Homélie Christ-Roi 2015

Homélie Christ-Roi 2015

En préparant cette homélie, je me disais : mais la parole de Dieu n’est-elle pas à cent lieux de ce que nous avons vécu tous ces jours-ci : l’atrocité barbare des attentats de Paris, les réponses à trouver par nos gouvernants pour notre sécurité… mais aussi les beaux élans de solidarité, les minutes de silence observées un peu partout, le recueillement, la prière, les prises de parole insistant sur la nécessité d’être des artisans de paix, de fraternité là où nous sommes.

Dans ce contexte, la parole de Dieu de ce dimanche est-elle parlante pour nous, oui ou non ?

J’accueille alors les paroles du prophète Daniel dans la première lecture. Cette parole date de 7 siècles avant Jésus-Christ : Le prophète Daniel s’adresse à des croyants qui doutent car tout va mal pour eux. Ils vivent une situation désespérée. Il intervient pour leur redonner courage : le mal n’aura pas le dernier mot… oui, hier comme aujourd’hui, le mal n’aura pas le dernier mot. Le prophète annonce un « fils d’homme » qui va relever le peuple et lui redonner sa dignité. Et plus tard, les chrétiens comprendront que ce « fils d’homme » désignait la royauté de Jésus.

L’apocalypse de St Jean dans la seconde lecture va dans le même sens. Elle nous montre le Christ glorifié qui a triomphé de toutes les puissances hostiles. Il est vainqueur de la mort et du péché, et il veut nous associer tous à sa victoire. S’adressant à des chrétiens persécutés, pourchassés, torturés et mis à mort, St Jean annonce le triomphe de l’amour. Oui, c’est l’amour qui aura le dernier mot.

Et puis l’évangile : Jésus, es-tu roi, demande Pilate ? Cette question a été posée à Jésus dans la salle du prétoire à Jérusalem. Cette question a traversé les siècles, ainsi que la réponse de Jésus : ma royauté n’est pas de ce monde.

Jésus est roi, mais pas à la manière de ce monde. Ce n’est pas une royauté de prestige, de force, de domination.

Jésus est roi, mais la veille de sa mort, le jeudi-saint, il prend un tablier et lave les pieds de ses disciples. Jésus est roi, mais le vendredi-saint, les mains liées, on le couronne d’épines. On le revêt du manteau royal, mais c’est le manteau rouge des fous… Scène pitoyable. Quand Dieu vient inaugurer son règne, c’est ainsi que se déroule le sacre de sa royauté.

Jésus est roi, mais c’est un roi fraternel, profondément humain : « Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites ». C’est un roi ignoré, au point que ceux qui l’ont servi ne l’ont pas toujours reconnu. « Quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim » ?

On se trompe totalement sur la royauté de Jésus si on n’oublie cela.

Chaque fois que l’Eglise, au cours des siècles, a cédé à la tentation de pouvoir, de prestige, elle a été infidèle à l’évangile. Chaque fois que les chrétiens rêvent de faire du Christ-Roi l’allié de quelque pouvoir temporel ou politique, ils sont infidèles à l’évangile. Chaque fois que des hommes tuent leurs frères au nom de Dieu, au nom de leur religion, ils sont des barbares, ils ne sont pas des religieux. Dieu, dans quelque religion que ce soit, est un Dieu d’amour, de paix, de fraternité. Pour nous chrétiens, le Christ-Roi, fils de Dieu, est un Dieu d’amour.

Le Royaume de Jésus n’est pas pour plus tard seulement, mais pour maintenant déjà. Pas dans les nuages, mais sur notre terre, dans le quotidien de nos vies. Il est là lorsqu’il y a des artisans de paix qui dialoguent, se rencontrent, s’écoutent et se pardonnent. Il est là quand des hommes et des femmes se mettent au service des autres. Cela peut aller jusqu’au don de sa vie. Il est encore là quand nous prions, quand nous construisons l’Eglise en donnant de notre temps au service de la mission, au service de la vie paroissiale.

Les armes que Jésus utilise pour défendre sa royauté ont pour nom la bienveillance, le regard qui réconforte, la parole qui guérit, la main tendue qui sauve, l’agenouillement qui permet à l’autre de se relever et de tenir debout.

Comme celui que nous appelons le bon larron de l’Evangile, nous nous tournons vers la croix de Jésus, nous le supplions : Seigneur Jésus, souviens-toi de moi, souviens-toi de notre monde aujourd’hui, souviens-toi de nous dans ton Royaume. Et nous avons la ferme espérance qu’un jour, il nous dira : aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. 

Le bon larron, ce brigand de l’Evangile, fidèle à son métier de voleur, selon une belle expression de St Jean Chrysostome, vole le Royaume des cieux par sa confession de foi. Ce brigand sans nom est le premier homme que Jésus canonise de son vivant.

Alors avec toute notre foi, nous aussi, bande de larrons que nous sommes, disons-lui : souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume… souviens-toi de notre monde, hâte notre monde d’aujourd’hui vers un Royaume de paix, de justice, de fraternité.

Paroisse Saint-Jean XXIII
35 rue de Brest 35000 Rennes
Téléphone : 02.99.59.01.04
Courriel : paroissejean23rennes@gmail.com

Curé : Père Guénael Figarol
Auxiliaire pastoral : Père John Britto Amalraj
Résident : Père Bernard Heudré

Diacres
André Poullain - Jean-Michel Audureau

Accueil (7 rue du Père Lebret)
Mercredi 15h30-18h
Mardi, jeudi, vendredi et samedi 10h-12h

Site internet : rennes.catholique.fr/paroissejean23
Newsletter : jeanxxiiirennes@gmail.com

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