Diocèse de Rennes

Foyer pour les malades à Madagascar

Le centre malgache Akanin’ny marary (Foyer pour les malades) est situé à Ambositra, une communauté urbaine de la région d’Amoron’i Mania, dans la province de Fianarantsoa. Il dispense des soins aux personnes souffrant de la lèpre, de la tuberculose ou de problèmes psychiatriques, mais c’est aussi un important centre de soins orthopédiques, soutenu par le Fonds spécial du CICR en faveur des handicapés (FSH).

Réduction d’impôt

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Donc, si vous voulez donner 100 €, vous pouvez verser 400 € (car 300 € seront déduits de vos impôts).

Un travail minutieux

La majorité des personnes qui se présentent au centre pour y recevoir des soins orthopédiques souffrent d’un handicap des membres inférieurs. « Pour la société malgache, les membres inférieurs sont perçus comme plus importants que les membres supérieurs, d’où le faible taux de consultation pour des bras et des mains », explique Rafamatanantsoa Christian, qui travaille comme technicien orthoprothésiste de référence au centre. « Malheureusement et trop souvent, les patients se présentent  tardivement pour des soins, quand leurs membres sont déjà très atteints. Nos patients adultes sont majoritairement des diabétiques qui ont eu des amputations des pieds, tandis que pour les enfants, le pied bot est la première raison de consultation. »

Dans l’atelier de cordonnerie, on fabrique des chaussures spécialement conçues pour les pieds bots, les personnes atteintes de poliomyélite et les lépreux. Comme ces derniers ne ressentent plus la douleur, l’intérieur des sandales est recouvert d’une matière souple, le plastazote. Aujourd’hui, Julien Andrianaivo, qui a eu la lèpre à l’âge de 3 ans et a été soigné au centre, est un des responsables de la cordonnerie. CC BY-NC-ND/CICR/Krista Armstrong/mg-e-00254

Le travail des techniciens orthopédistes est un travail qui exige une grande minutie : « Même quand on a deux personnes amputées au niveau de la cuisse, chaque patient est unique, explique Christian. La prothèse est conçue pour s’adapter parfaitement au corps et au handicap de chaque personne. Et le travail est celui d’une équipe pluridisciplinaire : kiné, assistante sociale, technicien orthopédique et médecin. » Cette collaboration entre les techniciens orthopédiques et le personnel qui s’occupe de la réadaptation physique est nécessaire pour la prise en charge du patient, pour son bien-être, tant physique que mental, et pour sa bonne intégration dans la société. Le centre dispose d’un équipement spécialisé et de personnel qualifié, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions de Madagascar.

Dans l’atelier d’appareillage, les techniciens fabriquent les prothèses (qui vont remplacer les membres amputés) et les orthèses (destinées à soutenir les membres défaillants). Grâce au positif en plâtre, qui imite exactement le moignon du patient, ils vont pouvoir fabriquer un appareillage unique pour chaque personne. CC BY-NC-ND/CICR/Narindra Rakotonananahary

Rafamatanantsoa Christian est le seul Malgache, à l’heure actuelle, titulaire du diplôme de l’ISPO de niveau 2. Depuis 2010, il travaille au Centre de rééducation motrice de Madagascar (CRMM) d’Antsirabe et à  l’Akanin’ny Marary d’Ambositra. CC BY-NC-ND/CICR/Narindra Rakotonanahary/mg-e-00251

La satisfaction d’aider

« Voir comment un patient qui ne pouvait se tenir debout sans aide en arrivant chez nous marche désormais, voir le sourire qui se dessine sur son visage, c’est ma plus grande satisfaction », conclut Christian.

« Pour l’instant, j’ai encore un peu peur de me tenir debout sur ma nouvelle jambe, mais je vais m’habituer ! », explique Rajaonarivony Hansel, 14 ans, qui a perdu sa jambe suite à un accident de moto en 2012. C’est la première fois qu’une prothèse de jambe entière a été fabriquée à Madagascar, grâce à la combinaison de plusieurs techniques. CC BY-NC-ND/CICR/Krista Armstrong/mg-e-00253

Fanampisoa Françoise, 16 ans, est née avec une seule main et une seule une jambe. « Je rêvais de pouvoir marcher, sur deux pieds, comme tout le monde. Et en deux jours, le centre m’a permis de le faire ! » Françoise, qui a été appareillée avec une prothèse de membre inférieur il y trois ans, vient de recevoir une prothèse esthétique pour sa main. CC BY-NC-ND/CICR/Krista Armstrong/mg-e-00252