Weekend de la Miséricorde

Le weekend des 11 et 12 avril, à l’occasion de la fête de la Divine Miséricorde, la paroisse a vécu deux journées particulièrement riches, rythmées par des enseignements, des temps de prière et de beaux moments de fraternité.

Cela a débuté le samedi 11 avril avec une Messe animée par les jeunes confirmées de la paroisse. Nous nous sommes ensuite retrouvés dans le jardin du presbytère pour un moment convivial autour d’un apéritif, suivi d’une galette-saucisse. Ces instants ont donné lieu à de chaleureux échanges fraternels.

En soirée, le père Jean-Marie Gueullette, dominicain, nous a proposé un enseignement sur le père Lataste et les « époux charitables », une intervention particulièrement enrichissante.

Le Père Jean-Joseph Lataste (1832–1869) était un prêtre dominicain français surtout connu pour son engagement auprès des femmes détenues.
Né dans le sud-ouest de la France, il entre chez les Dominicains après une jeunesse marquée par une foi profonde. En 1864, une expérience décisive bouleverse sa vie : il prêche une retraite dans une prison pour femmes à Cadillac. Là, il est profondément touché par la foi et la dignité des détenues. Contrairement aux idées de son époque, il affirme avec force que leur passé ne les condamne pas et qu’elles sont appelées, comme toute personne, à la sainteté.
Dans ses paroles, il les appelle « mes sœurs », leur redonnant ainsi une dignité souvent niée. Il insiste sur l’espérance et la miséricorde, affirmant que certaines peuvent devenir de grandes saintes, parfois même à travers leur conversion. Une de ses phrases les plus marquantes résume ce message : « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de saintes qui n’ont jamais péché… mais il y en a aussi beaucoup qui ont péché et qui sont devenues de grandes saintes. »
De cette conviction naît son projet le plus audacieux : fonder une communauté religieuse où anciennes détenues et autres femmes vivraient ensemble sur un pied d’égalité. En 1866, il crée ainsi les Dominicaines de Béthanie, une congrégation fondée sur la miséricorde, l’égalité et la rédemption.
Le Père Lataste meurt jeune, à seulement 36 ans, mais son œuvre perdure. Son message d’espérance, centré sur la dignité de toute personne et la possibilité d’un renouveau, marque durablement l’Église. Il a été béatifié en 2012. (article plus complet sur sa vie…)

Les « époux charitables » : Claude Toussaint Marot de La Garaye et Marguerite Picquet de La Motte.
Le souvenir demeure vif, en Bretagne, près de Dinan, du dévouement hors-norme d’un couple exceptionnel : près de trois siècles après leur disparition, bien des familles gardent mémoire des « époux charitables ». Unis par un amour d’une rare sincérité au XVIIIᵉ siècle, Claude et Marguerite de La Garaye ont profondément marqué les esprits par leur engagement au service des malades et des pauvres.
Rien ne les y destinait. Issus de la noblesse parlementaire bretonne, promis à une existence aisée, ils transforment pourtant leur château en hôpital après une conversion radicale. Il a trente-cinq ans ; elle vingt-neuf. Leur fortune, leurs talents, leur vie : tout sera désormais consacré aux plus démunis.
Ils ne sont pas entrés en religion ; ils n’ont pas renoncé à leurs biens. Leur choix n’en est pas moins radical : pendant quarante-cinq ans, ils vont se donner avec compétence, générosité et prudence. Lui se forme en chirurgie et en chimie ; elle dans le soin des yeux et l’art de guérir les plaies. Ensemble, ils soignent, innovent et servent. Éclatante démonstration de ce que la sainteté peut être vécue au cœur du monde, dans le mariage.

Ce dimanche 12 avril 2026, en la cathédrale de Saint-Brieuc, le dossier de procédure de béatification de Claude et de Marguerite de la Garaye a été clos. Un cachet de cire rouge a  été apposé et les quelques 5 000 pages qu’il contient vont partir pour être examinées au Vatican. Le fruit de plusieurs années de travail pour retracer l’histoire de ce couple du XVIII qui a renoncé à la vie de château pour aider les pauvres. (article complet ici)

La journée s’est achevée par un temps d’Adoration avec la possibilité de recevoir le sacrement de Réconciliation.

Le dimanche 12 avril, nous nous sommes réunis à 15h pour prier le chapelet de la Divine Miséricorde. Après une invocation à l’Esprit Saint, nous avons écouté le témoignage bouleversant de conversion d’Héloïse Cluzel, qui a profondément touché les cœurs :

« Jésus est mon Sauveur ! ».

Héloïse Cluzel est une autrice française contemporaine, connue pour un parcours de vie marqué par un tournant spirituel profond. Pendant environ vingt ans, elle travaille dans le monde des agences de communication, où elle développe son goût pour l’écriture.
Sa vie prend un virage radical à la suite d’événements personnels difficiles, notamment un drame familial survenu autour de ses 46 ans. Cette épreuve agit comme un déclic et la conduit à remettre en question son existence, jusque-là centrée sur la réussite professionnelle et matérielle.
À la suite de cette crise, elle vit une conversion fulgurante, qui transforme profondément sa vie et celle de ses proches. L’ex-rédactrice met désormais sa plume au service d’écrits spirituels et autobiographique.
Son premier livre, Victoire à Babylone, publié en 2026, raconte ce parcours : une descente dans une vie qu’elle décrit comme vide de sens, suivie d’un combat intérieur et d’un renouveau spirituel. L’ouvrage se présente comme un témoignage personnel mettant en scène la lutte entre le bien et le mal à travers son expérience intime.

Ce weekend a été une belle occasion de mieux accueillir, célébrer et approfondir le mystère de la Divine Miséricorde.