Diocèse de Rennes

Une Passion chantée pour le Vendredi Saint

Une Passion entièrement chantée lors de la liturgie du Vendredi Saint sera proposée en l’église St Germain à Rennes le 15 avril à 19h. Cette Passion a été composée par Philippe Robert, compositeur et pédagogue bien connu du monde francophone, et auteur de nombreux ouvrages portant sur la musique liturgique.

Flagellation détail Bazouges la Pérouse

Vendredi saint 15 avril, 19h
église St Germain, Rennes
Ensemble vocal diocésain « Psallite » avec la chorale paroissiale

Un peu d’histoire

Non, la Passion en musique n’est pas une invention protestante. Il est attesté que l’on chante la Passion durant la semaine sainte depuis le Moyen Age au moins. Progressivement les rôles chantés se multiplient : à l’évangéliste et au Christ s’ajoutent les interventions de Pierre, Pilate, et celles de la foule.

Au XVe siècle les compositeurs introduisent la polyphonie. Un virage est franchi au début du XVIIIe siècle avec la forme de l’oratorio : désormais la Passion est lyrique et dramatique : il ne manque plus que la scène ! Ce développement voit son apogée avec les deux Passions de JS Bach ou au XXe siècle avec la Passion selon St Luc de K. Penderecki. Bien entendu, cette forme avec solistes, choeur et orchestre ne peut convenir à notre présent liturgique.

En 1982 le compositeur estonien Arvo Pärt propose une Passion qui « revient » au modèle originel, sobre et dépouillé ; néanmoins la difficulté d’éxécution la réserve aux ensembles professionnels et au concert.

La réforme liturgique initiée par Vatican II a suscité la création de plusieurs Passions en langue française destinées à l’usage liturgique signées Gelineau, Deiss, Godard, Gouzes, et plus récemment Wittal, Rosaz ou Buis. Ph. Robert s’inscrit dans ce mouvement.

Pourquoi vouloir chanter la Passion ?

Certes nous ne sommes pas en Orient où il est inconcevable de réciter les paroles de la liturgie. Cependant l’Église romaine s’accorde sur un point : le chant nous fait sortir de la banalité, nous fait entrer en communion, nous met en harmonie avec le monde spirituel. Le récit de la Passion peut devenir terriblement « plat » s’il est lu sans investissement dramatique ou, si l’on préfère, sans incarnation. Le chanter peut donc être une option. Évidemment, la question des moyens est immédiatement posée.

Une partition pour les humbles

Dans le cahier des charges proposé au compositeur, nous avons insisté pour que cette Passion puisse être exécutée par des chanteurs « normaux » ayant pris le temps nécessaire de l’apprentissage, sans avoir besoin de professionnels de la musique. Si la partition requiert un chanteur confirmé, si possible initié au récitatif (évangéliste), les autres rôles (le Christ, Pilate, Pierre, un serviteur, une servante) ne présentent pas de réelles difficultés. Les interventions de la foule sont traitées à l’unisson. Souhaitant éviter l’écueil de certaines Passions – a cappella – le soutien du chant est confié en continu à l’orgue manualiter (sans pédales). Enfin, l’assemblée n’est pas réduite au silence : elle peut chanter une hymne de 12 strophes (Chant pour la Passion selon St Jean H 14-41), comportant une phrase refrain, et parcourant la Passion telle une méditation collective.