Diocèse de Rennes

Paroles du pape François sur les questions bioéthiques


Lettre encyclique Laudato Si’ (§ 103-104)

La technoscience, bien orientée, non seulement peut produire des choses réellement précieuses pour améliorer la qualité de vie de l’être humain, depuis les objets usuels pour la maison jusqu’aux grands moyens de transports, ponts, édifices, lieux publics, mais encore est capable de produire du beau et de « projeter » dans le domaine de la beauté l’être humain immergé dans le monde matériel. […] Mais nous ne pouvons pas ignorer que l’énergie nucléaire, la biotechnologie, l’informatique, la connaissance de notre propre ADN et d’autres capacités que nous avons acquises, nous donnent un terrible pouvoir. Mieux, elles donnent à ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir économique d’en faire usage, une emprise impressionnante sur l’ensemble de l’humanité et sur le monde entier. Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle s’en servira toujours bien, surtout si l’on considère la manière dont elle est en train de l’utiliser. […] En quelles mains se trouve et pourrait se trouver tant de pouvoir ? Il est terriblement risqué qu’il réside en une petite partie de l’humanité.

« Les technologies, placent entre les mains de l’homme un pouvoir immense et croissant. Le risque grave est que les citoyens, […], ne perçoivent pas pleinement [ …] le danger de mal [les] utiliser. » Pape François.

Discours du 10 avril 2017

Le scientifique, comme le technologue, est appelé à « savoir » et à « savoir faire » avec une précision et une créativité toujours plus grandes dans le domaine de sa compétence et, dans le même temps, à prendre des décisions responsables sur les pas à accomplir et sur ceux face auxquels s’arrêter et emprunter une voie différente. Le principe de responsabilité est un pivot incontournable de l’agir de l’homme qui doit répondre de ses actes et de ses omissions devant lui-même, devant les autres et enfin devant Dieu. Les technologies, plus encore que les sciences, placent entre les mains de l’homme un pouvoir immense et croissant. Le risque grave est que les citoyens, et parfois aussi ceux qui les représentent et les gouvernent, ne perçoivent pas pleinement la gravité des défis qui se présentent, la complexité des problèmes à résoudre et le danger de mal utiliser la puissance que les sciences et les technologies de la vie placent entre nos mains.

De plus, lorsque le lien entre le pouvoir technologique et le pouvoir économique se fait plus étroit, les intérêts peuvent alors conditionner les styles de vie et les orientations sociales dans la direction du profit de certains groupes industriels et commerciaux, au détriment des populations et des nations plus pauvres. Il n’est pas facile d’atteindre une composition harmonieuse des diverses instances scientifiques, productives, éthiques, sociales, économiques et politiques, en promouvant un développement durable qui respecte la « maison commune ».