Diocèse de Rennes

Parole de Mgr d’Ornellas : Soyons dans l’Espérance

Alors que nous approchons de la fin de l’été, je voudrais vous parler de l’espérance. Permettez- moi de vous entraîner tout de suite vers cette vertu magnifique et pas toujours facile. Elle est la grande qualité des chrétiens. Sainte Thérèse de Lisieux ne s’est-elle pas écriée : « Ma folie à moi, c’est l’espérance » ?

Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°300 – Septembre 2018

Bien sûr, chacun vit l’espérance dans le concret de son existence, suivant les événements dans sa famille, au travail, au sein de sa communauté chrétienne, paroissiale ou autre, ou dans son engagement associatif. Permettez- moi d’aller à l’essentiel qui rejoint tous les chrétiens, même si chacun vit sa foi avec ses ombres et ses lumières : comment ne pas être habités par l’espérance lorsqu’on sait que l’amour de Dieu ne nous fera jamais défaut, lorsqu’on croit en Jésus, ressuscité et vivant aujourd’hui, qui est « le sauveur du monde », lorsqu’on sait que l’Esprit Saint nous est donné pour que la charité imprègne nos cœurs de douceur, de fidélité, de pardon et de don de soi pour Dieu et pour le prochain en nos familles, au travail ou en nos communautés chrétiennes.

Oui, chrétiens, nous sommes invités à poser un regard bienveillant d’espérance sur celles et ceux qui nous entourent ainsi que sur notre monde.

Au moment où notre Église catholique, répandue sur toute la surface de la terre, vit une grande douleur, il est fondamental de se laisser habiter et convertir par l’espérance que donne l’Évangile. Beaucoup parmi nous, fidèles et prêtres, sont troublés par le scandale de la pédophilie qui secoue notre famille spirituelle, l’Église, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs. Il est heureux que les victimes puissent parler car il est fondamental qu’elles soient écoutées, accueillies et accompagnées. Prions pour elles.

En tant qu’évêque, je communie à la souffrance et au cri du pape François : « J’ai honte ! » J’ai lu avec émotion sa demande de pardon à Dublin, ce 26 août dernier. Comment des prêtres appelés à bénir au nom de Dieu peuvent à ce point Le trahir et trahir l’Église et le monde en profanant l’innocence et la beauté d’un enfant qui en est blessé à vie !

Face à la douleur de l’Église, soyons donc dans l’espérance.

Le pape François, infatigable témoin de l’appel à la conversion que nous adresse le Seigneur, a écrit le 20 août dernier une lettre à tout le « Peuple de Dieu ». Il nous demande de jeûner et de prier. J’ai proposé que nous le fassions tous le vendredi 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse, ou le samedi 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs.

Pourquoi jeûner et prier ? Parce que notre Église a toujours plus besoin de sainteté. Cette sainteté est « le visage le plus beau de l’Église », proclame le pape François. Grâce à la sainteté de ses membres, l’Église témoigne de l’amour de Dieu pour tout homme, en particulier pour les plus petits. Jeûner et prier, c’est aussi demander pardon à Dieu pour les péchés commis dans l’Église. Par le Baptême, nous sommes frères et sœurs réunis en Jésus dans la « famille de Dieu ». C’est pourquoi, il est juste et bon de demander pardon pour des péchés que nous n’avons pas commis, et de prier pour les victimes de ces péchés.

Jeûner et prier, c’est manifester notre espérance en Dieu qui est présent au milieu de son Peuple, qui le nourrit de sa Parole, qui le sanctifie par sa grâce, qui lui donne tant de prêtres fidèles dans leur mission pour vous et avec vous. Face à la douleur de l’Église, soyons donc dans l’espérance.

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