Diocèse de Rennes

Inauguration de l’exposition sur Marcel Callo en son temps

Le concert-lecture du vernissage de l'exposition
Le concert-lecture du vernissage de l'exposition

Ce 5 décembre 2021, l’exposition « Une vie en mission » était inaugurée dans la basilique Saint-Aubin. Des panneaux et un système multimédia permettent désormais de découvrir le bienheureux Marcel Callo dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale.

L’exposition s’annonce dès l’extérieur de la basilique Saint-Aubin par un portrait géant de Marcel Callo, installé ce 5 décembre sur la façade donnant place Sainte-Anne. Dans ce cœur de ville, à la fois très passant, festif, touristique, et culturellement riche de la proximité avec le Couvent des Jacobins, le lieu est bien situé pour porter ainsi la mémoire spirituelle et historique de Marcel Callo. Cet enfant de Rennes « constitue pour tous, croyant et non croyant, un exemple » a ainsi affirmé la maire de la ville, Nathalie Appéré, lors du vernissage de l’exposition.

Oriflammes à Saint-Aubin
Oriflammes à Saint-Aubin

Longtemps fermée pour cause de fragilité liée aux travaux du métro, la basilique Saint-Aubin a été rouverte ce même 5 décembre pour l’inauguration. Même si des travaux seront encore en cours durant les prochains mois et le culte ne peut pas encore y être célébré, l’exposition est ouverte au public.

Visiter l’exposition « Une vie en mission »

Ouverture en décembre 2021 et janvier 2022 : tous les jours de 12h à 18h. Entrée libre.

Rennes, basilique Saint-Aubin, place Sainte-Anne.
Accès à l’exposition sur présentation du passe sanitaire.

Diaporama (cliquez pour agrandir)

Un travail historique sur un parcours exemplaire

En 5 étapes, les historiens ont voulu retracer la vie du jeune rennais tout en montrant l’exemplarité de son parcours dans le contexte si particulier de la Seconde Guerre Mondiale. Deux enseignants de l’Université Rennes 2 ont mené ces derniers mois un travail de recherche historique. Marc Bergère est expert de la Seconde Guerre. Samuel Gicquel est spécialisé sur l’histoire religieuse. Ils se sont entre autre appuyé sur des documents, récents et inédits, fournis par la famille Callo : lettre, textes, photos…

Panneau Enfance
Panneau Enfance

Il en ressort 5 grand panneaux, ponctués de textes courts et d’illustrations, et agrémentés chacun d’une borne multimédia proposant des vidéos d’archives et des témoignages, souvent enregistrés au moment de la béatification. En complément, la section régionale de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) a réalisé un site qui propose de nombreuses vidéos sur la vie de Marcel et le contexte historique, regroupés en 6 thèmes : https://sites.ina.fr/marcel-callo.

Guillaume de Tonquédec lit des extraits de lettres de Marcel à ses parents et à sa fiancée Marguerite
Guillaume de Tonquédec lit des extraits de lettres de Marcel à ses parents et à sa fiancée Marguerite

Le vernissage hommage, moment d’émotion

La cérémonie du vernissage a été particulièrement émouvante. Le comédien Guillaume de Tonquédec a lu des extraits de lettres de Marcel Callo. D’une voix douce, sans emphase, il a fait revivre pendant une heure les sentiments de Marcel qui s’adressait à sa « Chère Marguerite » ou sa « Chère petite Maman ». Convictions fortes, moments de doutes, évocation de la vie au STO… la figure du bienheureux prenait chair au milieu de l’exposition géante. Des interludes musicaux avaient été concoctés par Benoît Baumgartner et étaient interprétés par la Maîtrise de Bretagne, dirigée par Maud Hamon-Loisance ; la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac et le contreténor Damien Guillon ; accompagné du Banquet Céleste de l’Opéra de Rennes.

La Maitrise de Bretagne
La Maitrise de Bretagne

Regards croisés d’historiens

Les deux historiens ont ensuite présenté le regard qu’ils portaient sur cette histoire singulière. Pour Samuel Gicquel, « Marcel Callo est un miroir du catholicisme de son temps, un chrétien qui se construit spirituellement dans les mouvements catholiques, alors en plein essor. » Pourquoi une telle postérité ? Il possédait un « charisme » particulier et « son nom a été mis en avant par de solides promoteurs » (le père Jégo dès 1947, puis Mgrs Roques et Gouyon), sans compter que « sa mémoire est relativement consensuelle ».  Il a souligné la dimension collective de l’expérience de Marcel Callo, évoquant les « douze compagnons » emprisonnés à Gotha, dont huit périrent en captivité.

Marc Bergère a partagé son enthousiasme de « suivre Marcel Callo », au-delà de son « exemplarité incontestable » car il est révélateur de plusieurs réalités de cette guerre : fallait-il aller au STO ? Quelle répression sur les catholiques et les prêtres, et quelle « résistance spirituelle » ? Quelle influence sur la réconciliation franco-allemande et la construction européenne ? « Cette exposition a beaucoup à dire et à apprendre, non seulement aux rennais et rennaise, mais, au-delà, à un plus large public. »

Un rayonnement international

Des représentants de délégations étrangères ont ensuite témoigné de leur attachement à Marcel Callo et du rayonnement du jeune bienheureux bien au-delà de sa ville natale. Les chefs de la troupes scoute Marcel Callo de Francfort (Allemagne) ont offert à l’Archevêque de Rennes une peinture de Marcel Callo auréolé, tenant la croix d’immortelles et un livre, et partagé leur joie « d’avoir en lui un frère heureux dans l’engagement pour un monde meilleur. » La Maison Marcel Callo à Augsburg (Allemagne), qui héberge des associations de travailleurs catholiques, a ensuite été présentée. Le 6 décembre, une messe a été célébrée par l’évêque de ce diocèse pour les 100 ans du jeune français. Enfin l’Allemagne était aussi représentée par le Chanoine de la cathédrale d’Erfurt, qui a expliqué la façon dont le souvenir du bienheureux était entretenu à Gotha, Zella-Mehlis ou Erfurt.

Scouts de Frankfort-sur-le-Main avec une reproduction d une icône de Marcel
P. Christian Enke, aumônier de la troupe scout "Marcel Callo" de Frankfort-sur-le-Main avec une reproduction d une icône de Marcel

Le prêtre fondateur de la paroisse Marcel Callo de Linz, en Autriche (diocèse où se situait le camp de Mauthausen) s’est rappelé que c’était un 6 décembre que ce patronage avait été choisi et a lu un message de son évêque. Puis le père Christophe Valia, résidant en Ille-et-Vilaine mais originaire du Burkina Faso, a expliqué comment l’église du village de Gandado porte le nom de Marcel Callo depuis 2017 : son propre grand-père y fut assassiné suite à sa conversion au christianisme. Aujourd’hui, une communauté chrétienne nombreuse rend ainsi hommage aux martyrs de la foi, en remerciement aussi du soutien financier du diocèse de Rennes pour la construction de son église.

Une parole de fraternité, une lumière dans la ténèbre

Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, a tenu à actualiser le message de Marcel Callo : « Face au repli sur soi, à la montée des extrémismes, Marcel Callo nous invite à réaffirmer une parole d’émancipation, de fraternité. Il nous rappelle au devoir de solidarité. » Elle s’est dit touchée par « la force du combat de Marcel Callo », mentionnant aussi « sa force spirituelle. »

Nathalie Appéré, maire de Rennes
Nathalie Appéré, maire de Rennes

Pour l’Archevêque de Rennes, célébrer ce centenaire « était un dû à l’histoire et au présent » : « Voilà que nous faisons sortir la lumière de la ténèbre. » Puis, s’interrogeant : « De quelle lumière était-il habité pour nous rassembler tous ici ? Aurait-il pu deviner que des rues, des paroisses et des écoles portent son nom en Allemagne, où réquisitionné, il est parti à 21 ans ? Que son nom demeure un souvenir lumineux, vivant et inspirant ? » Mais « la sainteté rayonne toujours ! » « De ses lettres, on recueille une évidence limpide : il a été aimé et cet amour l’a fait grandir de façon magnifique. » « La barbarie et la violence dans lequel il a été finalement jeté ne l’ont pas empêché de vivre la fraternité. » Pour conclure, Mgr d’Ornellas a annoncé que cette exposition deviendra ensuite un mémorial permanent au bienheureux Marcel Callo. Un « Forum Bonne-Nouvelle » pourrait aussi y être adjoint, dédié à « la rencontre, l’art, le dialogue pour la recherche commune du vrai. »

Mgr d Ornellas et JF Pasturel pour la traduction en allemand
Mgr d Ornellas et JF Pasturel pour la traduction en allemand

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