Parole de l’Évêque – L’Église en dialogue
| Paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°386 – Juillet-Août 2026 |
Au cours de l’année 2025-2026, chaque mois, nous avons fixé notre regard sur l’Église. « Jésus l’a aimée et s’est livré pour elle » (Éphésiens 5,25). L’Église une, sainte, catholique et apostolique, habitée par l’Esprit Saint, vivifiée par la charité et rassemblée dans la communion de la foi.
Regardons maintenant l’Église dans sa vocation au « dialogue ». Le saint pape Paul VI, dans son encyclique Ecclesiam suam du 6 août 1964, engagea l’Église sur la voie du dialogue.
Grâce à cette impulsion, le concile Vatican II enseigne : « Puisqu’il appartient à l’Église d’engager le dialogue avec la société humaine au sein de laquelle elle vit, c’est au premier chef la tâche des évêques d’aller aux hommes et de demander et promouvoir le dialogue avec eux. Ce dialogue de salut, si l’on veut qu’y soient toujours unies la vérité à la charité, l’intelligence à l’amour, il faut qu’il se distingue par la clarté du langage en même temps que par l’humilité et la bonté, par une prudence convenable alliée pourtant à la confiance : celle-ci, favorisant l’amitié, unit naturellement les esprits. » (Christus Dominus 13)
Cet enseignement est précieux ! Grâce à l’humilité et la bonté, dialoguer permet de chercher ensemble la vérité. Chacun apporte en toute sincérité et charité sa parole qui fait avancer vers la vérité. De cet échange de paroles naît une parole neuve toujours plus proche de la vérité. Le dialogue est évangélisateur. Il s’appuie en particulier sur la foi en l’Esprit Saint qui agit dans les cœurs droits et sincères. Saint Thomas d’Aquin l’a souligné, toute personne qui dit la vérité le fait sous l’action de l’Esprit Saint. Le dialogue commence par l’écoute.
Dans son encyclique Magnifique humanité, Léon XIV souligne l’importance du dialogue. « Nous souhaitons entrer en dialogue avec tous les hommes et toutes les femmes de notre temps avec lesquels nous partageons les événements, les questions et les aspirations de l’humanité. Nous voulons trouver, avec eux, de nouvelles voies pour le bien commun et la promotion d’une vie digne pour tous. Cette attitude de dialogue fait partie intégrante de la vocation de l’Église, car celle-ci, constituée « dans le Christ, en quelque sorte comme le sacrement […] de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain », reconnaît dans l’histoire le lieu où l’Évangile interpelle et accompagne l’expérience humaine. » (n.2)
Un peu plus loin, le Pape écrit : « Nourrie par ce dialogue fécond entre l’Évangile et les savoirs humains, l’Église a progressivement approfondi sa Doctrine sociale, faisant mûrir au fil du temps un patrimoine de sagesse doté d’une cohérence théologique et anthropologique enracinée dans la vision chrétienne de la personne. »
L’Église entre en dialogue car elle est habitée par un immense amour pour l’humanité !
