Diocèse de Rennes

Marcel Callo n’est pas un héros, il est Bienheureux !

Marcel Callo, à gauche, au camp de Zella Mehlis le 12 septembre 1943

Il y a 75 ans mourait Marcel Callo dans le camp de Mauthausen. Parti, comme tous les jeunes français de sa génération, pour le Service du Travail Obligatoire, en Allemagne, il ne revint jamais à Rennes où l’attendaient désespérément sa famille et sa fiancée.

Marcel Callo n’est pas un héros. Il s’est soumis, en son temps, aux injonctions des autorités civiles de son pays, afin d’éviter les représailles de l’Occupant auprès de son frère séminariste, en particulier.

Marcel Callo n’est pas un héros, il est Bienheureux !

Marcel Callo n’est pas un héros, il est Bienheureux. C’est-à-dire qu’au cœur des tourments de l’Histoire, l’Église a reconnu qu’il avait su refléter, autant qu’un homme puisse le faire ici-bas, un peu de l’incommensurable Sainteté de Dieu. A travers sa prière quotidienne, ses gestes d’attention, son engagement chrétien, il a su témoigner jusqu’au bout de l’amour qui prend patience, de l’amour qui rend service, de l’amour qui ne jalouse pas, de l’amour qui ne se vante pas, de l’amour qui ne se gonfle pas d’orgueil, de l’amour qui ne fait rien d’inconvenant, de l’amour qui ne cherche pas son intérêt, de l’amour qui ne s’emporte pas, de l’amour qui n’entretient pas de rancune, de l’amour qui ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais qui trouve sa joie dans ce qui est vrai, de l’amour qui supporte tout, de l’amour qui fait confiance en tout, de l’amour qui espère tout, de l’amour qui endure tout (1 Co 13, 4-8).

Il connut le confinement… mais sa joie reste intacte

Fidèle à cet Amour, qui ne passera jamais, Marcel Callo a donc fourni à la Résistance de précieuses armes, qui nous sont utiles, aujourd’hui encore. Avant même d’être retenu dans la prison de Gotha et de partir à Mauthausen, il connut le confinement mais, comme en témoigne cette photographie, prise dans le camp de Zella Mehlis le 12 septembre 1943, sa joie demeura intacte. Malgré la solitude et le découragement, il se comporta jusqu’au bout comme un réel missionnaire afin de porter au cœur des ténèbres de ce temps la lumière éternelle et fraternelle des Bienheureux.

Puissions-nous donc imiter le Bienheureux Marcel Callo et imiter Jésus-Christ, à travers son exemple, en ce jour où nous fêtons sa mémoire. Demandons lui, tout particulièrement, son intercession pour notre pays et pour l’Europe, aux prises avec un mal qui, bien différent de celui qu’il a dû affronter, requiert pourtant la même patience, la même humilité, la même endurance, la même confiance, la même force, le même Amour.