Diocèse de Rennes

Parole de l’Évêque – « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints »

Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°345 – Novembre 2022

Novembre est éclairé par la lumière de son 1er jour : la Toussaint ! Le 1er novembre, les catholiques commémorent tous les saints et saintes du Paradis. Ils célèbrent cette fête en louant Dieu qui sanctifie.

Les dons de Dieu suscitent des visages si varies de sainteté, au long des siècles et parmi les diverses cultures du monde ! Pourtant, ces visages, connus ou inconnus, ont tous quelque chose de commun : l’amour. Proches de nous, Jeanne Jugan, la consacrée, et Marcel Callo, le fiancé, l’attestent à l’évidence. N’avons-nous pas rencontre une de ces ≪ belles personnes ≫ chez lesquelles tout rayonnait l’amour, avec humilité ? Il est beau d’en faire mémoire.

≪ Pour être saint, écrit le pape François, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentes de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve 1. ≫

La sainteté consiste a aimer ≪ en actes et en vérité ≫, comme Jésus a aimé ! Elle n’est possible que si elle est reçue de l’Esprit Saint qui sanctifie. Nous le prions a la Messe : ≪ Toi qui es la source de toute sainteté. ≫ Dans son Exhortation Gaudete et Exsultate (que je vous recommande de lire !), François insiste sur cela. Impossible de devenir saint en désirant l’être a la force du poignet ! Nul volontarisme n’habite le vrai désir de sainteté, mais plutôt la confiance en Dieu et la fidélité a aimer, avec sa grâce, que nous soyons en bonne santé ou malade, parfois en fin de vie. Il est toujours possible de rester dans la confiance et d’aimer, pourvu que nous y soyons aidés par des frères et sœurs.

≪ L’amour inconditionnel du Seigneur, écrit encore François qui cite les évêques de Nouvelle Zélande, est possible parce que le Ressuscite partage sa vie puissante avec nos vies fragiles : ≪ Son amour n’a pas de limites et, une fois donné, il ne recule jamais. Il a été inconditionnel et demeure fidèle. Aimer ainsi n’est pas facile, car souvent nous sommes vraiment faibles. Mais précisément pour que nous nous efforcions d’aimer comme le Christ nous a aimés, le Christ partage sa propre vie ressuscitée avec nous. Ainsi, nos vies révèlent son pouvoir en action, y compris au milieu de la faiblesse humaine. » 2

Ainsi, François exhorte : ≪ Laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour et que tu sois toujours ouvert à son action surnaturelle qui purifie et illumine 3. ≫

≪ Il nous faut un esprit de sainteté qui imprègne aussi bien la solitude que le service, aussi bien l’intimité que l’œuvre d’évangélisation, en sorte que chaque instant soit l’expression d’un amour dévoué sous le regard du Seigneur. Ainsi, tous les moments seront des marches sur notre chemin de sanctification 4. ≫

François encourage donc : ≪ N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. N’aie pas peur de te laisser guider par l’Esprit Saint. La sainteté ne te rend pas moins humain, car c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce. Au fond, comme disait Léon Bloy, dans la vie « il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints » 5. ≫

NOTES

1. Exhortation Gaudete et Exsultate, n. 14.
2. Ibid., n. 18.
3. Ibid., n. 24.
4. Ibid., n. 31.
5. Ibid., n. 34.