« Le Carême nous aide à discerner ce que Dieu attend vraiment de nous »

1ER DIMANCHE DE CARÊME (dimanche 22 février 2026). Le Carême est un temps de discernement: discerner ce que Dieu attend, reconnaître ce qui nous éloigne de lui, accueillir ses dons pour avancer avec Jésus dans le désert et retrouver le chemin de la fraternité…👉 Retrouvez l’homélie de ce dimanche.

x

Le diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande, en pleine homélie devant les fidèles.
«Ne sommes-nous pas comme les apôtres du récit de la Transfiguration ? N’avons-nous pas du mal à croire, à comprendre ? Ne manquons-nous pas de foi ?» demande Pierre Rivalan, diacre, dans son homélie en ce 2e dimanche du carême (photo archives).

Pierre Rivalan,
diacre de la paroisse
Saint-Judicaël en Brocéliande

La liturgie de ce jour nous fait démarrer au jardin d’Éden, pour nous conduire au désert. Jésus démarre au désert pour nous ramener vers le jardin d’Éden. Tout un programme de restauration.

Nous pourrions nous poser des questions sur le projet de Dieu. Est-ce que la tentation et le serpent étaient dans le projet de Dieu? Est-ce qu’il fallait la désobéissance d’Ève pour faire entrer le péché dans nos vies? Dieu aurait-il le droit de se tromper? Ou est-ce qu’il voulait vraiment respecter notre liberté?

Ce temps de Carême qui nous est proposé peut nous inviter à y réfléchir. Que faisons-nous quand nous sommes comme Ève, tentés par les illusions de notre monde ? Allons-nous au désert pour réfléchir et poser des actes d’amour?

Voyons, si vous le voulez bien, à partir des textes et de l’histoire du peuple de Dieu, comment nous pouvons entendre le projet de Dieu pour chacun d’entre nous.

Je voudrais partir, si vous me le permettez, du chiffre 40, car nous le retrouvons souvent dans la Bible et il nous donne des éléments qui me semblent intéressants. Il fait référence souvent à une épreuve ou un désaccord entre le peuple de Dieu et Dieu lui-même.

Le premier événement, c’est Noé: 40 jours et 40 nuits de déluge. Dieu vit que la méchanceté de l’homme était grande. Dieu se repentit d’avoir fait l’homme, comme s’il regrettait. Dieu dit : «Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés.»

Avec ce qui se passe aujourd’hui sur notre terre, il serait facile de dire que Dieu pourrait faire de même, voyant toute la méchanceté des hommes. Mais Dieu a promis à Noé que cela n’arrivera plus. Chaque fois que vous voyez un arc-en-ciel, c’est Dieu qui renouvelle l’alliance avec son peuple. Soyons rassurés.

Il y a eu d’autres épisodes où nous retrouvons les 40 jours et 40 nuits. Le prophète Jonas annonce que Ninive sera détruite dans 40 jours si elle ne se convertit pas : c’est le délai imparti pour le repentir et le changement de direction.

Élie et Moïse: Je prendrai l’épisode avec Moïse qui a permis la délivrance du peuple hébreu. 40 ans dans le désert pour permettre le renouvellement du peuple : c’est le temps d’une nouvelle génération qui entrera dans la Terre promise. Mais le peuple a des combats avec Dieu.

Alors Moïse monte sur la montagne pour parler à Dieu, pour trouver une solution. Il passe 40 jours et 40 nuits sur le mont Sinaï, sans manger ni boire, avant de recevoir les Tables de la Loi (Exode 24, 18). C’est le temps de la préparation à la réception de la norme divine. Le peuple peut alors entrer sur la Terre promise après s’être réconcilié avec Dieu. Passage dans le Jourdain.

Jésus, lui, a reçu le baptême avant d’aller dans le désert. C’est également le temps pour préparer sa vie publique, c’est-à-dire, comme Moïse avec les Tables de la Loi, fonder les bases de l’Église. Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Comme une boussole et un compas.

Dans la tradition biblique, le nombre 40 est le produit de 4 (les quatre points cardinaux, la totalité de la terre, le domaine du visible) et de 10 (la loi, l’ordre divin).

Comme à Ninive, nous sommes invités à la conversion, mais il me semble que nous sommes également invités au discernement dans la prière. Il peut s’agir de bonnes résolutions pour construire ensemble un monde plus fraternel.

Comme nous le dit saint Paul dans sa lettre aux Romains, nous sommes invités à être justes. Il ne s’agit pas de justice ou de justifications. Nous savons que ce que nous faisons n’est pas juste et que nous cherchons souvent des justifications. Ce qui compte, nous dit Jésus, c’est de nous ajuster à Dieu.

Et pour s’ajuster à Dieu, il y a un impératif : se reconnaître pécheur. Ainsi, dans la prière, nous retrouverons une juste relation avec Dieu.

Sur ce chemin spirituel, avançons avec Jésus dans le désert. Prenons les trois tentations dans leur philosophie.

Dans la première tentation, celle de la transformation du pain : Dieu n’est pas un magicien. Nous n’avons pas à le solliciter pour qu’il agisse en magicien, mais comme le guérisseur de notre cœur.

La deuxième tentation, c’est de mettre Dieu à l’épreuve. Pas de chantage avec Dieu, mais nous pouvons quand même crier vers lui. Il s’agit d’avoir confiance en lui, car il connaît nos besoins.

Et la dernière tentation, c’est la tentation du pouvoir. Il s’agit de notre orgueil. Dieu est et doit être pour nous le seul maître. Nous voyons bien aujourd’hui les dérapages de certains hommes qui ont le pouvoir.

Notre combat n’est pas un combat personnel, il est un combat avec Dieu. Nous avons à nous ajuster à ce Dieu qui nous aime et qui veut nous retrouver dans le jardin d’Éden. C’est vivre des dons que Dieu nous fait gratuitement, et non pas jouir des plaisirs que nous voudrions pour nous.

Que ce temps de Carême nous permette de discerner ce que Dieu veut que je fasse pour lui, pour être à sa ressemblance. Ce qui compte, c’est ce que nous sommes, enfants de Dieu, et non pas de prouver ce que nous pourrions être.

Soyons des disciples de l’Amour avec Jésus. Alors nos yeux ne seront pas tournés vers notre nudité, comme Adam et Ève, mais vers la beauté de tout ce que nous donne Dieu notre Père, c’est-à-dire nos frères et sœurs ainsi que l’ensemble de la nature, notre jardin d’Éden sur terre.

Que cette eucharistie nous aide à nous ajuster au projet de Dieu pour l’homme en nous reconnaissant comme frères et sœurs.

Amen.

 

 

xx

 

 

 

Pierre Rivalan
diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande

x

  • Messes dominicales
    x

    x
    x


    x
    • Samedi 28 février 2026, à 18h à Saint‑Péran. Messe anticipée.
    • Dimanche 1ᵉʳ mars 2026, à 9h30 à Paimpont (église abbatiale) et à 11h à Plélan‑le‑Grand. 2e dimanche du Carême.
      x
    • Samedi 7 mars 2026, à 18h au Thélin. Messe anticipée.
    • Dimanche 8 mars 2026, à 9h30 à Maxent et à 11h à Plélan‑le‑Grand (église Saint‑Pierre). 3ᵉ dimanche du Carême.
      x

      x
      xx