Edito

Tu es essentiel à mes yeux. Ne crains pas. Tu as du prix à mes yeux (Isaïe 43, 1-7)

Inventer de nouveaux chemins…
Nous avons appris par cette pandémie que certaines personnes étaient « essentielles » et d’autres « non essentielles ». Par ailleurs, elle a redonné une juste place, des « invisibles » sont devenus essentiels, alors que des essentiels étaient reclus. La Bible nous dit l’inverse : Tu es toujours essentiel aux yeux du Créateur. « Tu as du prix à mes yeux » (Is 43,1-7).
Oui, nous avons été façonnés pour la gloire de Dieu. Il est un père qui nous porte dans ses bras. Il est fier de nous. Et Dieu nous bénit : « Ne crains pas ». Pour Dieu tu es essentiel car « je t’aime ».C’est l’amour de Dieu qui nous rend essentiel à ses yeux.
     Ne nous trompons pas, tout ce nous mettons pour « glorifier » nos égos, ces supériorités, ces condescendances qui parent nos psychismes internes,  tout cela est de la « balayure » : tout ce qui fait la « jet set », la course au « like », à la notoriété, et même nos habitudes de faire non appelantes…sans délégation. St Paul nous dit « poubelle ». « Ce n’est pas ça le sel de l’évangile ! » et peut-être dénature-t-on involontairement nos communautés (1).
Le sel de la communauté chrétienne, son rôle essentiel, c’est de dire ce message : « Tu as du prix aux yeux du Seigneur » et par le fait même « tu as aussi du prix à mes yeux, je t’aime ».  Comment vivre concrètement pour que ce  frère que nous côtoyons (ou l’étranger au sens biblique) sente ce prix que nous lui accordons ?
Nos communautés sont appelées à être sel de la terre : dire l’amour de Jésus, le vivre ensemble, appeler chacun à prendre une place…Attention, il  y a 3 dimensions dans le « dire » : mettre le sel (la parole) et mélanger le sel (les autres) faire gouter (la relecture), apprendre à d’autres à saler (la mission).  Comment notre regard et notre cœur vont-ils imiter Jésus et redevenir du sel ? Regardons l’appel du publicain Matthieu… Jésus le vit et l’appela…Traduction insuffisante dit notre pape François qui reprend Saint Bède et traduit : Jésus le regarda « en le « miséricordant » et en le « choisissant ». C’est peut-être ça, ce nouveau regard, le sel qui peut renouveler nos communautés : un regard qui enveloppe en miséricorde et en appel. Ce regard nouveau est constitutif de l’eucharistie, l’agenouillement de Jésus devant Pierre qui lui lave les pieds (le miséricordant et le  choisissant).

« Chaque baptisé, chaque participant de l’Eucharistie est appelé à  devenir acteur de l’annonce du Christ auprès de ceux qui l’entourent. Quelle conversion exige cette perspective si fondamentale ! C’est ce qu’on appelle la « conversion pastorale »(2), inséparable de la nouvelle évangélisation ».
Comment vivre et nous entrainer à vivre cette « onction du cœur » pour l’autre ? Comment faire pour que nos communautés balayent la « balayure » qui  nous pare en apparence et dénature ce qu’est venu instituer le Christ ? C’est le « job de l’Esprit Saint qui veut couler sur nous et en nous à la Pentecôte et à chaque instant.
«Le témoignage dans l’histoire n’a jamais été une chose facile tant pour les témoins — très souvent ils paient par le martyre — que pour les puissants». «Témoigner signifie rompre une habitude, une façon d’être : rompre en mieux, changer» cette habitude. «C’est pourquoi l’Eglise va de l’avant au moyen du témoignage» (1)
      Bonne marche vers la Pentecôte, que l’Esprit nous libère de la pandémie et suscite de nouveaux chemins. Père Jean

Sources : 1 – (L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°048 du 27 novembre 2018)
2 – Mgr Eric de Moulin Beaufort, pour aider toutes les équipes des paroisses à entrer en mission, a partagé un document « les 5 essentiels » de la communauté chrétienne. Décapant ! Disponible au presbytère.
3 – Document de la Congrégation pour le Clergé le 27 juin 2020 approuvé du Saint Père

 


« Espérer contre toute espérance » à la suite d’Abraham, face à la pandémie

«Espérant contre toute espérance, Abraham crut » (Romain 4,18).
La prière de Mère Teresa « La vie est une chance » nous invite aussi à affronter sa « tragédie ».
C’est l’appel du Deutéronome : « choisir la vie » est  un appel à choisir son combat. « La vie est un combat, accepte-le » . 

Dieu crée ce monde à  « main forte et à bras étendu » (Jérémie, 32,17), ce n’est pas un coup de baguette magique. Il y a une implication de Dieu dans sa Création. Il se donne Lui-même dans sa création. Il se donne à la croix « ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne » Jean 10,18, Il se donne  à la Pentecôte— vous allez recevoir une force et serez mes témoins. Il nous faut sans cesse revenir à ce don trinitaire. C’est « l’aujourd’hui » du don de Dieu. Le risque, c’est de fermer notre « cœur ».

« Et nous qui espérions que 15 jours de confinement – devenus 2 mois – nous « délivreraient » du mal,  voilà que le chemin est plus long que prévu. Comme un vrai marathon ! » Philippe Boissonat (adjoint rédacteur en chef de Ouest France) compare cette pandémie au marathon du Mont Saint Michel (ÉDITORIAL. Le syndrome du marathonien (ouest-france.fr). Le départ se fait avec entrain. Le mont est superbe de Cancale…. Et plus on approche du Mont, plus celui-ci semble s’éloigner. Le corps lâche et est près de s’effondrer. Seule la volonté tient comme mécaniquement, il appelle cela le syndrome du marathonien. « Au final, c’est une épreuve psychologique. Il faut surmonter la tentation de l’abandon et dénicher au fond de soi la ressource pour les dix derniers kilomètres, les plus éprouvants.

Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de notre première grande épreuve collective. Par bonheur, il ne s’agit pas d’une « guerre » : pas d’envahisseurs à nos portes, pas de combats dans nos rues. En revanche, la période voit réapparaître certains marqueurs des années d’occupation : couvre-feux, autorisation de sorties, files d’attente… Et s’installer ce sentiment épuisant d’avenir empêché, de temps « gâché ».

L’invisible virus se fait légion de mutants potentiellement plus agressifs les uns que les autres. Les discours qui pourraient nous guider ressemblent parfois au discours de  Babel, où les langages brouillés empêchent les hommes de comprendre et de se comprendre : médecins de villes dépossédés du soin, spécialistes relayés par les médias, laboratoires en recherche concurrente, sans oublier le trublion virus de la zizanie qui nous affecte tous. Oui cette pandémie, au-delà de ses méfaits, nous fait penser à Babel. Les hommes bâtissent des tours pour atteindre le ciel, décider ce qu’est  l’avenir et se réveillent fragiles.

« Mais méfions-nous de cette incessante foire aux polémiques, où les préoccupations sanitaires pèsent souvent moins lourd que les calculs politiques ou la simple envie d’exister dans les médias. Quitte à exploiter toutes les détresses » … « À court terme, les imprécations soulagent les nerfs. À la longue, elles fissurent notre capacité d’action commune dans l’intérêt général et ne laissent prospérer que le cynisme et la violence».

L’évangile, c’est toujours « la semence de Dieu » qui donne du fruit en abondance dans la bonne terre. Peu importe les ronces, les pierres le dessèchement, les époques. Il nous faut semer « Le matin, sème ton grain et le soir, ne reste pas inactif. Car tu ne sais pas de deux choses celle qui réussira ; et peut-être qu’elles sont aussi bonnes toutes les deux » (Ecclésiaste 11,6). C’est pour cela que la pandémie ne nous dissuade pas de réfléchir. La Visitation doit se faire mission sous peine de se renier. Nous nous sommes formés à la mission, les 1, 2 et 3 février pour ne pas rester inactif.

Une fraternité missionnaire. Mgr de Moulins Beaufort, Evêque de Reims et Président de la Conférence des Evêques de France, a appelé 2 prêtres, un diacre et son épouse, une religieuse et un couple à vivre une fraternité missionnaire qui éveille les communautés à la « mission ». C’est passer de disciple à missionnaire, c’est sentir avec le cœur de Dieu : visiter, aimer, écouter, porter, annoncer. Quelques-uns ont eu la joie de faire cette expérience début février, lors de la venue de 4 missionnaires de Reims. Ils sont partis en binôme à la rencontre de l’autre et nous livrent quelques témoignages, à lire dans le dernier Infos Paroissiales
INFOS PAR janvier-Février 2021

 


La messe avant tout ! Non…mais le service du frère…oui !

Je comprends que les chrétiens aient souffert de ne pouvoir se retrouver pour célébrer l’Eucharistie. Le concile Vatican II nous a appris que l’Eucharistie était « source et sommet » de la vie chrétienne. Dans le contexte où nous sommes, il y a deux manières de vivre ce temps de privation.

Une première est de proclamer haut et fort sa souffrance légitime, de chercher où est l’erreur, qu’est-ce qui se cache derrière cette ordre et de manifester son désaccord en passant outre.
Je me situe plus dans une autre logique. En Matthieu 18/20, Jésus, parlant de la prière en commun nous enseigne : « En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Il s’agit bien de la présence réelle de Jésus ; et le signe de sa présence est donné par la communauté qui se rassemble pour prier. Pour moi, c’est la même présence réelle du Christ ressuscité quand il dit, Mt 25/40 : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Cette présence réelle du ressuscité St Paul l’a expérimentée sur le chemin de Damas, quand, terrassé, mis à terre, il reçoit cette parole de Jésus le Christ, Actes 9/5: « Paul demande : ‘’qui es-tu, Seigneur’’ ? La voix répondit : ‘’ Je suis Jésus que tu persécutes’’. » Par trois fois dans les Actes des Apôtres, Paul témoigne de sa rencontre avec Jésus Ressuscité. Actes 22/7et 26/15.
Ces paroles de Jésus nous interrogent ; nous devons les prendre au sérieux. Jésus, lui-même se dit présent dans celui qui est nu, malade ou en prison, et dans le frère persécuté. Il s’agit bien d’une présence réelle qui trouve son accomplissement dans le sacrifice du Christ dont on fait mémoire à la messe.
Autre parole qui doit nous faire réfléchir : le Pape François, dans ‘’La joie de l’Evangile’’ a écrit : « moins est plus. » Comment je comprends cela ? Dans la situation où nous sommes, la privation du rassemblement dominical pour participer à la messe, nous sommes dans le moins. Et si ça devenait un plus ! Je vous donne l’exemple de Gérard un ami prêtre à Madagascar. Il témoigne : « il y a 4 ans, je revenais tout juste de Madagascar. Dans la dernière ‘Mission’ où j’ai exercé, il n’y avait que 115 églises de brousse à visiter, pour 3 prêtres, et à des journées de marche à pieds pour les plus éloignées. Lors de la dernière visite que j’ai faite sur 13 jours, je me suis payé à peu près 150 km à pieds. Ce n’est pas un exploit, mais je veux dire que les chrétiens n’avaient « la messe » qu’une fois par an dans le meilleur des cas … Malgré tout, ces églises continuent de se développer, sans messe! Penserais-tu que ce sont des baptisés de bas étage ? »
Posons-nous la question : comment vivons-nous notre Baptême qui nous fait : « Prêtre, prophète et roi ». Dit autrement : le sacrement de Baptême fait des chrétiens appelés à prier Dieu (le prêtre conduit la prière), le prophète a mission d’annoncer la Parole de Dieu et dénoncer le mal, le roi doit construire la fraternité. Le sacrement de Confirmation les confirme comme disciples-missionnaires, en leur donnant l’Esprit Saint. L’Eucharistie fait mémoire du sacrifice du Christ qui vient les renouveler en leur donnant sa force. Dans l’exhortation apostolique de 2013, le pape François écrit N° 120 : « En vertu du baptême reçu, chaque membre du peuple de Dieu est devenu disciple-missionnaire cf Mt 28/19). Chaque baptisé, quelques soient sa fonction dans l’Eglise et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation. »

« Nous sommes « tous frères ». Frère François le 26-11-2020

 


« Espérer contre toute espérance » (Romains, 4,18)

Dans ces moments difficiles nous sommes conviés à l’espérance. Ce n’est pas à un petit espoir mais une attitude ; elle nous vient d’Abraham : « Espérant contre toute espérance, il crut et il devint père d’un grand nombre de nations ». Le voyage, Abraham ne l’a pas fait en avion (…), mais pendant des mois et des années (de confinement) pardon….d’exode dans le désert. Dans son découragement, Dieu le  conduisit dehors et dit : « Lève les yeux au ciel et dénombre les étoiles si tu peux les dénombrer. » Et il lui dit : « Telle sera ta descendance. » Et Abraham crut une autre fois au Seigneur, « qui le lui compta comme justice » (Gn 15, 2-6).

La scène se déroule de nuit, dehors il fait nuit, mais aussi dans le cœur d’Abraham il fait sombre, c’est l’obscurité de la déception, du découragement, de la difficulté à continuer à espérer en quelque chose d’impossible. Désormais, le patriarche est trop vieux, il lui semble ne plus avoir de temps pour un fils. Abraham s’adresse au Seigneur, mais Dieu, même s’il est là, présent, et qu’il lui parle, semble désormais s’éloigner, comme s’il n’avait pas respecté sa parole. Abraham se sent seul, il est vieux et fatigué, la mort pèse. Comment continuer à se fier ?

Et l’espérance, c’est aussi ne pas avoir peur de voir la réalité pour ce qu’elle est et en accepter les contradictions.

Alors, Abraham, dans sa foi, s’adresse à Dieu pour qu’il l’aide à continuer à espérer. C’est curieux, il ne demanda pas un enfant, mais dit : “Aide-moi à continuer à espérer”, la prière d’avoir l’espérance. (Pape François 28 décembre 2016).

C’est notre prière…dans l’exode de  notre confinement…. Et si la nuit et le temps  (nuages) le permet, ….comptez les étoiles… comme Abraham. C’est une belle expérience de foi.

Un des premiers risques de ces moments difficiles est la division entrainée par l’inquiétude. Ce deuxième confinement est plus dur, le petit espoir de l’été s’est envolé.  C’est le propre de tout virus : « circuler ». Mais son invasion est longue. Combien de temps ? 1 mois… tout l’hiver… Avec des allers retours localisés ou généralisés plus longtemps.  La difficulté qui dure peut entrainer l’incompréhension, saper la confiance dans l’autre :  le dirigeant, la médecine, un sentiment d’incohérence ou de persécution, de complot : « le virus chinois », ou tout simplement aversion de l’autre le voisin qui ne comprend rien et ne fait pas attention. Cela peut même entrainer une division spirituelle sur la messe et pas de messe. La communion en « drive » ou non.  La messe en ligne et non en ligne. Division sur : « tel ou tel prêtre fait comme cela. Le nôtre ne fait rien….Ah, si nous avions tel évêque ». Ou « c’est grâce à nous Civitas que vous avez retrouvé la messe…Ou encore « si on était dans tel pays… »

Un autre risque lorsque la difficulté persiste, c’est le découragement.  Il y a des fractures fortes entre confinement en campagne ou confinement dans un appartement exigu : distance ou écrasement. Parents que l’on peut visiter ou non, car enfermés dans un Ehpad. Découragement dans son métier de soignants à bout de force ou appelés à  venir travailler même contaminés. Magasins fermés au nom de la « non circulation du virus » alors que l’autre  plus bondé est ouvert…. Promotions alléchantes sur internet….Ce sentiment d’injustice aggrave le découragement. De là, peut survenir la désespérance… Chez des malades non visités, ce peut-être  la détresse absolue…. Les soignants qui veulent abandonner le métier. On se laisser couler ! Même, la violence familiale ou infantile semble déborder (multipliée par 15 !!! !)

Que devons-nous vivre en Eglise ?  « N’ayez pas peur petit troupeau, j’ai vaincu le monde (Jean 16,33)  « je suis toujours avec vous » Mt 28,20. Comment  se manifeste cette présence du Seigneur et notre fidélité à travers ce que nous pouvons vivre en Eglise ?

Les lieux de culte sont ouverts. Nous pouvons y aller. Nous pouvons y prier. Nous pouvons adorer le Seigneur. Le Christ « est toujours avec nous ». Nous pouvons prier en silence à plusieurs. Nous pouvons prier le chapelet. Nous pouvons nous donner rendez-vous à quelques-uns… dans notre heure de sortie. Le presbytère est ouvert. Vos prêtres sont là.

Les prêtres assurent la prière de l’eucharistie. A l’église ou dans une chapelle en absence de paroissiens  (à 18h30 en semaine, aux heures habituelles  (18h00, 11h00) le week-end. Ou chez eux pour certains.  Ils offrent dans leur cœur, dans la peine du silence  l’offrande du Christ pour le Salut du monde. Ils portent les intentions particulières qui leur sont confiées…. Des époques et des pays entiers ont vécu l’interdit des prêtres de célébrer en public.

Nous pouvons tous prier chez nous. Veiller. Nous avons des revues : « prier », « magnificat », etc… Lisons les en silence ou à haute voix. Entrer dans la prière du jour. Lire savoureusement un passage de la Bible. Entrer dans la prière de l’Eglise le bréviaire. Prier en famille : raconter ce qu’on a fait, vu, aimé. C’est la relecture… chanter un chant. Proclamer une prière. Porter une intention.

Nous pouvons offrir l’absence, le manque. C’est le sacrifice spirituel. C’est peut être le plus important : Demeurez en moi…. Constamment. Sans cesse. A chaque instant…Dans la moindre respiration.

Avec la durée difficile de cette pandémie,  nous allons mettre en place avec vous tout ce qu’appelle cette situation exceptionnelle : messe filmée, communion, prière commune, etc… Dans cette difficulté le Seigneur nous appelle à « Espérez contre toute espérance ! ». C’est la foi d’Abraham qu’il nous invite à vivre .

Père Jean

 


Semaine Missionnaire mondiale, apprendre à être : « Tous frères de notre Dieu ! »

Parce qu’ils se sont mis au service de la mission, ils ont compris la « fécondité » spirituelle que Dieu nous propose à travers l’amitié fraternelle.  L’Eglise les proclame bienheureux :
Jeune italien décédé à 15 ans, béatifié, ce 10 octobre à Assise, Carlo Acutis est un adolescent qui nous a quittés en 2006 des suites d’une leucémie foudroyante. Passionné d’informatique, surnommé « le geek de Jésus », il est né en Angleterre en 1991 et a vécu son engagement chrétien malgré son jeune âge. Génie passionné de nouvelles technologies, il a mis ses dons au service de l’évangélisation. Nourri par l’adoration et l’eucharistie quotidienne, il a ainsi organisé une exposition numérique sur les miracles eucharistiques pour transmettre sa foi « Il a été capable d’utiliser les nouvelles techniques de communication pour transmettre l’Évangile, pour communiquer valeurs et beauté » (Pape François).
Pauline Jaricot, déjà nommée patronne des missions par le pape François en octobre 2019, est une Lyonnaise issue de la bourgeoisie. Elle a consacré sa vie à la Mission, au service des pauvres et à la prière. Elle est la fondatrice des Œuvres Pontificales Missionnaires, présentes dans 140 pays. Pauline Jaricot comprend aussi très vite que sans la prière, l’Église et la Mission ne peuvent vivre. En 1826, elle crée le « Rosaire Vivant » : la récitation du Rosaire est répartie entre des groupes de 20 personnes. Chaque personne s’engage à réciter quotidiennement une dizaine du chapelet cheminant avec un des mystères de la vie de Jésus. Ainsi chaque jour le Rosaire est cheminé en entier par le groupe.
Ces deux exemples, très différents d’âge, de vie, d’époque, femme du 19ème, jeune du 20ème, nous font comprendre ce qu’est la mission : « Etre sans relâche au service du frère ». Cela peut se faire en partant à l’autre bout du monde…sans bouger sur son clavier d’ordinateur…dans son quartier en lançant une équipe « mission ».
Oui votre petit fils en 5ème peut peut-être missionnaire et vous retraité(e) vous pouvez l’être aussi. Que la prière du Pape François concluant son mot « fratelli tutti » (tous frères), nous aide à entrer dans une telle passion pour la mission.

«  Seigneur et Père de l’humanité, toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,
insuffle en nos cœurs un esprit fraternel. Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix. Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.
Que notre cœur s’ouvre à tous les peuples et nations de la terre, pour reconnaître le bien et la beauté que tu as semés en chacun pour forger des liens d’unité, des projets communs, des espérances partagées. Amen ! »

           Prière du Pape François, Fratelli Tutti, 4 octobre 2020

Carlo Acutis, Œuvre Pontificale missionnaire. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carlo_Acutis
Miracle de Pauline Jaricot (Lyon 2012)  https://fr.aleteia.org/2020/05/29/la-guerison-de-mayline-le-miracle-qui-a-permis-la-beatification-de-pauline-jaricot/
Appel du pape François : « Tous frères ! » http://www.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20201003_enciclica-fratelli-tutti.html

Oeuvres Pontificales Missionnaires : https://www.opm-france.org/