« Comment accueillir l’Esprit Saint pour vivre en chrétiens aujourd’hui? »
6e DIMANCHE DE PÂQUES (dimanche 10 mai 2026). À l’approche de l’Ascension et de la Pentecôte, nous nous préparons à recevoir l’Esprit Saint. Comme Philippe, l’un de sept premiers diacres, et les saints bretons, nous sommes invités à la rencontre avec le Seigneur, qui donne des signes. Pour recevoir l’effusion de l’Esprit, il faut donner du temps à Dieu, vivre l’oraison, se rendre disponibles. L’Esprit nous donne des talents pour évangéliser et pour la joie des autres. Même confirmés, nous devons renouveler en nous les sources de l’eau vive… 👉 Retrouvez l’homélie de ce dimanche.
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Pierre Rivalan,
diacre de la paroisse
Saint Judicaël en Brocéliande
Nous approchons de l’Ascension et de la Pentecôte. Nous sommes encore dans ce temps de Pâques, ce temps de fête. Ces temps de l’Ascension et de la Pentecôte, pour certains, ne seront que des week‑ends rallongés. Mais pour nous, les chrétiens, ce sont des moments importants après Pâques. Nous avons ces trois signes de ce temps qui nous sont donnés : le baptême, l’Eucharistie et la confirmation.
Ce temps, ce week‑end, ce dimanche, on pourrait dire que c’est un temps de préparation à l’effusion de l’Esprit. Qu’est‑ce que l’effusion de l’Esprit ? L’effusion de l’Esprit, c’est la préparation à recevoir en nous cet Esprit qui va nous faire vivre. Comme nous l’avons entendu dans cette première lecture, Philippe, l’un des sept, l’un des sept premiers diacres, est rempli de cet Esprit Saint, brûlant d’amour, et il vient témoigner au monde de l’amour de Dieu. Nous avons cette foule inspirée par le témoignage de Philippe, et cette foule est touchée par des signes. Voilà les signes que Philippe accomplit au nom de Jésus : des signes de guérison.
Cette préparation à l’effusion de l’Esprit, pour nous, c’est : comment j’accueille cet Esprit pour qu’au quotidien je puisse vivre tous les événements qui me sont donnés. Qu’ils soient des éléments de séparation, comme nous le voyons à l’Ascension : Jésus était avec les apôtres jusque‑là et il leur dit : “Je vais monter vers le Père. Je ne vous laisse pas seuls, je vous donne mon Esprit, et c’est cet Esprit qui vous fera vivre. N’ayez pas peur.” Nous pouvons tous ressentir, dans nos quotidiens, des moments d’abandon, l’impression qu’une part de notre vie s’en va. Cela doit nous interpeller et nous inviter à réfléchir à cet Esprit qui est en nous.
Pour imager par des éléments concrets, deux éléments sont importants dans cette préparation à l’effusion de l’Esprit : donner du temps à Dieu, et laisser Dieu s’incarner en nous pour que ce soit lui qui vive en nous. Voilà, ce sont ces deux éléments qui sont importants pour nous, chrétiens, pour recevoir cet Esprit de vie.
Nous avons vécu le week‑end dernier un festival, Stella Maris, à La Peinière. Certains d’entre vous y étaient présents. Et, comme je le disais tout à l’heure, de la même manière que, pour certains, le week‑end de l’Ascension sera un week‑end prolongé pour faire la fête, on pourrait dire que ce n’était qu’un festival où nous sommes allés faire la fête. Oui et non. Nous sommes d’abord allés rencontrer Jésus.
Bien sûr, il y avait des groupes de musique, mais ces groupes étaient des groupes de louange familiale : nous avons eu Ezra, un groupe où le papa et ses enfants chantent la gloire de Dieu. Il y a cette joie familiale qui se dégage musicalement. Nous avons eu Hopen, originaire du secteur de Rennes, à Bruz : quatre frères qui donnent de leur temps pour louer Dieu et qui, dans ce festival, nous embarquaient dans cette louange avec eux. Ils sont, comme Philippe, un signe d’évangélisation dans le monde.
Et puis nous avons eu Les Guetteurs, qui étaient un peu la tête d’affiche, dans l’esprit d’un festival. Les Guetteurs, c’est un jeune bonhomme, un jeune qui est encore jeune, et qui a commencé très jeune : à 12 ans, il chantait déjà pour le Seigneur. Et, comme c’est du reggae, il est inspiré : c’est un fan de Bob Marley.
Nous avons été, pendant tout le week‑end, avec des groupes musicaux qui nous ont fait prier, chanter, louer et danser avec le Seigneur. En même temps, l’église était ouverte, avec l’exposition du Saint‑Sacrement pendant tout le week‑end. Jésus était réellement présent avec nous. Et, autour de cette église, des prêtres étaient là pour donner le sacrement de réconciliation.
Des gens se sont déplacés à La Peinière pour donner de leur temps, pour être avec Jésus. C’est le premier mouvement, comme cette foule autour de Philippe, qui avait soif de Jésus, soif de Dieu, soif d’amour. C’est le premier élément que nous avons vécu, que j’ai vécu personnellement, et qui m’a touché : nous étions entre frères et sœurs à louer le Seigneur.
Je dirais que le seul petit bémol, c’est que nous n’étions pas très nombreux. Nous étions 1 600 personnes sur le week‑end, ce qui est déjà relativement bien. C’était un festival de l’Ouest. Et, dans l’Ouest, en Bretagne, il y a 3 à 4 millions d’habitants. Donc, oui, c’est un peu petit. Alors pourquoi les foules ne se déplacent‑elles pas ?
Deuxième événement : on l’a entendu, Philippe est l’un des sept premiers diacres. Moi aussi, je suis diacre, et j’ai fêté mes dix ans d’ordination il y a peu de temps. À cette occasion, le père Daniel m’a offert un livre sur les saints bretons. Bien sûr, je connaissais un peu les saints bretons, mais ce que je veux dire à travers ce cadeau, c’est que le père Daniel savait pourquoi il me l’offrait, sans forcément savoir ce que cela allait créer en moi.
Quand j’ai lu ce livre sur les saints bretons, je me suis rendu compte que, comme Philippe, on a des saints bretons qui ont évangélisé à leur époque, aux IVe‑Ve siècles. Et, comme Philippe, au départ, ce qui est important, c’est la rencontre avec le Seigneur. Tous les saints, donc tous, nous sommes invités à cette rencontre personnelle, particulière avec le Seigneur.
Le fruit de cette rencontre, ce sont les signes, puisque tous les saints ont eu des signes très concrets. Tous les saints bretons… on pourrait énumérer tous les miracles qu’ils ont faits. Et cela m’a touché, car je me suis dit : moi, petit Pierre que je suis, j’ai encore beaucoup de chemin à faire dans ma foi, puisque je n’ai pas l’impression, pour l’instant, d’avoir fait des miracles. Et nous sommes tous invités pour autant à la sainteté, et donc à donner des signes de cet amour de Dieu dans la vie. Nous sommes tous invités à cette sainteté.
Mais cette sainteté, ce que j’ai découvert en lisant les saints, c’est que, personnellement, moi, comme peut‑être beaucoup, nous avons besoin de donner plus de temps au Seigneur. Moi, je le traduis par ce qu’on peut appeler la prière d’oraison. La prière d’oraison, c’est se mettre devant le Seigneur et l’écouter : écouter ce qu’il va nous dire pour nous, mais aussi pour nos frères. C’est se mettre vraiment dans cette écoute. Et les saints, tous les saints bretons, prenaient beaucoup de temps pour l’oraison. Et pourtant, ils ont fait plein de choses.
Parfois, on peut se dire qu’on n’a pas le temps de prier, qu’on a autre chose à faire. Ce que je découvre dans cette histoire des saints, dans ces lectures d’aujourd’hui — on le voit dans l’Évangile —, c’est que Dieu nous demande de nous rendre disponibles. C’est Jésus qui va prier pour nous, c’est Jésus qui va prier pour nous et qui va nous donner tout ce dont nous avons besoin pour nos frères. C’est ce que nous dit aujourd’hui la Parole, c’est ce que nous dit cette préparation à l’effusion de l’Esprit.
Comment nous nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, qui va nous être donné à la Pentecôte ? On pourrait dire que certains d’entre nous, peut‑être la majorité, sont confirmés : c’est‑à‑dire que nous avons déjà reçu cette effusion de l’Esprit. Mais je pense que la liturgie nous invite toujours à un renouvellement. On l’a entendu dans ce chant d’entrée : “renouveler les sources de l’eau vive”. Nous sommes toujours invités à renouveler ces sources d’eau vive qui sont en nous, et qui parfois s’endorment un peu.
Nous sommes donc invités, dans ce temps de fête, dans ce temps de Pâques, dans ces temps qui nous sont donnés, à voir les faits de la gloire de Dieu. À la Pentecôte, nous verrons comment nous cheminons, les uns et les autres, dans notre baptême, dans notre vie de foi, comment nous pouvons cheminer avec le Seigneur. Retenons peut‑être que, pour cette effusion de l’Esprit, il faut s’y préparer. Nous devons nous préparer à recevoir ce cadeau.
Et ensuite, comme on l’a vu dans ce festival, dans le témoignage que nous avons entendu de ces chanteurs, ils ont reçu le don de Dieu pour le chant, pour la musique. Ils le redonnent pour que nous soyons dans la joie en les écoutant. Et cette nourriture, cette inspiration, cette évangélisation ne peuvent se faire que si nous reconnaissons les dons que Dieu nous donne, car il nous en donne à tous. Tous, nous avons reçu des talents. Tous, nous avons cette responsabilité, en tant que baptisés et chrétiens, de les mettre au service des autres.
Voilà un peu ce que l’on pouvait dire sur les textes d’aujourd’hui, sur la manière dont nous allons bientôt recevoir cet Esprit. Et, juste pour finir, nous avons ce petit signe : on a entendu dans la première lecture que Pierre et Jean leur imposèrent les mains. Nous pouvons penser à toutes les personnes, à tous les jeunes qui vont être confirmés bientôt. Et le petit clin d’œil : Pierre et Jean… notre évêque Pierre d’Ornellas et notre évêque auxiliaire Jean Bondu. C’est un petit signe des temps que nous devons observer.
Amen.
Pierre Rivalan,
diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande
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- Messes de l’Ascension
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- Mercredi 13 mai 2026, à 18h, à Treffendel. Messe anticipée de l’Ascension.
- Jeudi 14 mai 2026, à 9h30 à Paimpont (église abbatiale) et à 11h à Plélan‑le‑Grand (église Saint‑Pierre). Ascension.
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- Messes dominicales
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- Samedi 16 mai 2026, à Paimpont (église abbatiale) . Messe anticipée du dimanche.
- Dimanche 17 mai 2026, à 9h30 à Treffendel et à 11 h à Plélan‑le‑Grand (église Saint‑Pierre). 7ᵉ dimanche de Pâques.
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