Diocèse de Rennes

Eugène Henry 1828 – 1903

Rennes, 07.12.1828 – Rennes, 21.04.1903 (75 ans)

 

Naissance, parents

Eugène Henry est né le 7 décembre 1828 à Rennes de son père Jean-Baptiste, tourneur, et de sa mère, Jeanne Caroline Duval.

Formation

Il sera l’élève de Jean-Baptiste Jaillet (1819-1884), organiste de l’église Saint-Etienne et de Florent-Rémi Moulin, puis à Paris chez François Benoist (1794-1878), professeur au Conservatoire de Paris, Alexandre-Pierre-François Boëly (1785-1858), puis Émile Prudent (1817-1863).

Nominations, honneurs

Eugène Henry est nommé par Mgr Brossays Saint-Marc pour réorganiser la musique à la cathédrale.

Il participe à la mise en place d’une maîtrise à la cathédrale dès 1850, puis en 1853 il est chargé d’instruire les enfants de la maîtrise. Puis il sera maître de musique de la maîtrise en 1854.

On lui demande également d’enseigner au collège St Vincent (1846-1898) puis à l’Institution du Sacré-Cœur.

En 1852 Mgr Brossays Saint-Marc le charge d’un cours de musique et d’orgue au Grand Séminaire.

Il aura la charge d’organiste et de maître de chapelle cathédrale Rennes de 1846 à 1896.

Chef de la Société Philharmonique (1874-1876).

Palmes académiques, Officier de l’instruction publique. Chevalier de l’ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand, Membre de l’Académie Sainte-Cécile (Rome).

Publications

Eugène Henry est l’auteur d’un Recueil de faux-bourdon à quatre parties avec accompagnement d’orgue.

Décès, inhumation

Eugène Henry décède le 21 avril 1903, au 9 rue de La Monnaie à Rennes, âgé de 74 ans.

La Semaine Religieuse du Diocèse de Rennes du 2 mai 1903 mentionne que les obsèques ont eu lieu à l’église Saint-Sauveur le vendredi 24 avril.

Il est inhumé au Cimetière du Nord, Section 7 Rang 23 Tombe 28 avec sa première épouse née Léonie Houssemen (1828-1868), et sa deuxième épouse, Blanche Hortense Witkowska, professeur de chant (1838-1904).

Au cimetière, Charles-Augustin Collin, organiste et maître de chapelle de l’église Notre-Dame, a prononcé un discours :

« Messieurs,

Il est des hommes qui, ayant eu le privilège de parcourir une longue carrière, ont ou encore, grâce à une existence toute de haute probité et d’incessant labeur, le nom moins enviable privilège de jouir de l’estime générale de leurs concitoyens.

La carrière fournie par l’artiste vénéré que nous accompagnons à sa dernière demeure, bien qu’il soit superflu d’en faire l’éloge, est de celles qu’il importe de rappeler parce qu’elle montre à quoi peut arriver l’homme qui, se livrant à un travail assidu, a la volonté mise au service de l’intelligence.

M. Henry, l’organiste et maître de chapelle si distingué de l’église métropolitaine, le doyen des organistes de notre ville et aussi un des doyens du corps de l’enseignement musical dans cette région, fut avant tout un laborieux. Après de sérieuses études musicales, facilitées par des dons heureux, études faites sous la direction du grand organiste Besnoit, professeur au conservatoire de Paris et du non moins célèbre pianiste Prudent, M. Henry […] de ses œuvres aussi, sut se créer à Rennes, et de très bonne heure, une brillante situation. On peut dire, chose assez rare, qu’il fut prophète dans son pays.

Nombreux furent les élèves qui lui demandèrent des conseils. Les maisons d’éducation se l’attachèrent comme professeur. Les écoles primaires municipales, l’école normale, l’école municipale de musique – plus tard érigée en succursale du conservatoire national – le grand séminaire, l’institution Saint-Vincent, le pensionnat des Dames du Sacré-Cœur eurent recours à son expérience, et, faisant appel à son talent musical, lui confièrent les classes de son solfège et de piano, d’harmonium et de plain-chant. Ses leçons furent très appréciées. D’ailleurs, les services qu’il rendit à l’enseignement musical attirèrent l’attention du gouvernement qui lui décerna les palmes académiques et le promut plus tard officier de l’instruction publique.

Mais, au professorat ne se borna pas son ambition.

M. Henry aimait par-dessus tout la musique religieuse. Secondé par l’organiste du chœur, pendant plus d’un demi-siècle, avec autant de zèle que de valeur artistique, l’éminent maître de chapelle s’appliqua à rehausser l’éclat des cérémonies du culte en faisant interpréter par la maîtrise de la cathédrale des messes solennelles, des motets choisis parmi les œuvres des maîtres.

Je me souviens avoir vu signaler comme un évènement dans les éphémérides rennaises, l’exécution de la Messe du Sacre, de Cherubini, montée le jour du sacre de Mgr le cardinal Saint-Marc. Ce fut à cette époque en effet, un véritable évènement artistique. Tentative assez hardie que de faire entendre une œuvre de cette difficulté écrite par le directeur du Conservatoire de Paris à l’occasion du sacre de Charles X.

Ceux d’entre vous, Messieurs, qui ont suivi les cérémonies religieuses de l’église métropolitaine, ont pu juger de l’effet produit par l’harmonisation à quatre voix des chants liturgiques, connus sous le nom de Faux bourdons.

Le succès de la publication qu’en fit l’organiste de la Métropole fut assez grand pour nécessiter plusieurs éditions successives. La croix de chevalier de l’ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand vint récompenser leur auteur à qui l’Académie de Sainte-Cécile à Rome avait longtemps avant ouvert ses rangs.

Durant de longues années, M. Eugène Henry qui ne négligeait pas la musique profane, prit part à un grand nombre de concerts, tenant la baguette avec autorité pour diriger les chœurs, montant même des scènes lyriques et des oratorios. Pour les soirées de bienfaisance et les auditions de la Société philharmonique, jadis si florissante, on ne fit jamais en vain à ses concours. Il fit partie, à sa fondation, du Comité de l’Association artistique et littéraire de Bretagne. Il était aussi délégué par le département de l’Association des artistes musiciens fondée par le baron Taylor. Cependant, sa santé ayant ressenti les premières atteintes du mal, M. Henry renonça peu à peu aux manifestations artistiques. Mais jusqu’à la dernière heure, il voulut rester fidèle à son orgue et conduire la maîtrise. Les fêtes de Pâques furent les derniers témoins de son zèle.

Entouré de la sympathie et du respect de ses collègues, très apprécié dans les milieux rennais, M. Henry avait donc occupé une position des plus enviables. Chef d’une nombreuse famille, il aura eu la consolation de voir son nom si honorablement connu se perpétuer en la personne de ses enfants qui continuent brillamment ses traditions d’art et d’art religieux.

Au milieu de ce nombreux concours d’amis, où se confondent tous les rangs de la société, en présence de cet imposant hommage rendu à la mémoire de leur père, puissent-ils trouver ainsi que Madame Eugène Henry à qui j’adresse l’expression de mes regrets et de mes respectueuses condoléances, quelque adoucissement à leur peine ! Cet adoucissement, ils le trouveront, je n’en doute pas, dans leurs sentiments de foi si profonde.

Et vous, mon cher collègue, vous qui avez chanté avec toute l’ardeur de votre âme d’artiste chrétien, retournez vers Dieu, source de vos inspirations ; revivez dans l’éternel bonheur ! » (publié dans Ouest Éclair du 25 avril 1903)

Sur sa tombe figue la mention « maître de chapelle »

Réalisations

Le Chœur diocésain (Fabien Barxell, chef de chœur) et Stéphanie Mainard (organiste) ont proposé :

Faux bourdon sur la Prose de Pâques Victimae paschali laudes pour chœur et orgue

lors des concerts : 08/05/2019 à Domloup, 12/05/2019 à Irodouër, 30/05/2019 à Fougères, 02/06/2019 à Bain-de-Bretagne

Contributions

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