Dans les épreuves, Dieu invite à la patience, à l’espérance et à la confiance

16ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (dimanche 19 juillet 2026).  Pierre Rivalan, diacre de la paroisse Saint‑Judicaël en Brocéliande, part d’un accident survenu à son fils, sans gravité. Il évoque la tentation de réagir vivement, mais rappelle que la relation père‑enfant se construit dans le temps. Il fait un parallèle avec la relation que nous entretenons avec Dieu.

Le diacre de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande, en pleine homélie devant les fidèles.

R/ Viens, Esprit de sainteté,
Viens, Esprit de lumière,
Viens, Esprit de feu,
Viens nous embraser.

 

J’avais préparé une homélie et, voyez-vous, ce matin / hier matin, il est arrivé un événement familial. Mon fils a eu un accident. Ce n’est pas grave, il n’est pas blessé. Jésus parle en parabole et je voulais vous partager ce moment de vie, parce qu’il nous amène comme Dieu nous invite aujourd’hui avec ses trois dimensions : la patience, l’espérance et la présence.

 

Comment, les uns et les autres, aujourd’hui, nous sommes invités à vivre les événements de la vie qui nous arrivent, qui nous tombent dessus comme ça, on ne les demande pas. Mais on est souvent amenés à les voir avec notre petite humanité, alors que Dieu nous demande autre chose.

 

Mon fils n’est pas encore saint, ce n’est pas toujours facile […] on pourrait se dire : c’est un mauvais fils. Eh non, ce n’est pas un mauvais fils, c’est un fils, et je suis un père. Et comme on l’a entendu dans cette première lecture, le père aime ses fils, il aime ses enfants, et ses enfants sont libres de l’aimer ou pas.

 

Et Dieu nous invite à réfléchir, par rapport à ces textes d’aujourd’hui, sur ce que nous invite à faire Dieu. Il nous dit : soyez patients, ne jugez pas trop vite, ne jugez pas. Ce n’est pas à nous de juger. Dieu, au moment du jugement, nous jugera. Donc, mon enfant, bien sûr, quand je l’ai vu accidenté mais non blessé, j’aurais pu effectivement lui dire : mais ça ne va pas, mais qu’est-ce que tu as encore fait ? Mais je crois que Dieu nous invite à accompagner autrement.

 

Alors, bien sûr, il y a cette patience, il nous invite à cette patience. Un peu comme la petite graine de moutarde: effectivement on a semé aussi cette petite graine, avec tout notre amour dans son cœur. On sait que cette petite graine est là. Elle est là dans son cœur. Et il grandit. Bien sûr, peut-être pas à la vitesse que l’on souhaiterait, mais il grandit quand même. Il est plus grand que moi d’ailleurs physiquement, comme cette graine de moutarde qui a poussé et qui fait ce grand arbre.

C’est aussi à l’image du levain. Vous voyez ce levain qui est mis délicatement dans la pâte. Cette présence de Dieu qui est dans nos vies, on ne la voit pas toujours. Ce signe du levain, c’est cette présence invisible mais bien présente dans le cœur de chacun.

 

Et vous savez, ce matin / hier matin, quand j’ai appris cet événement, dans ma prière, je lis les textes du jour, tous les jours. Et dans l’application que je suis, il y a toujours un chant à la fin. Et donc ce chant, je l’ai reçu ce matin. Ce chant, c’est « Jésus, j’ai confiance en toi ». Le refrain, on répète trois fois: « Jésus, j’ai confiance en toi ». Et ensuite : «Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de toi toute chose, que j’ai résolu de vivre désormais sans aucun souci et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes.»

 

Alors bien sûr, quand j’ai reçu cela, je l’ai reçu difficilement dans mon cœur, puisque ce n’est pas facile forcément d’entendre: j’espère que Dieu est toujours là, dans tous les moments de notre vie. Il faut savoir effectivement lui faire confiance et lui déposer tous les soucis que nous avons.

 

Je crois que l’Eucharistie est ce lieu particulier où nous rendons grâce pour ce que nous vivons. C’est ce lieu particulier où nous déposons nos soucis devant l’autel. C’est ce lieu particulier où Dieu, Jésus, se donne à nous. Dans cette confiance, il nous invite vraiment à avancer avec patience, espérance, en reconnaissant sa présence.

 

Alors, frères et sœurs, dans cette Eucharistie, puisque je le sais bien, nous avons tous nos petits soucis. Moi, j’évoque cet événement familial aujourd’hui, mais je sais bien que chacun de vous, ici présent, a ses soucis. Que cette Eucharistie soit une occasion de déposer tout cela devant l’autel et de demander à ce Dieu miséricordieux de venir nous rejoindre pour vivre pleinement et avancer dans la vie.

 

Amen.

Pierre Rivalan,
diacre de la paroisse Saint‑Judicaël en Brocéliande