Diocèse de Rennes

La dimension synodale de l’Église

Mgr Alexandre Joly, évêque auxiliaire de Rennes et coordinateur de l’équipe du processus synodal pour la France, précise les raisons pour lesquelles la synodalité est constitutive de l’Église. 

Tous membres de l’Église

Le jour de notre Baptême, nous sommes incorporés à l’Église, le corps du Christ. En nous plongeant dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, l’Église, par l’autorité qu’elle a reçue du Christ, nous fait devenir membres du corps du Christ à part entière. L’apôtre saint Paul le dit sans ambages : « Le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. » (1Co 12, 12) Ainsi, poursuit-il, « vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1Co 12, 27).

L’Église, corps du Christ

L’image du corps et des membres est très explicite : chaque membre du corps a de l’importance. Le corps ne peut pas se passer d’un membre, comme s’il était négligeable. L’Église, corps du Christ, c’est bien nous tous, sans exception. Elle grandit grâce à chacun de ses membres, quelle que soit notre place, quelle que soit la mission que nous avons reçue. Le pape François, soucieux de l’unité de l’Église et de sa vitalité, invite tous les chrétiens à prendre part à la préparation du synode des évêques qui sera célébré à Rome en 2023. En célébrant dimanche 17 octobre, à Keriadenn, l’ouverture du Synode des Évêques dans sa phase préparatoire, nous nous unissons à l’Église universelle, qui est en communion avec le successeur de saint Pierre et sous son autorité. Il ne s’agit pas d’une énième consultation mais de notre participation, en tant que membres du corps du Christ, à ce que vit l’Église universelle.

La synodalité constitue la nature de l’Église

Le Pape nous invite à approfondir cette réalité essentielle de l’Église que l’on appelle synode. Le terme n’est pas courant et il n’est pas facile de le traduire. Pour bien le comprendre, il faut le mettre en œuvre, le vivre. Littéralement il signifie marcher ensemble. Ensemble, en écoutant l’Esprit Saint, en nous écoutant les uns les autres, en exerçant le discernement ensemble, nous sommes le peuple de Dieu qui avance pour mettre en œuvre la communion qu’il reçoit de Dieu, permettre à chacun de participer réellement à la vie de l’Église, en vue de la mission qui donne sens à l’Église tout entière. Cette dimension synodale de l’Église n’est pas un détail, elle fait partie de la nature même de l’Église ; s’il y a une dimension hiérarchique dans l’Église, il y a de la même manière une dimension synodale tout aussi essentielle. Cette dimension s’appuie sur la participation de tous les baptisés à la dignité même du Christ ; le jour de notre Baptême, en faisant l’onction du Saint-Chrême sur notre front, le prêtre nous rappelle que nous participons à la dignité du Christ, prêtre, prophète et roi.

Découvrir quel pas le Seigneur nous invite à faire

Nous vivons déjà la dimension synodale dans nos paroisses et nos communautés chrétiennes ; le pape François nous invite à relire ensemble cette manière de vivre en Église et de découvrir quel pas le Seigneur nous invite à faire. En communion avec tous les chrétiens du monde entier. C’est une grande grâce qui nous est faite, un moment sacré de la vie de l’Église universelle.