En Avent !

Lorsque tout, autour de nous et dans le monde, semble hurler que c’est la débandade, que le chaos triomphe en engloutissant les hommes et les femmes de bonne volonté. Lorsque les seuls modèles placés sous nos regards médusés prônent l’intérêt particulier, la logique du marchandage ou la primauté de l’argent, nous nous préparons à accueillir un nouveau-né humble et pauvre par qui jaillit la révolution victorieuse. 

Révolution dont le moteur principal est l’intérêt de tous sans distinction de races ou de peuples ; révolution dont la modalité première est l’oblation de soi-même au profit de l’Autre ; révolution dont la logique de mise en œuvre est la gratuité absolue. Oui nous le croyons fermement et de manière plus intense durant le temps de l’Avent qui s’ouvre : « C’est dans cette joie limpide de l’amour désintéressé, offert entièrement et sans réserve, que gît le salut du monde et que l’appel prend sa nouvelle résonnance. Non le pragmatisme et l’utilitaire « je t’aime pour te sauver », mais le geste purifié : « je te sauve parce que je t’aime » » (Paul Evdokimov, L’amour fou de Dieu, édition du Seuil, 1973).

Le temps de l’Avent est le temps privilégié de redécouverte de ce que signifie la vie chrétienne, être disciple de Jésus. Le temps de l’Avent nous oblige à bien des égards à nous défaire des grandes théories que nous mettons en place durant toute l’année, théories de résolutions des problèmes de l’Eglise et du monde, théories sur ce qui doit être fait ou non dans nos vies, nos familles, nos communautés, nos villes….

Ce temps de l’Avent nous oblige à nous défaire de toutes sortes de théories parce que nous nous mettons dans la posture de l’attente, attente de l’enfant, de l’enfant-Dieu ; et nous savons fort bien que cette attente aboutira au désarmement de toutes les théories que nous avions échafaudées. C’est ce qui advient à la naissance d’un enfant, qui plus est à la naissance de l’enfant-Dieu

Louis-Emmanuel