Parole de l’évêque. La double source de la joie : Parole de Dieu et sacrement de Réconciliation

Au début du Carême, nous entendons l’affirmation de Jésus : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Juif habité par les Écritures d’Israël, Jésus résiste à la tentation en s’appuyant sur la Parole de Dieu. En effet, il sort de son cœur ces mots de l’Ancien Testament (Deutéronome 8,3).

Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°317 – Mars 2020

Quelle étonnante parole ! Elle nous invite à la conversion en choisissant de vivre de la parole qui sort de la bouche de Dieu. Voilà notre vraie nourriture ! Cette parole est le « pain de vie » qui donne la vraie vie. Elle nous fait sortir de la superficialité, elle nous oblige à prendre du temps pour la méditation, elle fortifie notre foi, notre espérance et notre charité, elle nous parle de Dieu et nous le rend plus familier, elle nous apprend qu’il est rempli de tendresse : il est « riche en miséricorde », clame saint Paul.

Le Carême ? Un temps précieux pour aller boire à la source de la Parole de Dieu. Quelle richesse dans chacune des paroles de la Bible ! Quelle source désaltérante et consolante en tant de passages ! Quelle joie quand une parole de Dieu nous rejoint au plus profond de nous-même !

Qu’il est beau de réserver du temps pour méditer l’Écriture Sainte ! En famille ou chacun, petit et grand, trouve de la joie à partager un passage – même très bref – de la Bible. En fraternité ou on prie et ou on s’écoute les uns les autres pour s’enrichir à partir d’un texte des Évangiles. En communauté paroissiale dans l’écoute attentive de l’Écriture : quand elle est proclamée au cours de la liturgie de la Messe, c’est le Christ lui-même qui parle.

Impossible de craindre Dieu quand on lit les Écritures ! « L’amour parfait bannit la crainte », écrit saint Jean (1 Jean 4,18). Car il sait que « si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur ». (1 Jean 3,20) Quelle parole rassurante !

C’est pourquoi, le Carême est aussi un moment précieux pour aller vivre la confession, le sacrement de réconciliation. Le chrétien, habité par l’Esprit Saint reçu au Baptême et à la Confirmation, sait que Dieu est plus grand que son cœur. Il sait que Dieu, « riche en miséricorde », pardonne toujours. Le chrétien, comme tout homme, a une conscience. Éclairé par la lumière de la Parole de Dieu, il reconnait humblement qu’il a désobéi à sa conscience qui le pressait de faire le bien et d’aimer. Il voit le mal qu’il a commis et qui « accuse » son cœur.

Alors, il va demander pardon, il va chercher la grâce du Christ qui lave son cœur et le remet debout pour avancer sur le chemin de l’Évangile, il va retrouver la liberté pour aimer davantage Dieu et son prochain. Quelle joie alors d’entendre Jésus lui-même qui, avec tant de tendresse, lui dit : « Je te pardonne tous tes péchés. »

Voilà la grandeur de la confession ! Le chrétien, comme toute personne humaine, est dotée de la parole. Confesser ses fautes par l’aveu est libérateur. Mais les confesser pour entendre le Christ dire : « Je te pardonne tout » est une source magnifique de liberté et de joie. Oui, faire une démarche pour aller vivre la confession, c’est accomplir un pèlerinage vers la source de la joie !

Cela est plus que moderne ! C’est prophétique. Dans la société ou on ne sait plus très bien ce qui est bien ou mal ni ce qu’est la vraie liberté, l’Église continue de proposer de vivre ce sacrement à la lumière de la Parole de Dieu. Comme une mère, elle invite ses enfants à le vivre de façon personnelle. Les 24 heures du pardon ou les veillées pénitentielles sont une aide pour se préparer à cette belle démarche. Le prêtre y est présent comme humble serviteur de l’amour sans limite de Dieu.

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