Mgr d’Ornellas présente ses vœux au diocèse de Rennes

Ce 9 janvier 2018, Mgr Pierre d’Ornellas a offert ses vœux au diocèse de Rennes après avoir reçu ceux de trois diocésains autour des sujets de la bioéthique et de la nouvelle église Anastasis.

Voir plus bas les 3 interventions préliminaires aux vœux de Mgr d’Ornellas

  • un médecin en référence aux États généraux de la bioéthique :
  • deux paroissiens de la paroisse Saint Jacques à Saint Jacques de La Lande : Wilfried Lemaréchal et Frédéric Ruaux
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Vœux de Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes

1. En vous entendant l’un et l’autre, je percevais avec émerveillement deux fruits admirables du génie de l’homme : les sciences médicales qui permettent de prendre soin de la personne vulnérable et fragilisée dans le respect de sa divine dignité, et les arts de l’architecture qui conduisent à représenter ici-bas la divine demeure de Dieu parmi les hommes, là où des catéchumènes sont attirés par la lumière qui ne s’éteint jamais.

Le double secret de l’existence

2. Comme si ces deux réalisations prodigieuses de l’homme – la bioéthique et l’architecture – dévoilaient le double secret de toute existence humaine :

3. D’une part, l’amour du prochain, en particulier le plus éprouvé par la maladie ou l’épuisement de l’âge. Ici, on pense aux professionnels de santé, aux bénévoles, aux aumôneries hospitalières, aux hospitalités, qui quotidiennement se rendent proches de nos frères et sœurs fragilisés dans leur santé. Ils témoignent d’une sollicitude pleine de compassion et de compétence. Nous pouvons leur rendre hommage et nous devons en rendre grâce. Toute la tradition juive et chrétienne est habitée par cette sollicitude pour le plus fragile et le plus pauvre. La parabole du bon Samaritain de saint Luc, lui qui est « médecin », en est la figure incontournable hier comme aujourd’hui, pour les croyants comme pour ceux qui se disent non croyants. Oui, notre Église diocésaine, avec toute l’Église, est invitée à se convertir toujours plus à la compassion véritable afin que jaillissent des « œuvres de miséricorde ».

4. D’autre part, l’amour pour Dieu notre Père des cieux. Grâce à la venue de Jésus, le Fils unique, et grâce au don de l’Esprit Saint, nous sommes poussés à nous rassembler dans un bâtiment-église pour Le louer et Le supplier. Ici, on pense aux chrétiens qui se rassemblent chaque Dimanche dans des églises construites durant les siècles passés jusqu’il y a 50 ans, et qui sortent pour rejoindre les diverses situations des personnes afin que tous, du plus jeune au plus âgé, du plus fragile au mieux portant, découvrent l’ineffable paternité de Dieu et se réjouissent de son Amour fidèle. Ces communautés témoignent d’une sollicitude pleine de confiance. Nous en rendons grâce. Toute la tradition juive et chrétienne est habitée par cette bonté du pasteur qui « sort » à la rencontre de ses brebis et d’autres encore qui ne sont pas encore de son enclos (cf. Jean10). Oui, notre Église diocésaine, avec toute l’Église, est invitée à être de plus en plus une « Église en sortie ».

Rendre grâce encore et toujours

5. C’est donc tout d’abord à l’action de grâce que je voudrais tous vous inviter. Alors même que les techniques savantes de la science peuvent parfois nous faire peur et que les innovations pastorales semblent parfois stériles, je vous invite à discerner les motifs pour lesquels il est juste et bon de rendre grâce à Dieu. Oui, rendez grâce à Dieu pour tous les bienfaits reçus au cours de l’année 2017, pour toutes ces mille et une petites choses qui apportent joie, paix, pardon, amour, foi, espérance, et aussi pour toutes ces grandes œuvres de réconciliation et de paix dont nous avons été témoins.

6. Ces mille et une petites choses sont peut-être passées inaperçues sous le lot de soucis envahissants, ou dans le stress d’une vie sans cesse harassée par des activités multiples ou par la monotonie répétitive des jours. C’est pourquoi je vous souhaite de prendre le temps de vous poser chaque jour ou chaque semaine afin de recueillir et vivre ces moments de lumières pour dire : « merci ! »

7. Quels beaux trésors de lumières dans la simplicité d’une rencontre vraie, d’un échange de regards authentiques, d’une aide apportée et reçue, d’un échange vécu du fond du cœur, d’un sourire partagé plein de bienveillance ! Quels beaux trésors de vérité dans ces actes si simples et invisibles qui jaillissent du fond du cœur, matin, midi ou soir et qui sont des actes d’amour pour Dieu, de confiance en Lui, de foi vive (parfois dans l’obscurité) en sa présence et en son œuvre de salut au milieu de nous ! Quels beaux trésors de joie se manifestent quand se vit l’amitié avec Jésus et que nous nous disons les uns aux autres ou que nous signons nos lettres : « Amis dans le Seigneur ! »

8. Cette action de grâce exige la lucidité pour discerner ces actes visibles ou invisibles chez nous peut-être et chez les autres surtout.

Je rends grâce pour ce prêtre visité à l’hôpital qui, de son lit, ne cessait pas de dire avec tant de vérité : « Jésus, je t’aime ! » Je rends grâce pour cette femme qui me partageait avec tant de sincérité sa joie de passer une journée avec des femmes en situation de précarité, d’échanger en toute simplicité avec elles sur leur quotidien. Je rends grâce pour cette autre femme, consacrée, âgée et amie de Jésus, qui est entrée dans une EHPAD et qui m’écrit qu’elle est heureuse d’être simplement là au milieu d’autres personnes souffrantes en partageant leur vie. Je rends grâce pour cet élève de sixième qui me dit avec émotion qu’il est « touché » de voir trois quart des chrétiens devenir incroyants autour de lui. Je rends grâce pour ce père de famille qui s’étonne avec admiration de la confiance que Dieu lui fait lorsqu’à la maternité, il accueille un nouvel enfant que sa femme vient de mettre au monde. Je rends grâce pour cette femme détenue qui se bat contre son sentiment de culpabilité et qui s’est avancée librement et fièrement pour recevoir avec une immense joie le sacrement de confirmation. Je rends grâce pour cette homme qui, le regard illuminé, me dit sa joie de découvrir la richesse inépuisable de l’Écriture Sainte grâce à la Formation Saint Matthieu. Je rends grâce pour chaque baptisé et pour chaque catéchumène … sans oublier de rendre grâce pour le ministère de Mgr Nicolas Souchu parmi nous.

9. Que de motifs pour rendre grâce à Dieu si nous savons écouter et accueillir ce qui habite au plus profond des cœurs ! Chaque dimanche, nous disons si nous sommes prêtres ou nous entendons : « Il est vraiment juste et bon de te rendre grâce… » Je souhaite à tout notre diocèse de vivre la mission en mettant en premier cette écoute pleine d’amour (voir le n. 128 de La Joie de l’Évangile).

Avec une double lucidité sur notre monde

10. La lucidité nous invite aussi à poser un regard sur notre société. Les États généraux de la bioéthique nous y obligent. Revenant du Burkina Faso ce 31 décembre, où j’ai consacré une église dédiée au Bienheureux Marcel Callo, j’ai ouvert les yeux ce 1er janvier sur notre société. Et je vois avec plus de clarté que notre société française est conquise – au deux sens du mot – par les recherches scientifiques au point d’être hyper-connectée, sans que nous nous en rendions compte tellement cela immerge notre vie. Lucidité sur ces intrusions quasi continuelles de ces connections qui nous sortent de nous-mêmes en nous fermant en quelque sorte la porte de notre espace intérieur où nous risquons de ne plus savoir entrer. Lucidité sur nos désirs individuels qui, en raison de perte de lien social, sont exacerbés au point d’être considérés comme des « droits » devant être satisfaits immédiatement. Lucidité sur un certain individualisme qui bannit la relation à autrui, en particulier avec les plus fragiles qui apparaissent plus comme des problèmes que comme des frères au cœur de notre vivre ensemble. Lucidité sur l’indifférence à l’intériorité qui demeure pour beaucoup ignorée, à la transcendance qui semble occultée chez un grand nombre, à la présence de Dieu dont on affirme sereinement qu’elle n’est pas nécessaire et que l’athéisme reconnu avec fierté demeure suffisant pour vivre. Lucidité enfin sur l’homme qui se laisse conduire par son rêve de se dépasser lui-même pour s’affranchir de ses limites qu’il ne supporte plus, afin de construire un « homme augmenté » en allant vers un transhumanisme qui serait demain enfin le véritable humanisme où toutes les fragilités et vulnérabilités seraient effacées : c’est ainsi que l’homme ne sera plus vulnérable, rêve-t-on !

11. Mais la lucidité oblige à aller plus loin encore : l’être humain reste un être humain ! Son cœur demeure fait pour Dieu et ne trouve le repos qu’en Dieu, comme le confesse saint Augustin. L’amour véritable reste son grand désir et la source de sa joie durable. Sa quête de sens ne s’efface pas de lui et l’assaille perpétuellement. Sa clairvoyance la plus immédiate et son regard médiatique sur les souffrances dans le monde font que le souci désintéressé et gratuit pour les plus fragiles force instinctivement son admiration. Pour peu que ses yeux soient ouverts sur la réalité, son élan pour la solidarité n’est pas tari, loin de là ! Les fibres de sa mémoire, de son cœur et de son corps sont telles qu’il exprime spontanément que la valeur la plus sûre est la famille. Sa vie quotidienne l’appelle confusément aux relations humaines véritables et à l’amitié vraie. L’envahissement du matériel qu’il faudrait consommer toujours plus le pousse à réagir en cherchant du spirituel car il pressent bien qu’il en a soif. Ses découvertes scientifiques le conduisent de plus en plus à une admiration sans borne pour l’être humain qu’il est, à nul autre pareil. Son cœur apparaît comme un puits au fond duquel résonne une voix amie qui ne demande qu’à se faire entendre avec plus de clarté : tu es mon enfant, ne crains pas, je suis ton Dieu, épris de tendresse pour toi et pour tous tes frères et sœurs en humanité.

Avec lucidité sur notre espérance

12. Pour les chrétiens que nous sommes, la lucidité nous conduit à un discernement encore plus fin : la présence de l’Esprit Saint vivifie sans cesse le Peuple de Dieu diffus au sein de notre société du XXIe siècle, partout dans le monde et dans les cultures. Il nous remplit de charité qui s’exprime de mille et une manières dans le souci des plus pauvres et dans la reconnaissance de leur sagesse et de leurs leçons de vie. Et je salue ici le Secours Catholique qui se donnera de nouvelles Orientations au cours de cette année 2018, en référence au Bon Samaritain.

13. L’Esprit Saint nous nourrit du pain vivant qu’est la Parole de Dieu qui nous bouscule et nous fait sortir de nos habitudes en allant vers un inconnu qui ne fait pas peur. Il vivifie en nous la paisible assurance de l’espérance en Dieu qui est fidèle et plein de tendresse. Il nous éclaire sur notre mission de porter témoignage de Jésus qui, il faut le redire, est la Bonne nouvelle à jamais. Il nous fait comprendre combien notre monde magnifique et tragique est fait pour accueillir l’Évangile, et combien l’Évangile est adapté au cœur de l’homme. Il nous invite à aimer notre monde du XXIe siècle, à la manière dont Dieu l’a aimé au point de lui donner son Fils unique. Nous venons de méditer sur ce joyeux mystère avec les fêtes de Noël, de l’Épiphanie et du Baptême de Jésus.

14. Oui, nous sommes heureux de proclamer chaque dimanche : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. »

Le signe des inaugurations

15. L’inauguration, le dimanche 11 février, de l’église Anastasis – c’est-à-dire « résurrection » – à Saint Jacques de La Lande est un signe que l’Esprit Saint nous pousse à aller en périphérie des nouveaux logements, dans la société moderne du XXIème siècle. C’est pourquoi nous inaugurerons en 2018 une autre petite église – qui sera dédiée au Bienheureux Marcel Callo, celui qui est « parti comme missionnaire » – à la Plaine de Baud, à l’est de Rennes. Ce sera la deuxième église portant son nom !

16. Et puis enfin, toujours en 2018, nous accueillerons les quatre représentations de Jésus, tirées des quatre évangiles, réalisées par un artiste contemporain du XXIe siècle, Laurent Esquerré, pour la croisée des transepts à la Cathédrale de notre diocèse. Notre Cathédrale rendra ainsi davantage témoignage à Jésus envers tous ceux qui y viennent.

Démarche synodale : sous le souffle de l’Esprit et de la fraternité

17. Il est évident que l’Esprit Saint est à l’origine de nos recherches pour mieux accomplir notre mission dans notre société du XXIe siècle. C’est Lui que nous invoquons sans cesse dans la Démarche synodale qui a commencé le 4 février dernier à Keriadenn. C’est Lui qui suscite la fraternité évangélique joyeuse quand vous vous êtes réunis en petits groupes pour élaborer des propositions à votre évêque. Actuellement, 2178 propositions sont arrivées grâce aux fraternités synodales. Elles viennent de Paroisses, de Mouvements, de Services en particulier celui de la santé, d’aumôneries de prison, des personnes de la rue, de l’Enseignement catholique. À toutes ces propositions, il faudrait ajouter les 416 provenant des jeunes collégiens de CAP et TIM. C’est vraiment de tout cœur que je remercie chacun et chacune. Vivant ces moments de fraternité, vous avez vérifié la parole de Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Sa joie de Ressuscité s’est communiquée à vous !

18. Il est toujours possible de vivre une rencontre de fraternité si certains ne l’ont pas encore fait. Si une Paroisse ne s’était pas engagée dans la Démarche synodale, elle peut encore tenter de vivre un temps de fraternité pour faire des propositions. Bientôt, le 10 février prochain, se tiendra à Keriadenn une rencontre des animateurs de jeunes afin qu’ils puissent vivre entre eux un temps de fraternité synodale pour émettre des propositions.

19. Au Conseil épiscopal élargi avec les représentants des Pays, nous avons commencé à échanger sur ce que nous attendions des Services diocésains, ou plutôt comment la thématique pastorale portée par chaque Service nous interpellait. Ensemble, nous faisons en quelque sorte notre Démarche synodale et nous continuerons.

Ce que l’Esprit dit à notre Église diocésaine

20. Les fraternités synodales sont une expression de la vie de notre Église : elle devrait toujours être à l’écoute les uns des autres, à l’écoute des personnes et à l’écoute de l’Esprit de vérité pour discerner les voies les plus adaptées pour rendre témoignage de Jésus et pour vivre de façon miséricordieuse.

21. Moi aussi, je veux davantage m’inscrire dans la vie synodale. Je souhaite écouter toute les propositions. Un groupe de vingt chrétiens avec des prêtres et un diacre m’aidera à les écouter. Grâce à ces propositions, je pourrai donner une Lettre pastorale pour tous.

22. Dans ma mission d’évêque, la plus importante est « la prédication du mystère du Christ » (Vatican II, Décret sur les évêques, n. 12), comme l’a rappelé avec justesse le père Henri Chesnel à l’occasion de mes vingt ans d’ordination épiscopale, le 10 octobre dernier. C’est pourquoi, j’ai donné des catéchèses sur divers aspects de la pastorale à chaque rentrée pastorale à Notre-Dame de La Peinière. Cette année 2017, la dixième catéchèse a porté sur « l’Église en sortie ».

23. Avec la Lettre pastorale, je voudrais me situer autrement, comme le premier serviteur de la mission d’évangélisation qu’a reçue l’ensemble des catholiques de notre diocèse. Je remettrai cette Lettre le dimanche 8 avril après-midi à la Cathédrale, l’église-mère de notre diocèse, à Rennes qui est au centre de notre département. Je me réjouis que ce dimanche soit le « Dimanche de la miséricorde ». Des délégations des paroisses, des Mouvements, des aumôneries, des Services seront invitées à venir ce 8 avril pour rendre grâce à Dieu dans la joie et recevoir de Lui un envoi en mission.

24. Pour rédiger la Lettre Pastorale, je me situe humblement dans la recherche et l’écoute de ce que « l’Esprit dit à notre Église » aujourd’hui. Notre Église diocésaine est certainement appelée à aimer le monde contemporain du XXIe siècle tel qu’il est, gorgé de sciences et de techniques et suscitant de plus en plus de précarités, financière, affective ou psychique. Un monde en pleine mutation économique comme les prêtres et les diacres ont pu mieux le découvrir grâce à la formation donnée par M. Yves Morvan. Un monde plein de promesses.

25. C’est à ce monde-là que nous avons la mission d’annoncer la Bonne nouvelle de salut qui met les choses à l’endroit en nous révélant que la fragilité doit être mise au centre afin d’édifier une société digne de l’homme et conforme au dessein de Dieu, une société non pas basée sur la logique du plus fort et de la performance qui excluent, mais sur la logique de la vulnérabilité qui est inclusive et qui nous oblige à la fraternité selon l’Évangile.

26. Notre diocèse est composé de tous les catholiques : laïcs baptisés, catéchumènes, consacrés, religieux et religieuses, évêque, diacres, prêtres français ou d’autres nationalités. Tous nous sommes situés providentiellement en Ille-et-Vilaine pour y être des « disciples-missionnaires ». Je souhaite donc à tous ces catholiques de vivre dans l’espérance en Jésus ressuscité. Par amour du monde qui est en Ille-et-Vilaine et en Bretagne, il édifie son Église et il ne le fait pas autrement qu’avec chacun de nous. Son Église est donc aussi la nôtre. Il y appelle certains à devenir prêtres, il fait entendre dans le cœur de jeunes l’appel de la vocation, il invite certains et certaines à lui consacrer leur vie. Mais la Providence nous a tous placés en Ille-et-Vilaine pour que le Christ soit annoncé aux habitants de ce département. C’est Lui qui envoie les baptisés, ses frères et sœurs – quel honneur d’être appelés ainsi ! –, pour qu’ils soient ses « témoins » en ce monde.

27. Je souhaite à tous la joie de devenir de plus en plus des « disciples missionnaires ». En vertu du Baptême et de la Confirmation reçus, que chacun découvre la joie de témoigner du Seigneur Jésus, qui se donne à nous et qui marche avec nous fidèlement sur les chemins de nos vies. Il dit à tous les catholiques du diocèse et à chacun en particulier : « Je ne vous appelle plus serviteurs, vous êtes mes amis. » Belle et lumineuse année à chacun !

Approfondir votre lecture

  • Monseigneur, Mesdames et Messieurs

    Dans quelques semaines s’ouvriront les jeux olympiques d’hiver suivis en juin par la coupe du monde de football. Mais 2018 sera aussi l’année des États généraux de la bioéthique prévus tous les sept ans selon la volonté du législateur, afin de pouvoir tenir compte des évolutions éventuelles de la science. La tenue de ces États généraux, beaucoup moins médiatiques que les événements sportifs précédemment cités, s’accompagne de beaucoup d’inconnues et peut soulever des interrogations et des inquiétudes légitimes alors que les règles de participation ne sont pas clairement établies.

    Les espaces éthiques régionaux vont organiser des débat selon des modalités et des thématiques qui leur sont propres, pour qu’ensuite le Conseil National d’Ethique produise son propre avis, mais sans pour autant être tenu de conserver tout ce qui aura été recueilli dans les diverses régions. Le Conseil d’Ethique doit conduire la réflexion mais il n’a qu’un avis consultatif, même si son avis devrait être suivi par le gouvernement selon les propos de notre premier ministre. L’on voit cependant déjà poindre des dissonances entre la ministre de la santé Agnès Buzin, qui veut aller vite et dit vouloir finir fin mars la réflexion et le Premier ministre qui, lui, souhaite un travail sérieux et constructif au sein d’États généraux initialement prévus pour durer six mois. Ce délai de six mois est jugé quant à lui déjà très, trop court par le Professeur Delfraissy président du conseil d’éthique. Ce délai est en inadéquation aussi avec la population française qui, elle, avance à son propre rythme.

    Parallèlement à ces États généraux, il y aura élaboration par l’Assemblée nationale d’un projet de loi, après débat au cours duquel l’avis du Conseil National d’Ethique est censé être pris en compte. Il faut souligner que si la tenue de ces États généraux est prévue par la loi, l’élaboration d’une nouvelle Loi de bioéthique ne relève d’aucune obligation réglementaire mais de la volonté de certains hommes politiques et groupes de pression qu’il n’est pas nécessaire de citer, vous les aurez tous reconnus. Très probablement seront abordés les thèmes de la filiation soulevant les questions de PMA et de GPA, de la fin de vie avec en filigrane l’euthanasie, de la recherche sur l’embryon avec toutes les dérives possibles comme l’eugénisme et l’Homme Augmenté. Le conseil national d’éthique portera un avis sur les enjeux sociétaux. Il convient donc de nous interroger sur la direction dans laquelle nous voulons aller et qu’elle Société nous souhaitons pour demain ?

    Certains d’entre nous ont fait le choix professionnel ou selon d’autres mode d’exercice, de soulager la souffrance et de défendre la vie. Nous rencontrons tous les jours des difficultés qui soulèvent de légitimes questions. Comment soulager et accueillir les gens en situation de détresse ? La fin de vie et le handicap nous interpellent et nous interrogent dans notre vie d’homme et de chrétien. Certains discours simplistes, élaborés à partir de situations extrêmes et caricaturales, ne doivent pas conduire, au faux prétexte de générosité et d’humanisme, à élaborer des lois qui transforment en culture de mort ce qui était et est la culture de la vie. Notre conscience et notre foi peuvent guider nos choix au quotidien. Les résultats du dernier sondage publiés par La Croix peuvent légitimement nous interpeller et nous inquiéter mais soulignent la nécessité d’un travail pédagogique en profondeur. Non, les positions de l’église ne sont pas des interdits tombés du ciel mais l’expression du désir de conserver la place et la dignité de l’Etre Humain en tant que tel au sein de la Société dont la famille constitue la cellule de base.

    Monseigneur, vous allez avoir la lourde tâche dans les semaines qui viennent et dès jeudi prochain de rencontrer de nombreux responsables au niveau national. Sachez que vous ne serez pas seul, vous pouvez compter sur notre soutien sous le regard bienveillant de notre Père du Ciel. Nous aussi, nous comptons sur vous.

    Nous vous souhaitons une très bonne et sainte année 2018.

    Thierry Langanay

  • Monseigneur,

    Il y a déjà trois ans naissait la nouvelle paroisse de Saint Jacques de La Lande. Cette paroisse est venue combler un besoin puisque près de 90 baptêmes ont été célébrés depuis. Pour accueillir ces demandes, et d’autres encore, de la communauté nouvelle, les services paroissiaux se sont vite développés sous l’impulsion de son curé, le P. Lecoq. Ces services ont à cœur de faire des membres de cette communauté, des disciples missionnaires.

    Ainsi, la catéchèse a-t-elle été conçue dans ce sens : cheminer et vivre ensemble, avec et vers le Christ, en tissant des liens forts. Pour renforcer les liens, le P. Lecoq a en effet demandé que les parents assistent à la catéchèse avec les enfants. Depuis trois ans, parents, enfants et catéchistes cheminent donc ensemble dans le respect du rythme intérieur de chacun. Une fois par mois, ils se réunissent pour un temps de réflexion, souvent imposé par l’actualité liturgique. Mais à chaque âge son parcours : les enfants sont accueillis selon leur maturité et/ou leur âge au sein d’un groupe avec leurs parents.

    Les parents suivent pas à pas la réflexion de l’enfant et n’hésitent pas à poser leurs propres questions. Les catéchistes remarquent que les questions des enfants ne sont pas forcément plus simples que celles des adultes. Humblement, le catéchiste accompagne la maturation et le questionnement de chacun, petits et grands. Le cheminement peut donc se poursuivre à la maison, parents et enfants ensemble.

    La Messe dite des Familles est le trait d’union qui relie les catéchèses entre elles. Messe et catéchèse se déroulent sur des week-ends différents, multipliant ainsi les occasions de rencontre entre les familles et les catéchistes.

    La formule de catéchisme proposée se nourrit aussi de ce qui est vécu par les catéchistes des autres paroisses du Doyenné de Bruz et avec qui nous échangeons nos expériences. Cette formule fonctionne Monseigneur ! Dans notre jeune paroisse, des liens d’amitié se sont créés entre catéchistes et familles. Mieux encore, l’Esprit soufflant, des parents de catéchisés demandent pour eux-mêmes le baptême. Ainsi, quatre mères de famille sont actuellement catéchumènes. Parmi elles, certaines avaient déjà cheminé vers le baptême sous les cieux africains. Leur parcours les a conduits à recevoir prochainement le sacrement de l’initiation dans la nouvelle église de l’Anastasis.

    Les catéchumènes et leurs accompagnateurs se réunissent en même temps que les groupes de catéchisme. Dans différents groupes bien sûr mais en même temps et dans le même lieu pour cheminer tous ensemble. Le catéchumène se retrouve donc pour un temps privilégié avec son accompagnateur et est accueilli par ceux de la communauté réunis pour le catéchisme.

    Le catéchuménat se déroule dans la joie de découvrir et de faire découvrir le Christ. Cette découverte toujours commune est une joie éprouvée ensemble.

    Ce temps fort mensuel s’achève par une prière en petits ou grands groupes, avant souvent de déguster quelques gâteaux que celle-ci ou celui-là a préparés.

    Monseigneur, les frères et sœurs qui se mettent en chemin commencent souvent par toquer à la porte du presbytère, c’est à dire à sonner à l’interphone du P. Lecoq. Ce qui se vit ensuite dans la joie au catéchisme ou dans l’accompagnement au baptême montre que la paroisse était attendue, montre qu’une église était nécessaire.

    Alors, l’église de l’Anastasis arrive et la Lumière du matin de la Résurrection nous baigne déjà. Pour 2018, nous faisons vôtre, Monseigneur, cette Lumière et cette joie.

    Wilfried Lemaréchal

  • Monseigneur,

    Depuis le 1er janvier 2015, vous avez Monseigneur érigé une nouvelle paroisse, la Paroisse SAINT JACQUES.

    Saint-Jacques a désormais deux églises : Notre-Dame de la Forêt dans le bourg et une nouvelle église, au quartier du Haut-Bois, qui sera consacrée le dimanche 11 février. Son nom est ANASTASIS, ce qui veut dire Résurrection.

    Cette église nouvelle futuriste qui vit avec son temps et qui accueillera les fidèles est un signe d’espérance pour la paroisse nouvelle de Saint Jacques dans ce quartier marqué par la diversité où plus de trente nations sont représentées.

    Un magnifique signe d’espérance qui nous est offert en ce début du 21ème siècle. Ce signe de l’Église vivante était fortement attendu par les habitants du quartier en manque de repères.

    Depuis le 28 novembre 2015, pose de la première pierre, l’église de l’Anastasis, signée Alvaro Siza, s’est révélée peu à peu dans sa radicalité et la pureté de ses formes et des matériaux employés. L’architecte portugais, Monsieur Alvaro Siza, s’est inspiré pour sa création de la coupole du Saint-Sépulcre de Jérusalem sur deux niveaux.

    Nous serons invités à rentrer dans une maison, la maison de Dieu, à pousser une porte sur laquelle un dessin réalisé par Monsieur Siza, représentera Marie Madeleine au tombeau vide qui nous invite à accueillir le message des anges « Il est ressuscité d’entre les morts », à prendre l’ascenseur ou le grand escalier pour monter à l’étage, là où se situera l’église, « la chambre haute » circulaire avec sa lumière à la fois suffisante et douce qui se reflètera sur les murs blancs et qui invitera au recueillement et à la prière.

    Vue du ciel, cette église symbolise le Corps glorifié du Christ ressuscité. comme pour nous rappeler que dans cette mission, nous ne sommes pas seuls. Quand les chrétiens se rassemblent, ils sont le Corps du Christ, appelés par leur vie à être les témoins du Christ ressuscité. Le Christ marche à leur côté.

    Frédéric Ruaux

Mgr d'Ornellas_©Michel Ogier

Mgr d'Ornellas © Michel Ogier

Monseigneur Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo,
Pour la Cef : Membre du Comité Études et projets
et responsable du Groupe de travail "Bioéthique"