Noël: « L’enfant-roi naît en périphérie de la ville, dans une étable, réchauffé par les animaux »

NOËL, NAISSANCE DE JÉSUS (mercredi 24 et jeudi 25 décembre 2025). Comme le peuple d’Isaïe marchant dans les ténèbres, nous avançons dans un monde fragile. Le Jubilé 2025 a été un chemin d’espérance partagé par des millions de chrétiens. Cette espérance vient d’une lumière jaillie il y a plus de 2000 ans : un enfant né dans la simplicité, accueilli par les plus petits et les plus pauvres. À Noël, nous sommes invités à poursuivre ce chemin d’espérance en ouvrant nos communautés aux laissés‑pour‑compte et aux blessés de la vie… 👉 Retrouvez l’homélie de ce dimanche.

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Le curé de la paroisse Saint-Judicaël lors de son homélie dominicale.
Le père Daniel Boué, curé de la paroisse Saint Judicaël en Brocéliande

Daniel Boué,
curé de la paroisse
Saint-Judicaël en Brocéliande

Dans notre première lecture, nous avons entendu : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres… »

Et nous, cette année 2025, nous avons médité, par le biais du jubilé, ces mots : chemin d’espérance.

Dans ce chemin du jubilé, nous n’étions pas seuls à marcher. Nous étions des millions et des millions de chrétiens à travers le monde à avancer dans cet approfondissement de notre foi. Notre foi en ce Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, comme nous l’avons vu avec le symbole de Nicée-Constantinople dont nous avons fêté, au cours de cette année, les 1700 ans de sa proclamation.

Le prophète Isaïe sait de quoi il parle. Il n’est pas né de la dernière pluie, lui qui fut témoin de l’exil d’une partie de son peuple à Babylone, laissant le reste sans institution et sans chefs. Nous sommes ce peuple qui marche dans les ténèbres, et avec nous toute l’humanité qui avance et cherche sa voie. Nous découvrons aujourd’hui que les modèles qui avaient jusqu’ici assuré l’équilibre d’une paix relative sont dépouillés, remis en question. La paix semble plus précaire et la démocratie n’est plus une évidence. Des hommes et des femmes profitent du système, et cela à tous les étages de la société.

Ce peuple qui marchait dans les ténèbres, comme nous l’avons entendu du prophète Isaïe, n’était qu’un petit peuple en nombre. Dans ce chemin, nous nous lamentons parfois. Oui, soyons heureux ce soir d’être des millions d’hommes, de femmes, d’enfants, de jeunes, à célébrer cette belle fête de l’incarnation. Telle est notre espérance… Oui, nous sommes ancrés dans un chemin qui a une belle issue. Un chemin où nous sommes invités à reconnaître cette espérance. Comme il y a plus de 2000 ans, une lumière jaillit au cœur de ce monde.

Or, cette lumière ne vient pas comme on pourrait l’imaginer. Du ciel ? Non. Des marchands manipulateurs de rêves ? Encore moins. La lumière, dit le prophète, vient d’un enfant : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » Et une série de noms l’accompagne : « merveilleux conseiller », « Dieu fort », « père à jamais », « prince de la paix ». C’est avec joie que, durant ce temps de l’Avent, nous avons pu méditer dans le diocèse de Rennes ce mystère de l’incarnation par le biais de la prière de l’Angélus.

On pourrait s’attendre à ce que ce sauveur, surgi dans notre histoire, naisse en un lieu vers lequel tous convergent ; un lieu honoré et reconnu de tous : le temple de Jérusalem ou le palais du roi Hérode. Il n’en est rien. L’enfant-roi naît en périphérie de la ville, dans une étable, sans doute réchauffé par la présence des animaux de la ferme. Il naît en périphérie, car il n’y avait pas de place ailleurs, et ses premiers visiteurs ne sont pas des notables. Ses premiers visiteurs sont notables dans le cœur de Dieu : les « petits » de l’Évangile.

En ce Noël 2025, sachons inviter des hommes et des femmes sur notre chemin d’espérance, non pas des hommes et des femmes de notre clan, mais des hommes et des femmes de nos périphéries. Des hommes et des femmes laissés pour compte, ces blessés de la vie, ceux et celles qui vivent des fragilités — et elles sont nombreuses.
Alors, soyons porteurs de cette bonne nouvelle.

 

 

 

père Daniel Boué
curé de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande

  • Messes dominicales
    • Samedi 3 janvier 2026, à 18h, à Saint-Péran. Messe anticipée.
    • Dimanche 4 janvier 2026, à 9h30 à Paimpont (église abbatiale) et à 11h à Plélan-le-Grand (église Saint-Pierre). Épiphanie.
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    • Samedi 10 janvier 2026, à 18h, au Thélin. Messe anticipée.
    • Dimanche 11 janvier 2026, à 9h30 à Maxent (église abbatiale) et à 11h à Plélan-le-Grand (église Saint-Pierre). Le Baptême du Seigneur.
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