L’aumônier d’hôpital, présence discrète de Dieu

L’aumônier d’hôpital, présence discrète de Dieu

ARTICLE Famille.Chrétienne| 10/02/2007 | Numéro 1517 | Par Bénédicte de Saint-Germain

A l’hôpital, l’aumônier accompagne les personnes âgées dans leur cheminement spirituel. Témoignage.

La mission de l’aumônerie s’exerce en grande partie auprès de non-croyants. Qu’importe : dans nos visites, se rencontrent avant tout deux frères en humanité, deux intériorités. Lorsque nous écoutons, que nous partageons du temps avec les malades, nous venons sans projet, dans la gratuité d’une rencontre. Nous sommes conviés à beaucoup de délicatesse car nous touchons leur liberté, leur secret, leur « sacré ».

Au cœur d’une souffrance, nous saisissons le reflet du beau ou du bon d’une vie.

Parler, prier, préparer les sacrements

Une fois le contact établi, les malades parlent et dans cet échange, Dieu se dit. Même si nous ne le nommons pas, nous savons qu’il est là.

Nous sommes signes de sa présence sur le chemin de quelqu’un, mais une présence discrète, humble, patiente. Nous nous rappelons le Christ-eucharistie, Pain de vie, que nous mangeons et qui disparaît, assimilé dans notre intimité corporelle. Sa discrétion et sa présence dictent la nôtre.

Avec certains malades, nous pouvons parler de Dieu, prier, préparer les sacrements, célébrer, accompagner à la messe. Avec d’autres, nous relisons leur vie. Ils sont heureux d’y voir la présence de Dieu. D’autres encore découvrent un Dieu d’amour et de liberté.

Notre mission est un service, un agenouillement devant l’homme : nous respectons infiniment la personne visitée parce que le Christ habite en elle. Attitude difficile à avoir pourtant quand le malade est vraiment diminué.

Notre démarche est spirituelle. Elle suppose une remise en question permanente et un détachement total par rapport aux résultats !

La vieillesse : un appel à s’abandonner

Les personnes âgées sont appelées à « vivre Job », c’est-à-dire un grand dépouillement. Comme il est difficile de s’accepter vieillissant, pour certains de devenir dépendants, dans la dignité ou l’indignité, d’attendre parfois un soin pendant des heures ! Tout cela dans un silence assourdissant : les vieux malades sont des « sans-voix » de notre société.

Dans cet état d’abandon, Dieu est présent. Notre mission d’au-mônerie s’appuie sur cette certitude. Dieu donne la patience de vivre cette étape-là. Et quand tel ou tel prend conscience de sa présence, tout change ! Même si cela n’empêche pas des hauts et des bas.

La vie en Dieu ne s’arrête pas avec la vieillesse, même pour ceux qui perdent la tête. L’âme reste tournée vers Dieu. Les malades sont les « tout-petits » de l’Évangile : « Père, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». La vieillesse est une occasion privilégiée de revenir à la confiance infinie du tout-petit pour son parent, de s’abandonner à Dieu.

Bénédicte de Saint-Germain

Bénédicte Pascal, orthophoniste de formation, est aumônier à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye.

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