Diocèse de Rennes

Lucien Louis Jean Haudebert 1877 – 1963

Fougères, 10.04.1877 – Paris, 24.02.1963 (86 ans)

Naissance et jeunesse

Lucien HAUDEBERT naît à Fougères le 10 avril 1877 d’un père, Louis Julien Michel HAUDEBERT, négociant, et d’une mère, Clémentine Marie née PITOIS.

Son grand-père maternel, Jean-Marie PITOIS est le propriétaire et directeur d’une usine de chaussures. Louis HAUDEBERT succède à Jean-Marie PITOIS et souhaite que Lucien prenne la suite. Ce souhait paternel va entraîner une difficulté entre le père et le fils car Lucien se voit voué à la musique.

Le petit Lucien réalise sa scolarité à Fougères. L’organiste aveugle de l’église Saint Léonard, M. CHAUSSEBLANCHE, lui donne sa première formation musicale. Ses progrès sont rapides.

Ses études se poursuivent au collège de Laval jusqu’à l’obtention du bac de philosophie. La musique occupe de plus en plus de place dans l’esprit du jeune homme. Mais son père l’inscrit à l’École des hautes études commerciales à Paris.

Une vocation

Des rencontres parisiennes lui permettent d’entrer dans le monde de la musique. Il rencontre Georges MARTINET, premier violon à l’Opéra.

Après son service militaire, souhaitant épouser la carrière de compositeur, il s’oppose à son père. Sans revenus il s’installe à Paris. Il fait la connaissance de Gabriel FAURÉ. Mais les privations provoquent chez lui une grave anémie qui l’oblige à revenir sur Fougères où il fait la connaissance de celle qui va devenir sa femme : Mary Charlotte COLLET.

Mary Charlotte COLLET est divorcée de Georges Hyacinthe Jean Placide LE CHARTIER. Ils ont une fille, Amélie.

Fin 1906 le couple s’installe à Paris ; ils s’épousent le 8 janvier 1907 à l’Église Réformée d’Auteuil (53 rue Erlanger Paris 16e). Ils n’auront pas d’enfant.

Selon Andrew COPE, Lucien HAUDEBERT était mystique et universaliste1.

La grande guerre sera le véritable point de départ de son œuvre. Mary écrit un poème qui deviendra son œuvre maîtresse « Dieu vainqueur ». C’est un appel à la joie :

« Dieu, Dieu l’éternel
Parle et convoque la terre
Depuis le soleil levant
Jusqu’au soleil couchant
Beauté parfaite, Dieu resplendit
Il vient notre Dieu, il vient
Il ne restera pas silencieux
Devant lui est un feu dévorant
Autour de lui une violente tempête
Il vient notre Dieu ».

Romain ROLLAND2, qui proposera le titre, l’encourage et le félicite. Diverses auditions ont lieu : au Théâtre des Champs Élysées, à la Salle Gaveau et au Théâtre municipal de Metz, puis en Allemagne.

D’autres œuvres vocales avec orchestre, marquées par la réflexion religieuse et philosophique suivront : Chant de Pâques (1925), Nativité (1925), Ode à la musique (1927), Moïse (1928), Requiem (1929), Les Adieux d’Antigone (1930), Saint-Louis (1937), Te Deum (1948).

Sa musique de chambre et de piano devrait attirer l’attention : Dans la maison (1920), Gethsémani (1921), Églogue (1921), Ma lande au grand soleil (1923), La chanson du semeur (1923), Le Cahier d’Élisabeth (1924), Printemps (1925), Procession (1925), Le Cahier d’Ève (1929), Nocturne et l’Été (1943), Chant de la mer (1950).

Il faut mentionner la remarquable et fidèle collaboration artistique entre Mary HAUDEBERT et son époux. Elle écrira la quasi-totalité des textes mis en musique par Lucien HAUDEBERT.

Décès, lieu inhumation

Mary précèdera son époux de cinq ans dans la mort le 2 août 1958.

Lucien HAUDEBERT est décédé à Paris le 24 février 1963 âgé de 86 ans.

Ils sont inhumés à Fougères (emplacement 4-17-11) dans le caveau de la famille COLLET.

Actualités

La Bibliothèque Nationale de France possède de nombreux manuscrits musicaux et partitions imprimées, une abondante correspondance, des Souvenirs (1956).

https://data.bnf.fr/14828052/lucien_haudebert

Un article Wikipédia en anglais est disponible sur le web https://en.wikipedia.org/wiki/Lucien_Haudebert

Une Rue Lucien Haudebert existe à Fougères.

Andrew COPE est l’auteur d’une thèse soutenue en 2015 pour l’Université de Kingston, Londres. Celle-ci (en anglais) est disponible à la consultation aux Archives municipales de Fougères.

Réalisations

Le Chœur diocésain (Fabien Barxell, chef de chœur) et Stéphanie Mainard (organiste) ont donné les œuvres suivantes :

  • Cantique à sainte Thérèse opus 47 Texte de Mary Haudebert pour deux voix égales et orgue (1936) publié en 1939
  • Ubi caritas opus 41 pour deux voix égales (1931-1934) publié en 1939
  • Pour la fête de Pâques opus 36 pour orgue (1931-1934) publié en1937

lors des concerts : 08/05/2019 à Domloup, 12/05/2019 à Irodouër, 30/05/2019 à Fougères, 02/06/2019 à Bain-de-Bretagne

Contributions

Vous souhaitez enrichir et compléter cette notice par des témoignages, des renseignements biographiques, des partitions ; merci de prendre contact avec le délégué diocésain 06 74 85 14 35 musique.liturgique@diocese35.fr

 

1 L’universalisme chrétien est la doctrine selon laquelle tous les hommes (quelle que soit leur religion) seront sauvés. Il était professé par l’Église universaliste d’Amérique (1793-1961).

2 Romain ROLLAND né à Clamecy le 29 janvier 1866 et mort à Vézelay le 30 décembre 1944, est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915. D’une culture forgée par la passion de l’art et de la musique et le culte des héros, il chercha sa vie durant un moyen de communion entre les hommes.