Diocèse de Rennes

Parole de l’Évêque – L’Amour se refuse à toute violence

Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°320 – Juin-Juillet 2020

Dieu n’est pas raciste ! Il veut que soient « rassemblés » tous les hommes « de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Apocalypse 7,9).

Aucun de ses enfants ne peut être raciste ! Chacun est invité a faire advenir ce « rassemblement autour de Jésus » (2 Thessaloniciens 2,1). Comment ? Par mes paroles et par mes actes, je puis manifester que tout homme est mon frère. Cela demande l’ouverture de mon cœur à l’autre, quelles que soient ses différences.

Cette ouverture du cœur est une tâche sans cesse a accomplir. Pour la vivre, il est nécessaire d’être vigilant aux germes de violence, de dédain ou de mépris qui s’expriment au fond du cœur. Il importe de s’exercer jour après jour à cette ouverture du cœur : ne jamais être malveillant, aller vers l’autre qui est différent, s’approcher du plus pauvre et le considérer dans sa grande dignité, etc.

Cette ouverture du cœur advient plus facilement quand on évite l’entre soi ou se côtoient des personnes semblables, du même milieu social et de la même éducation, qui sont vite tentées de dire du mal des autres qui leur sont différents. Comme si des blocs se constituaient les uns contre les autres.

Cette ouverture du cœur se nourrit d’humilité. Elle se vit par l’amour qui se traduit en un regard reconnaissant la dignité de l’autre : il est une personne unique ! Ce regard n’esquive pas le mal, mais il est rempli d’espérance et de patience car toute personne, en raison même de sa dignité, peut être guérie et passer progressivement d’un mal – peut-être lourd a porter – qui attriste… au bien qui donne joie.

Quand le cœur est illuminé par la foi, alors ce regard voit chez l’autre une personne créée a l’image et a la ressemblance de Dieu, un fils ou une fille bien-aimée de notre Père des Cieux, un être humain sauvé par le Christ. Cet amour d’où provient ce regard est un don de l’Esprit Saint. Demandons-le chaque jour !

Oui, grâce a l’amour « en actes et en vérité » (1 Jean 3,18), chacun contribue a faire advenir le Royaume ou tous les humains seront « rassemblés » (cf. Marc 13,27) dans la paix de Dieu. L’Eucharistie, notamment paroissiale, en est le signe et la prophétie.

Nous sommes témoins de l’œuvre divine en nous refusant à toute violence, quelle qu’elle soit

L’Église, considérée comme « Peuple de Dieu », en est aussi le signe visible. Elle en permet également la réalisation, grâce au Seigneur Jésus, « le sauveur du monde », qui l’habite, et grâce a l’Esprit Saint qui est son « âme ». En recevant le salut qui est pardon des péchés et purification du cœur, et en recevant la grâce qui sanctifie, nous devenons des collaborateurs de l’œuvre de Dieu. Celle-ci se réalise dans le silence. Heureux celles et ceux qui le voient en notre monde agité par tant de violences.

Nous sommes témoins de l’œuvre divine en nous refusant a toute violence, quelle qu’elle soit, et en nous interdisant toute discrimination injuste, mais aussi et surtout en nous avançant sur le chemin de l’amour. « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés. » Voila le moyen que Jésus nous donne pour témoigner de son Royaume et pour le faire venir !

Si deux nouveaux prêtres nous sont donnés, c’est parce qu’Il veut nous associer à son œuvre d’unité et de paix. Par la Parole de Dieu qu’ils prêcheront et par les sacrements qu’ils célèbreront, le Seigneur fait de nous ses collaborateurs là où nous sommes, en famille, dans notre travail, au sein de notre vie ecclésiale, dans nos détentes de l’été, etc. Bienheureux sommes-nous de le savoir !

« Le plus petit mouvement de pur amour est plus utile à l’Église que toutes les œuvres réunies », se souvient Thérèse de Lisieux.