Léontine Dolivet : l’apôtre et la croix

En cette fin de carême, nous allons bientôt entrer dans la Semaine Sainte, la Grande Semaine de l’Amour. Léontine Dolivet a beaucoup médité sur le sens de la Croix dans sa vie chrétienne et missionnaire. Pour elle, il s’agissait de l’expression suprême de l’amour de Jésus pour les âmes. Elle a voulu l’accueillir, elle a voulu s’y associer à travers ses souffrances tout au long de sa vie, en raison de son grand amour pour son Bien-aimé. Quelques phrases de ses retraites nous aideront à comprendre un peu comment elle a vécu, non de manière doloriste, mais d’un élan amoureux et généreux, en suivant cet appel du Christ qui lui était cher : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive. » (Lc 9, 23)

Marie-Anne Boever, Postulatrice – Fiche n°9

La croix et la charité

« Jésus n’a été sauveur que par la croix. Je ne me sanctifierai et ne ferai du bien aux âmes que par l’amour de la croix. » (1911)

« Prendre le chemin de la croix, non pas pour gagner le Ciel pour moi, mais pour le gagner à d’autres âmes. » (1916)

« Et quand il m’en coûtera, quand la nature regimbera contre l’effort… regarder Jésus Crucifié et Marie debout au pied de la croix et alors pour eux, par amour avec eux… courage, générosité, pour les âmes. » (1953)

Le chapelet de Léontine

La croix, base de tout apostolat : pourquoi ne pas l’aimer ?

« Qu’il y ait des épreuves à mentionner dans l’histoire de notre petite œuvre, je ne saurais m’en étonner : le sacrifice, la croix ne sont-ils pas la base de tout apostolat ? Parmi les épines du chemin, il en est qui ne doivent être vues que de Dieu seul : celles-là, puissent-elles, en meurtrissant les cœurs, avoir glorifié le Divin Maître et fait descendre de son Cœur adorable sur la terre, ne fût-ce que dans une seule âme, le feu du saint amour. » (1917)

« Dieu soit béni ! La croix du labeur de l’apostolat, n’est-elle pas la rosée qui féconde le sol où vient d’être jetée la semence, le soleil qui fait mûrir la moisson ! » (1917)

La croix et le « Fiat » de l’amour

« Aimer par-dessus tout la volonté de Dieu, alors même qu’elle me crucifie. » (1932)

« A l’heure de l’épreuve, si je savais contempler Jésus agonisant, Jésus flagellé et crucifié, ne saurais-je pas à toutes les souffrances physiques et morales, à tous les déchirements du cœur, répéter le Fiat de l’amour et de l’abandon confiant : les yeux fixés sur vous Jésus, souffrant et humilié, brisé par amour pour moi ? Je veux accepter avec amour et générosité toutes les croix, toutes les épreuves et puiser jusqu’à la lie le calice d’amertume que vous approcherez de mes lèvres. Mais à ces heures, soyez, ô Jésus Victime, ma force et ma lumière, car sans vous je ne puis rien, je ne suis que faiblesse et impuissance. » (1933)

La porte étroite de la croix pour étendre le Règne du Christ

 « La nature répugne au sacrifice, je ne demanderai pas la souffrance, je n’ambitionnerai pas les épreuves des saints, je suis trop faible, trop petite. Le sacrifice que Jésus attend de moi, c’est la volonté de profiter de toutes les occasions de me renoncer qui se présentent au cours de mes journées, c’est l’effort constant pour pratiquer la vertu sous toutes ses formes, c’est l’acceptation généreuse et amoureuse de toutes les croix de Providence, petites et grandes… Il y aura là, si je veux être fidèle, abondante matière à sacrifice… Pour aimer jusqu’à en mourir, oui, qu’il faut du courage, de la persévérance, de la volonté ! Combien il faut, à tout instant, se replonger dans le brasier de l’amour : le Cœur de Jésus !» (1940)

« Avec Vous, Seigneur, jusqu’au bout du chemin. Au bout du chemin il y avait la croix… L’amitié vécue du Seigneur coûte cher. » (1963)

« Compatir à toutes les souffrances de votre douloureuse Passion, à toutes les souffrances que vous causent mes péchés et ceux de tous les hommes, être vraiment une âme réparatrice. J’accepte volontiers de partager votre croix, vos épines, vos clous… tout ce que vous voudrez Seigneur ; je ne désire et ne vous demande qu’une seule chose : vous aimer, vous faire aimer, que votre règne arrive dans tous les cœurs. » (1969)

« Être une de ces âmes que Sainte Thérèse définissait en ces termes « une âme que vous savez toute à vous », Seigneur, une âme qui s’abandonne à vous, pour vous suivre partout où vous irez, et jusqu’à la mort de la croix, une âme résolue à vous aider à porter votre fardeau sans jamais vous laisser seul en soutenir le poids. » (1969)

La croix et l’action de grâce

« En toute épreuve je veux voir une parcelle de la croix du Maître et l’accueillir joyeusement et dans l’action de grâce, se traduisant par un ardent « merci »… Affectionner les croix de Providence, les petits ennuis quotidiens, ceux que je n’ai pas choisis, ils sont les meilleurs : du choix de Dieu. M’attacher à la fidélité par amour dans les plus petites choses. » (1941)

La croix, mystère à contempler

« Je m’efforcerai de rendre amour pour amour à Jésus-Hostie, à Jésus Crucifié. » (1936)

« Contempler le Divin Crucifié ! Mystère de la Rédemption – mystère d’amour ! Quelle sainteté ne faudrait-il pas pour répondre à tant d’amour, pour être moins indigne d’être l’épouse de Jésus ! Combien grande devrait être ma ferveur, profonde et vraie mon humilité… intime et constante mon union avec Lui, tout absolu mon esprit de sacrifice et de détachement ! » (1941)

« O Christ, nous t’adorons et nous te bénissons : par ta croix, tu as racheté le monde. » (Prière du Vendredi saint)