Diocèse de Rennes

La messe avant tout ! Non…mais le service du frère…oui !

Je comprends que les chrétiens aient souffert de ne pouvoir se retrouver pour célébrer l’Eucharistie. Le concile Vatican II nous a appris que l’Eucharistie était « source et sommet » de la vie chrétienne. Dans le contexte où nous sommes, il y a deux manières de vivre ce temps de privation.

Une première est de proclamer haut et fort sa souffrance légitime, de chercher où est l’erreur, qu’est-ce qui se cache derrière cette ordre et de manifester son désaccord en passant outre.
Je me situe plus dans une autre logique. En Matthieu 18/20, Jésus, parlant de la prière en commun nous enseigne : « En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Il s’agit bien de la présence réelle de Jésus ; et le signe de sa présence est donné par la communauté qui se rassemble pour prier. Pour moi, c’est la même présence réelle du Christ ressuscité quand il dit, Mt 25/40 : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Cette présence réelle du ressuscité St Paul l’a expérimentée sur le chemin de Damas, quand, terrassé, mis à terre, il reçoit cette parole de Jésus le Christ, Actes 9/5: « Paul demande : ‘’qui es-tu, Seigneur’’ ? La voix répondit : ‘’ Je suis Jésus que tu persécutes’’. » Par trois fois dans les Actes des Apôtres, Paul témoigne de sa rencontre avec Jésus Ressuscité. Actes 22/7et 26/15.
Ces paroles de Jésus nous interrogent ; nous devons les prendre au sérieux. Jésus, lui-même se dit présent dans celui qui est nu, malade ou en prison, et dans le frère persécuté. Il s’agit bien d’une présence réelle qui trouve son accomplissement dans le sacrifice du Christ dont on fait mémoire à la messe.
Autre parole qui doit nous faire réfléchir : le Pape François, dans ‘’La joie de l’Evangile’’ a écrit : « moins est plus. » Comment je comprends cela ? Dans la situation où nous sommes, la privation du rassemblement dominical pour participer à la messe, nous sommes dans le moins. Et si ça devenait un plus ! Je vous donne l’exemple de Gérard un ami prêtre à Madagascar. Il témoigne : « il y a 4 ans, je revenais tout juste de Madagascar. Dans la dernière ‘Mission’ où j’ai exercé, il n’y avait que 115 églises de brousse à visiter, pour 3 prêtres, et à des journées de marche à pieds pour les plus éloignées. Lors de la dernière visite que j’ai faite sur 13 jours, je me suis payé à peu près 150 km à pieds. Ce n’est pas un exploit, mais je veux dire que les chrétiens n’avaient « la messe » qu’une fois par an dans le meilleur des cas … Malgré tout, ces églises continuent de se développer, sans messe! Penserais-tu que ce sont des baptisés de bas étage ? »
Posons-nous la question : comment vivons-nous notre Baptême qui nous fait : « Prêtre, prophète et roi ». Dit autrement : le sacrement de Baptême fait des chrétiens appelés à prier Dieu (le prêtre conduit la prière), le prophète a mission d’annoncer la Parole de Dieu et dénoncer le mal, le roi doit construire la fraternité. Le sacrement de Confirmation les confirme comme disciples-missionnaires, en leur donnant l’Esprit Saint. L’Eucharistie fait mémoire du sacrifice du Christ qui vient les renouveler en leur donnant sa force. Dans l’exhortation apostolique de 2013, le pape François écrit N° 120 : « En vertu du baptême reçu, chaque membre du peuple de Dieu est devenu disciple-missionnaire cf Mt 28/19). Chaque baptisé, quelques soient sa fonction dans l’Eglise et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation. »

« Nous sommes « tous frères ». Frère François le 26-11-2020