Diocèse de Rennes

Installation des 4 vivants à la cathédrale de Rennes

La Semaine Sainte devrait voir la cathédrale de Rennes enfin terminée : les pendentifs de la coupole accueilleront 4 imposantes statues à un emplacement prévu dès la construction de l’édifice. Laurent Esquerré, le sculpteur, et le père Bernard Heudré, curé de la paroisse, expliquent le sens de cette œuvre.

Laurent Esquerré sculpte saint Pierre avec une machette. Le temps est compté avant que la terre ne sèche. Après séchage, cuisson et vernissage, elle prendra une teinte rougeâtre.

« Monseigneur, dans les prochaines semaines, par votre initiative, votre cathédrale, notre cathédrale, va enfin s’achever. Depuis sa consécration en 1884, un manque flagrant donne à la coupole une forte impression d’inachèvement. » annonçait en en janvier dernier, lors des vœux à l’Archevêché, le père Bernard Heudré, curé de la paroisse Saint-Pierre Saint-Etienne de Rennes cathédrale.

Les énormes statues de terre cuite – 3,5 mètres de haut, 400 à 600 kg chacune – ont été réalisées en Italie par l’artiste Laurent Esquerré. Découpées pour le transport jusqu’en France, elles devraient être installées dans l’édifice pour les fêtes pascales. Une course contre la montre est engagée : 3 ouvriers italiens, spécialisés dans ce type de projet, montent les blocs à 18 m de haut avec des palans et les assemblent à leur place définitive.

« Faire monter la terre vers les hauteurs »

Laurent Esquerré explique sa démarche artistique : « Ce projet repose sur trois pieds : le rapport aux textes de l’Evangile, au lieu qu’est la cathédrale et à la modernité, c’est-à-dire au temps d’aujourd’hui. » Rapidement, le sculpteur choisi comme matériau la terre. « L’idée principale c’est d’amener l’homme vers les hauteurs. La terre est en bas. En l’utilisant dans cette coupole dorée et en l’élevant ainsi, on la glorifie. C’est ma première vision du projet. Je suis catholique mais je crois vraiment dans les actes humains, dans cette élévation. »

Vue d’architecte des pendentifs de la cathédrale avec les premières esquisses des statues.

Sculpter n’est pas un acte intellectuel, assure l’artiste. Même longuement séchées et cuites, les sculptures gardent les traces du modelage réalisé au poing et à la machette. La terre, un peu rouge, fera un lien avec certaines couleurs du stuc des piliers sous la coupole et avec la statue de la Vierge à l’enfant.

Le tétramorphe et des scènes d’évangile

Pour ces sculptures, Mgr d’Ornellas a souhaité que soit utilisé le tétramorphe : cette représentation allégorique des 4 évangélistes, inspirée de la vision d’Ezéchiel (Ez 1, 1-14) et de la description des quatre vivants de l’Apocalypse selon saint Jean. Aussi appelées les « 4 vivants », les représentations de l’homme pour saint Matthieu, du lion pour saint Marc, du taureau pour saint Luc et de l’aigle pour saint Jean, seront ici complétées par une scène de l’évangile correspondant. « Ce qui permettra une véritable catéchèse » constate dès maintenant le père Bernard Heudré.

Ce qui permettra une véritable catéchèse

Une confrontation au texte 

L’artiste propose sa propre lecture de l’ensemble sculptural : « On aura en diagonale le berger à la brebis et le Christ aux oiseaux. C’est le rapport de l’homme à la nature. Dans l’autre diagonale, il y aura Jésus qui redonne la vue à l’aveugle de Bethsaïde et le lavement des pieds, où Jésus est très humble. Je me suis rendu compte que l’ordre que j’avais choisi, selon ma logique, est celui utilisé habituellement pour cette représentation, à cause de l’ordre des évangiles dans la Bible. »

La création de chaque statue est une histoire personnelle, une confrontation au texte : « En lisant le chapitre 15 de saint Luc, j’ai eu l’intuition de cette représentation : cette brebis qui est tenue par le ventre avec force… et non pas par les épaules, comme elle l’est dans toutes les représentations qui existent ! »

Le père Bernard Heudré, curé de la cathédrale, avec Laurent Esquerré : « Nous avons beaucoup discuté des scènes choisies avec Laurent. Il a beaucoup lu les textes. »

Inauguration en juin

Les travaux de la salle du trésor sont déjà bien avancés. On y trouvera, dans des vitrines sécurisées, le célèbre retable flamand, de l’orfèvrerie et des habits sacerdotaux. Le père Heudré précise : « La DRAC a voulu que ce trésor soit ouvert en permanence donc ce sera ouvert gratuitement au public. L’inauguration de l’ensemble des travaux, des 4 vivants, de la salle du trésor et des deux chapelles Saint-Melaine et Saint-Amand aura lieu mi-juin. »

Faites un don

Le diocèse fait appel aux dons pour aider au financement des « 4 vivants » :

L’artiste : Laurent Esquerré

Au terme du concours initié par la DRAC, Laurent Esquerré a été l’artiste retenu pour le projet de sculptures de la cathédrale de Rennes.

Né à Toulouse en 1967, il a fait les Beaux-Arts de Paris dont il est sorti diplômé en 1992. Après un séjour à Naples en 2000 et la découverte de la technique de la céramique, il choisit comme support privilégié la terre. Il a réalisé en 2011 un Calvaire d’argile pour une exposition à Bazouge la Pérouse, en Ille-et-Vilaine… puis à New York.

En 2013, il commence à travailler avec l’artisan italien Vincenzo Santoriello, de l’atelier Ceramica Santoriello, qui l’a aussi aidé à réaliser les 4 vivants pour la cathédrale de Rennes.

http://laurentesquerre.com

 

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