« Offrons nos cinq pains et nos deux poissons pour partager une même foi »

Le curé de la paroisse Saint-Judicaël lors de son homélie dominicale.

▢ 18ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (dimanche 2 août 2026). Avec la multiplication des pains, Dieu nous demande d’offrir ce que nous avons, même si c’est peu, pour nourrir l’espérance.
➤ Homélie de ce dimanche : à lire ici.

Les dimanches précédents, la liturgie a présenté des paraboles tirées du chapitre 13 de Matthieu. Elles concernent les difficultés et le succès de la prédication de Jésus.

 

Aujourd’hui, l’Évangile de Matthieu change de ton. Il ne s’agit plus de paraboles, d’histoires, mais de gestes concrets au cours d’un événement : la multiplication des pains. Le récit de la multiplication des pains est le signe de la nourriture spirituelle que Dieu offre en abondance, comme dans la première lecture : « Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? […] Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez ». Cette nourriture spirituelle ne se perd pas, elle se partage avec les autres.

 

Dans un monde où tout s’achète et se vend, Jésus nous parle de don et de partage. Ce que Dieu attend de nous, c’est notre disponibilité, c’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes.

 

C’est nous qui devons faire changer le monde. Nous, avec nos talents, nos qualités et même nos défauts, ce que nous sommes, ce que nous possédons comme richesse, ce que nous avons à donner aux autres. C’est aussi avec notre foi, notre espérance et notre amour. Nous devons les partager afin de combler les faims du monde, mais il ne faut pas s’attendre à une intervention fracassante de la part de Dieu, à vivre de fortes émotions. C’est dans le secret du cœur que Dieu parle.

 

Alors, comment regarder notre monde d’aujourd’hui avec le regard de Jésus ? Comment lutter efficacement pour la justice et la paix du monde si nous ne nous alimentons pas de sa Parole ? Dieu peut nous rassasier jusqu’à remplir d’autres cœurs du même amour et de notre espérance en la résurrection et la vie éternelle.

 

Dans sa lettre aux Romains, saint Paul, après avoir discuté des divers aspects de notre vie nouvelle en Jésus ressuscité et de notre espérance, conclut que rien n’arrêtera notre aventure chrétienne à travers les joies et les peines que nous traversons dans notre vie du quotidien.

 

Oui, offrons nos cinq pains et nos deux poissons pour partager une même foi, pour redonner l’espérance et pour vivre d’un amour sans limites. Nous avons la responsabilité de distribuer le pain, de le partager pour que les faims du monde soient comblées.

 

Jésus est un Dieu de rencontre, une rencontre qui transforme, qui éclaire, qui apporte la vraie lumière au cœur de l’être humain. Devant les diverses faims qui nous tenaillent, l’Évangile nous invite à croire que, si nous levons les yeux vers notre Père du ciel, toutes les faims seront comblées au-delà de nos espérances, y compris nos propres faims.

abbé Daniel Boué,
curé de la paroisse Saint-Judicaël en Brocéliande