattendu de Dieu qui passe et nous envoie en mission.
La « mission » s’origine dans le cœur immense du Père. Par la création du monde. Il nous voulait ses enfant et « semblable » à lui (Jean 1,3) en devenir. Le monde existe pour que nous apprenions à aimer comme homme et femme à son image pour vivre sa ressemblance (Gn 1,27). Oui Dieu nous invite à entrer dans cette relation qui nous stupéfie : sa propre vie Trinitaire ! Ouf rien que cela !!!!
La création n’est pas seulement matière (le Big Bang) mais le don que Dieu nous fait de lui-même, comme une dépossession de lui-même. Il crée un hors de lui pour se donner. Il invite à l’amitié l’homme cet « hors venu ». D’Abraham à Jésus le mot est donné : « mon ami, mes amis ». Apprendre l’amitié auprès de Jésus et sa Mère et la partager aux frères, c’est la Mission.  Amitié pas seulement pour mes proches, mais pour l’inconnu sur qui je pose mon regard et les générations à venir (sens de Laudato Si).
Jésus est en mission. Il a fait ce long voyage de l’incarnation pour habiter avec nous.  En fait, il vient nous délivrer de toute suffisance. Lui qui est relation, il sait que la suffisance de soi est mortifère. En Dieu, le « je » reste un autre : le moi est tourné vers un autre.
La relation en Jésus est totalement inversée. Il quitte sa condition divine, il se dévêt du rang de Dieu pour justement nous apprendre l’attitude divine : l’abaissement.  Moi le créateur, je vous ai lavé les pieds c’est un exemple pour que vous fassiez de même. C’est ainsi que vous serez heureux et le monde aussi (Jean 13,15).

L’Esprit Saint est venu nous apprendre à vivre en nous cette belle humilité de Dieu pour la porter en nous et la partager au monde dans une gigantesque et humble co-création.
La mission : des mots à porter sans fin : « tu es aimé du Père de toujours, Jésus est venu pour toi, et est mort pour toi. L’Esprit Saint est ton ami, ton « hôte » intérieur. La vie est une chance, vis là ». (Mère Teresa)
Chaque chrétien est en ainsi en mission. Nos services et mouvements sont magnifiques. Emerveillons-nous de chacun d’eux. Louons le Seigneur pour chaque travail. Ils sont là pour permettre au Christ de frapper à la porte de chacun de ceux que nous côtoyons.

Avec Baden Powell, je voudrais vous laisser « ce rien » qu’est l’amitié, cette poussière déjà si belle dans l’immensité de l’amour que nous avons à cultiver. Je voudrais aussi vous laisser mon merci pour nous avoir accueillis et pour avoir partagé les anciens et les nouveaux chemins qui nous attendent.

Fraternellement !
Emerveillé de vous dire ce mot. Il vient de notre ami Jésus. « Va trouver mes frères » (Jean 17,20). Père Jean

 


Tu es essentiel à mes yeux. Ne crains pas. Tu as du prix à mes yeux (Isaïe 43, 1-7)

Inventer de nouveaux chemins…
Nous avons appris par cette pandémie que certaines personnes étaient « essentielles » et d’autres « non essentielles ». Par ailleurs, elle a redonné une juste place, des « invisibles » sont devenus essentiels, alors que des essentiels étaient reclus. La Bible nous dit l’inverse : Tu es toujours essentiel aux yeux du Créateur. « Tu as du prix à mes yeux » (Is 43,1-7).
Oui, nous avons été façonnés pour la gloire de Dieu. Il est un père qui nous porte dans ses bras. Il est fier de nous. Et Dieu nous bénit : « Ne crains pas ». Pour Dieu tu es essentiel car « je t’aime ».C’est l’amour de Dieu qui nous rend essentiel à ses yeux.
     Ne nous trompons pas, tout ce nous mettons pour « glorifier » nos égos, ces supériorités, ces condescendances qui parent nos psychismes internes,  tout cela est de la « balayure » : tout ce qui fait la « jet set », la course au « like », à la notoriété, et même nos habitudes de faire non appelantes…sans délégation. St Paul nous dit « poubelle ». « Ce n’est pas ça le sel de l’évangile ! » et peut-être dénature-t-on involontairement nos communautés (1).
Le sel de la communauté chrétienne, son rôle essentiel, c’est de dire ce message : « Tu as du prix aux yeux du Seigneur » et par le fait même « tu as aussi du prix à mes yeux, je t’aime ».  Comment vivre concrètement pour que ce  frère que nous côtoyons (ou l’étranger au sens biblique) sente ce prix que nous lui accordons ?
Nos communautés sont appelées à être sel de la terre : dire l’amour de Jésus, le vivre ensemble, appeler chacun à prendre une place…Attention, il  y a 3 dimensions dans le « dire » : mettre le sel (la parole) et mélanger le sel (les autres) faire gouter (la relecture), apprendre à d’autres à saler (la mission).  Comment notre regard et notre cœur vont-ils imiter Jésus et redevenir du sel ? Regardons l’appel du publicain Matthieu… Jésus le vit et l’appela…Traduction insuffisante dit notre pape François qui reprend Saint Bède et traduit : Jésus le regarda « en le « miséricordant » et en le « choisissant ». C’est peut-être ça, ce nouveau regard, le sel qui peut renouveler nos communautés : un regard qui enveloppe en miséricorde et en appel. Ce regard nouveau est constitutif de l’eucharistie, l’agenouillement de Jésus devant Pierre qui lui lave les pieds (le miséricordant et le  choisissant).

« Chaque baptisé, chaque participant de l’Eucharistie est appelé à  devenir acteur de l’annonce du Christ auprès de ceux qui l’entourent. Quelle conversion exige cette perspective si fondamentale ! C’est ce qu’on appelle la « conversion pastorale »(2), inséparable de la nouvelle évangélisation ».
Comment vivre et nous entrainer à vivre cette « onction du cœur » pour l’autre ? Comment faire pour que nos communautés balayent la « balayure » qui  nous pare en apparence et dénature ce qu’est venu instituer le Christ ? C’est le « job de l’Esprit Saint qui veut couler sur nous et en nous à la Pentecôte et à chaque instant.
«Le témoignage dans l’histoire n’a jamais été une chose facile tant pour les témoins — très souvent ils paient par le martyre — que pour les puissants». «Témoigner signifie rompre une habitude, une façon d’être : rompre en mieux, changer» cette habitude. «C’est pourquoi l’Eglise va de l’avant au moyen du témoignage» (1)
      Bonne marche vers la Pentecôte, que l’Esprit nous libère de la pandémie et suscite de nouveaux chemins. Père Jean

Sources : 1 – (L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°048 du 27 novembre 2018)
2 – Mgr Eric de Moulin Beaufort, pour aider toutes les équipes des paroisses à entrer en mission, a partagé un document « les 5 essentiels » de la communauté chrétienne. Décapant ! Disponible au presbytère.
3 – Document de la Congrégation pour le Clergé le 27 juin 2020 approuvé du Saint Père

 


« Espérer contre toute espérance » à la suite d’Abraham, face à la pandémie

«Espérant contre toute espérance, Abraham crut » (Romain 4,18).
La prière de Mère Teresa « La vie est une chance » nous invite aussi à affronter sa « tragédie ».
C’est l’appel du Deutéronome : « choisir la vie » est  un appel à choisir son combat. « La vie est un combat, accepte-le » . 

Dieu crée ce monde à  « main forte et à bras étendu » (Jérémie, 32,17), ce n’est pas un coup de baguette magique. Il y a une implication de Dieu dans sa Création. Il se donne Lui-même dans sa création. Il se donne à la croix « ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne » Jean 10,18, Il se donne  à la Pentecôte— vous allez recevoir une force et serez mes témoins. Il nous faut sans cesse revenir à ce don trinitaire. C’est « l’aujourd’hui » du don de Dieu. Le risque, c’est de fermer notre « cœur ».

« Et nous qui espérions que 15 jours de confinement – devenus 2 mois – nous « délivreraient » du mal,  voilà que le chemin est plus long que prévu. Comme un vrai marathon ! » Philippe Boissonat (adjoint rédacteur en chef de Ouest France) compare cette pandémie au marathon du Mont Saint Michel (ÉDITORIAL. Le syndrome du marathonien (ouest-france.fr). Le départ se fait avec entrain. Le mont est superbe de Cancale…. Et plus on approche du Mont, plus celui-ci semble s’éloigner. Le corps lâche et est près de s’effondrer. Seule la volonté tient comme mécaniquement, il appelle cela le syndrome du marathonien. « Au final, c’est une épreuve psychologique. Il faut surmonter la tentation de l’abandon et dénicher au fond de soi la ressource pour les dix derniers kilomètres, les plus éprouvants.

Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de notre première grande épreuve collective. Par bonheur, il ne s’agit pas d’une « guerre » : pas d’envahisseurs à nos portes, pas de combats dans nos rues. En revanche, la période voit réapparaître certains marqueurs des années d’occupation : couvre-feux, autorisation de sorties, files d’attente… Et s’installer ce sentiment épuisant d’avenir empêché, de temps « gâché ».

L’invisible virus se fait légion de mutants potentiellement plus agressifs les uns que les autres. Les discours qui pourraient nous guider ressemblent parfois au discours de  Babel, où les langages brouillés empêchent les hommes de comprendre et de se comprendre : médecins de villes dépossédés du soin, spécialistes relayés par les médias, laboratoires en recherche concurrente, sans oublier le trublion virus de la zizanie qui nous affecte tous. Oui cette pandémie, au-delà de ses méfaits, nous fait penser à Babel. Les hommes bâtissent des tours pour atteindre le ciel, décider ce qu’est  l’avenir et se réveillent fragiles.

« Mais méfions-nous de cette incessante foire aux polémiques, où les préoccupations sanitaires pèsent souvent moins lourd que les calculs politiques ou la simple envie d’exister dans les médias. Quitte à exploiter toutes les détresses » … « À court terme, les imprécations soulagent les nerfs. À la longue, elles fissurent notre capacité d’action commune dans l’intérêt général et ne laissent prospérer que le cynisme et la violence».

L’évangile, c’est toujours « la semence de Dieu » qui donne du fruit en abondance dans la bonne terre. Peu importe les ronces, les pierres le dessèchement, les époques. Il nous faut semer « Le matin, sème ton grain et le soir, ne reste pas inactif. Car tu ne sais pas de deux choses celle qui réussira ; et peut-être qu’elles sont aussi bonnes toutes les deux » (Ecclésiaste 11,6). C’est pour cela que la pandémie ne nous dissuade pas de réfléchir. La Visitation doit se faire mission sous peine de se renier. Nous nous sommes formés à la mission, les 1, 2 et 3 février pour ne pas rester inactif.

Une fraternité missionnaire. Mgr de Moulins Beaufort, Evêque de Reims et Président de la Conférence des Evêques de France, a appelé 2 prêtres, un diacre et son épouse, une religieuse et un couple à vivre une fraternité missionnaire qui éveille les communautés à la « mission ». C’est passer de disciple à missionnaire, c’est sentir avec le cœur de Dieu : visiter, aimer, écouter, porter, annoncer. Quelques-uns ont eu la joie de faire cette expérience début février, lors de la venue de 4 missionnaires de Reims. Ils sont partis en binôme à la rencontre de l’autre et nous livrent quelques témoignages, à lire dans le dernier Infos Paroissiales
INFOS PAR janvier-Février 2021

 


La messe avant tout ! Non…mais le service du frère…oui !

Je comprends que les chrétiens aient souffert de ne pouvoir se retrouver pour célébrer l’Eucharistie. Le concile Vatican II nous a appris que l’Eucharistie était « source et sommet » de la vie chrétienne. Dans le contexte où nous sommes, il y a deux manières de vivre ce temps de privation.

Une première est de proclamer haut et fort sa souffrance légitime, de chercher où est l’erreur, qu’est-ce qui se cache derrière cette ordre et de manifester son désaccord en passant outre.
Je me situe plus dans une autre logique. En Matthieu 18/20, Jésus, parlant de la prière en commun nous enseigne : « En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Il s’agit bien de la présence réelle de Jésus ; et le signe de sa présence est donné par la communauté qui se rassemble pour prier. Pour moi, c’est la même présence réelle du Christ ressuscité quand il dit, Mt 25/40 : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Cette présence réelle du ressuscité St Paul l’a expérimentée sur le chemin de Damas, quand, terrassé, mis à terre, il reçoit cette parole de Jésus le Christ, Actes 9/5: « Paul demande : ‘’qui es-tu, Seigneur’’ ? La voix répondit : ‘’ Je suis Jésus que tu persécutes’’. » Par trois fois dans les Actes des Apôtres, Paul témoigne de sa rencontre avec Jésus Ressuscité. Actes 22/7et 26/15.
Ces paroles de Jésus nous interrogent ; nous devons les prendre au sérieux. Jésus, lui-même se dit présent dans celui qui est nu, malade ou en prison, et dans le frère persécuté. Il s’agit bien d’une présence réelle qui trouve son accomplissement dans le sacrifice du Christ dont on fait mémoire à la messe.
Autre parole qui doit nous faire réfléchir : le Pape François, dans ‘’La joie de l’Evangile’’ a écrit : « moins est plus. » Comment je comprends cela ? Dans la situation où nous sommes, la privation du rassemblement dominical pour participer à la messe, nous sommes dans le moins. Et si ça devenait un plus ! Je vous donne l’exemple de Gérard un ami prêtre à Madagascar. Il témoigne : « il y a 4 ans, je revenais tout juste de Madagascar. Dans la dernière ‘Mission’ où j’ai exercé, il n’y avait que 115 églises de brousse à visiter, pour 3 prêtres, et à des journées de marche à pieds pour les plus éloignées. Lors de la dernière visite que j’ai faite sur 13 jours, je me suis payé à peu près 150 km à pieds. Ce n’est pas un exploit, mais je veux dire que les chrétiens n’avaient « la messe » qu’une fois par an dans le meilleur des cas … Malgré tout, ces églises continuent de se développer, sans messe! Penserais-tu que ce sont des baptisés de bas étage ? »
Posons-nous la question : comment vivons-nous notre Baptême qui nous fait : « Prêtre, prophète et roi ». Dit autrement : le sacrement de Baptême fait des chrétiens appelés à prier Dieu (le prêtre conduit la prière), le prophète a mission d’annoncer la Parole de Dieu et dénoncer le mal, le roi doit construire la fraternité. Le sacrement de Confirmation les confirme comme disciples-missionnaires, en leur donnant l’Esprit Saint. L’Eucharistie fait mémoire du sacrifice du Christ qui vient les renouveler en leur donnant sa force. Dans l’exhortation apostolique de 2013, le pape François écrit N° 120 : « En vertu du baptême reçu, chaque membre du peuple de Dieu est devenu disciple-missionnaire cf Mt 28/19). Chaque baptisé, quelques soient sa fonction dans l’Eglise et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation. »

« Nous sommes « tous frères ». Frère François le 26-11-2020