«Quelle place donnons-nous à Jésus lorsqu’il s’agit de faire des choix de vie ?»

13ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (dimanche 28 juin 2026). Jésus nous invite à réexaminer la place que nous donnons à Dieu dans notre vie. Quelle place lui donnons-nous lorsqu’il s’agit de faire des choix de vie? Lui donnons-nous la priorité lorsqu’il s’agit de prendre une décision essentielle, même s’il nous en coûte ? Avons-nous le réflexe de dire « Que ferait Jésus s’il était à ma place ?.. 👉 Retrouvez l’homélie de ce dimanche.

x

Le diacre de la paroisse Saint-Judicaël pendant l’homélie dominicale, s’adressant à la communauté.
Michel Montagne, diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande.

Michel Montagne
diacre de la paroisse
Saint-Judicaël en Brocéliande

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Et Jésus ajoute immédiatement : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, en vérité, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Quel contraste: un seul verre d’eau fraîche qui donne d’être compté comme proche de Jésus contre les liens du sang qu’il faut mettre au second rang. Jésus toucherait-il aux liens les plus profonds, ceux de la famille qui font notre structure de base, sans laquelle notre vie quotidienne perdrait son sens.

 

Soyons rassurés, Jésus n’a jamais demandé de détruire ces liens, il n’a jamais demandé de renier l’amour des enfants pour leurs parents. Au contraire, il a défendu avec force l’indissolubilité du mariage : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » Il a condamné ceux qui, sous prétexte de faire un don au Temple, négligeaient l’assistance à leurs parents. Et du haut de la croix, il confie sa mère à Jean. Alors qu’a donc voulu nous dire Jésus ?

 

Selon une parabole africaine : « Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère. “Mon enfant”, lui dit un passant, “tu portes un lourd fardeau.” Elle le regarda et dit : “Ce n’est pas un lourd fardeau, monsieur, c’est mon frère !” Elle avait porté un autre regard que cet homme sur ce qu’elle faisait. Nous pouvons peut-être nous interroger sur le regard que nous portons sur nos actions, la messe par exemple. Quelle est cette nourriture que nous venons chercher ?

 

Est-ce la Parole de Dieu pour qu’elle nous fasse vivre ? Est-ce le pain eucharistique, le Christ, pour qu’il vienne en nous ? Est-ce que notre vie avec le Christ se termine à la messe avec le chant d’envoi ?

 

La Parole de Dieu, le pain eucharistique, ne sont pas la nourriture d’un jour, mais celle de chacun de nos jours. Oui, la messe ne s’arrête pas au dernier chant, mais nous, à chaque sortie, nous sommes appelés à continuer notre vie en Christ. La liturgie nous propose plusieurs formules d’envoi :
Allez dans la paix du Christ
Allez porter l’Évangile du Seigneur
Allez en paix et glorifiez le Seigneur par votre vie

 

Bien sûr, il n’est pas question de renoncer à ce qui fait notre vie de tous les jours, il n’est pas question de renier nos liens familiaux. Mais il nous est dit qu’au-delà, au-dessus de cela, il y a autre chose : l’essentiel.

 

Jésus nous invite donc à réexaminer la place que nous donnons à Dieu dans notre vie… à Lui qui est pour nous le visage de Dieu sur terre. Quelle place lui donnons-nous lorsqu’il s’agit de faire des choix de vie ? Lui donnons-nous la priorité lorsqu’il s’agit de prendre une décision essentielle, voire difficile, dans nos relations, dans notre manière de penser, de vivre, même s’il nous en coûte.
Avons-nous le réflexe de dire : « Que ferait Jésus s’il était à ma place ? »

 

Pardonner demande un renoncement ! Écouter demande du temps, souvent de l’abnégation ! Préférons-nous suivre ce qui nous plaît, parfois ce que tout le monde fait? Saint Augustin faisait cette observation toujours d’actualité: « A force de tout voir, on finit par tout tolérer, A force de tout tolérer, on finit par tout accepter, A force de tout accepter, on finit par tout approuver ! »

 

Il ne faut surtout pas nous culpabiliser de ne pas pouvoir en dire autant. Paul et Pierre, que nous allons honorer lundi, furent de ceux qui firent de Jésus leur guide. Pourtant Pierre le renia un jour. Paul, qui ne l’a jamais vu et dont il disait, a aussi écrit : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! » « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » C’est que, comme le disait un Père de l’Église, « On ne naît pas chrétien, on le devient. » Mais à petits pas. Avec la grâce de Dieu qui passe par notre faiblesse.

 

Alors, pendant cette eucharistie, émerveillons-nous et rendons gloire à Dieu de ce que sa grâce a pu et peut opérer en nous.

 

 

 

 

Michel Montagne
diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande