Situation des migrants du Parc de la Touche fin novembre 2024
Addendum :
Depuis plusieurs années, à Rennes, des personnes se retrouvent sans hébergement. Il s’agissait d’abord plutôt d’hommes, migrants, seuls mais peu à peu, on a vu aussi des familles avec des enfants et même des bébés. Il y a 2 ans, durant l’hiver 2022, des parents dont les enfants sont dans les écoles du quartier ont découvert que des camarades de classe de leurs enfants étaient sans domicile, certains logés de façon très précaire dans un gymnase proche de la paroisse Saint Paul, après avoir campé dans un parc de la ville.
Pour participer aux actions de solidarité mises en œuvre par les familles des écoles et par les associations, les paroissiens de Saint-Martin et de Saint-Paul ont été sollicités pour offrir des produits de première nécessité destinés aux personnes et familles logées dans le gymnase Constant Veron.
Depuis plusieurs mois, la situation à Rennes est de nouveau très tendue et notamment au parc de la Touche (à quelques centaines de mètres de l’église Saint Paul) où environ 150 personnes logent dans un campement de fortune. Le parc de la Touche n’est pas le seul refuge pour les migrants sans logement. Un autre camp, avec environ 50 personnes, s’est établi à Bréquigny. D’autres camps plus petits se sont installés au parc Saint-Cyr, au parc des Hautes-Ourmes ou encore aux prairies Saint-Martin.
En ce début d’hiver, nous souhaitons faire un état des lieux du campement sur ce qui s’est passé au parc de la Touche.
En septembre, une polémique a émergé, quand les autorités ont affirmé que le campement du parc de la Touche n’abritait que des Géorgiens déboutés de leur demande d’asile et qu’il y avait au total 20 enfants sans domicile fixe à Rennes.
Dans les faits (voir aussi le reportage photo dans Le Pèlerin du 26 septembre 2024) :
- Environ la moitié des 150 personnes présentes au campement de la Touche en septembre étaient en situation régulière en France : leur demande d’asile avait été acceptée ou était encore à l’étude.
- Les personnes d’origine géorgienne ne représentaient qu’environ un quart des résidents du campement de la Touche, et parmi ces personnes toutes n’étaient pas en situation irrégulière.
- À la rentrée, les associations avaient identifié et listé 73 enfants scolarisés à Rennes sans domicile fixe. Certains enfants et leur famille ont pu être logés dans les écoles.
En effet, depuis le début de l’année scolaire, des « occupations d’écoles » ont repris à Rennes : des parents prennent l’initiative de mettre à l’abri dans les locaux de l’école des élèves et leurs familles sans domicile. Ces personnes sont abritées de 18h30 jusqu’à 07h30 le lendemain matin, afin d’éviter qu’ils ne dorment à la rue. Ces parents se retrouvent dans le Collectif Élèves Protégés de Rennes (CEPR) initié il y a plus de 2 ans. Il y a actuellement 7 écoles « occupées » qui abritent toutes les nuits 43 personnes.
Évènements récents
Il y a 3 ou 4 semaines, à l’approche de l’hiver, une association a ouvert le gymnase Frenay dans le quartier de la Poterie, pour loger les personnes qui étaient dans les campements. Cette occupation de gymnase est accompagnée par l’Association les Maraudes du cœur.
Le 20 novembre, lors de la Journée internationale des droits de l’enfant, les associations ont effectué un nouveau recensement. Ils ont dénombré 83 enfants sans logement, à Rennes. La plupart sont scolarisés mais certains sont trop jeunes pour l’être. C’est ainsi qu’au campement du parc de la Touche le plus petit n’a que 3 mois.
Face à une vague de mauvais temps annoncée, le PolyBlosne, espace associatif à proximité du Triangle, a accepté d’accueillir 25 personnes parmi les plus fragiles du parc de la Touche.
Le lendemain, alors que la tempête de neige avait abîmé les tentes et trempé toutes les affaires qui s’y trouvaient, la préfecture a réquisitionné le gymnase André Chedid, pour accueillir 50 personnes supplémentaires venant essentiellement de la Touche, avec l’aide de la Croix-Rouge.
Situation actuelle
En ce week-end du 24 novembre, il reste environ une dizaine d’adultes et une douzaine de mineurs non accompagnés (MNA) au parc de la Touche. Les hébergements d’urgence à PolyBlosne et au gymnase André Chedid prendront fin lundi ou mardi. Nous ne savons pas au moment où nous écrivons ces lignes comment seront logées les personnes mises à l’abri à PolyBlosne (25 personnes) et au gymnase André Chedid (50 personnes).
Besoins actuels
Après cet état des lieux sur ce qui se passe au campement du parc de la Touche, nous avons demandé aux associations (notamment Utopia 56) les besoins les plus pressants, dans la situation actuelle :
- Duvets et couvertures
- Draps, draps-housses, protège-matelas
- Valises, sacs de voyage
- Couches et produits d’hygiène
- Serviettes de toilette
Vincent Deshayes – Cécile Heurtin
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